Lundi 3 septembre 2007
par Aurélien publié dans : Sur la route du Mezcal
Je suis seul dans cette boîte de nuit mexicaine. La musique tape et grince. Les rythmes électroniques me transportent et je n'arrive pas à distinguer les gens qui dansent autour de moi. Peut-être eux aussi sont un peu perdus. On m'attrape par le bras, un visage familier me crie quelques phrases dans une langue que je ne comprends plus. Par peur de m'engager dans quelque chose de trop compliqué je fais non de la tête – technique efficace puisque mon interlocuteur disparaît rapidement. Cette fois je suis vraiment seul et je peux danser tranquillement, dialoguer avec la musique, répondre aux cliquetis par de secs mouvements de la main gauche levée haute au-dessus de ma tête, et interroger la ligne de basse parfaitement régulière d'amples lancers du bras droit.

 
Mon paquet vide de Lucky Strike est allé s'allonger à côté de ma bière vide elle aussi - tous deux à mes pieds regardent ma folle gymnastique et m'encouragent à danser plus rapidement. Je m'exécute.
 
Le temps s'est allongé et les boucles sont de plus en plus longues. J'écoute attentivement les multiples nappes superposées dans ce mille-feuilles musical et attends patiemment l'arrivé du prochain son. Il ne tarde pas à m'être proposé, un peu trop mou à mon goût, mais je finis par l'accepter, refusant de faire le difficile à une heure si proche du levé du soleil.
 

Lorsque les lumières s'allument finalement, il est 6h et, à la manière de cendrillon, j'ai une folle envie de partir en courant. Je me faufile discrètement entre les chemises et les talons qui glissent vers la sortie, – les gens m'ont l'air si beaux et propres ! Une petite Mexicaine porte un col roulé blanc sur lequel elle laisse pendre une mèche de cheveux brillants. Elle est la même que mon amie qui tout à l'heure m'a abandonné pour se coller à un petit ingénieur à la raie au milieu du crâne.
 
À ma grande satisfaction, personne ne m'empêche de sortir et me voilà dans une rue à demi éclairée avançant d'un pas bien assuré vers la prochaine intersection, puis la suivante et celle d'après. Par chance, une cigarette m'interpelle du fond de la poche de ma veste sans doute fatiguée d'être collée à un vieux mouchoir. Elle rit un peu lorsque je lui confie que je ne me rappelle plus exactement du chemin à emprunter pour rentrer chez nous, mais finalement me guide avec une efficacité certaine vers l'entrée de mon immeuble. Arrivé, je choisis alors de profiter un peu plus de cette fin de nuit en m'asseyant sur une marche en marbre, dos à une grande baie vitrée.
 
Le monde à cet instant est un collage de mille petites images qui défilent devant moi et j'ai l'impression d'être face à un ordinateur en veille qui montre orgueilleusement les photos qu'il détient. L'œil comme une caméra. Je vois ma chaussure gauche. Un pneu de voiture endormi. Une fissure dans le béton. Face à la baie vitrée, je ne vois pas ma réflexion. Spectre de la nuit - je cherche le bouton de l'ascenseur qui a encore la force de danser sous mes yeux.   Je me penche vers lui pour ne pas réveiller le couple de chaises qui rêvent en silence. Elles s'imaginent face à la mer leurs quatre pieds un peu enfouis dans le sable, un petit insecte grimpe lentement le long de leurs dossiers blancs, un ballon en plastique aux motifs familiers vient rebondir non loin et roule jusqu'à disparaître sous leur ombre striée.
Je demande au bouton de l'ascenseur de m'escorter à son tour vers l'étage numéro 4. Un peu déçu de devoir arrêter si prématurément son jeu de lumière, il m'ouvre les deux lourdes portes qui lui sont juxtaposées et m'invite à entrer, me présentant par la même occasion ses amis qui me regardent d'un air attentif.
 
J'ai aujourd'hui oublié la teneur exacte de la conversation que j'ai eue avec ces intéressants petits personnages ronds mais je me souviens du conseil qu’ils m’ont offert en sortant. Leur discours assuré vantait les mérites de la découverte et du partage. Il était, selon eux, et je les rejoins aisément sur ce point, vital d’être attentif à tout instant et à toute chose. Ne rien négliger et n’oublier personne. De leur petit ascenseur fermé, ils m’assuraient n’avoir pas encore découvert le centième de ce qui était à étudier, et, malgré leur enfermement, leur propos était celui d’êtres libres. Nous montons. Ils m’assuraient que la liberté ne se gagne qu’à l’aide d’une perpétuelle introspection et qu’elle se conserve au chaud, au fond de soi. Coincés entre les cinq étages de l’immeuble, ils jouissaient du quotidien et étaient au plus proche de ce que l’on refuse, à tort, de nommer libre.

Les portes s’ouvrent. J’aurais aimé les remercier davantage. Je manquais de leur tendre la main en sortant, mais me rendant compte que ce geste aurait été déplacé, je me suis retourné et me suis laissé tomber sur mon lit.
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Samedi 30 décembre 2006
par hen al' publié dans : Sur la route du Mezcal

Rencontre avec les rappeurs de La Caution à Mexico DF lors de leur tournée sud américaine.

La BO d’Ocean Twelve avec Thé à la menthe, Sheitan, les clips Kourtrajme, Code Barre, Des casquettes grises, Comme un sampler …Ces 6 garçons de Noisy-le-Sec, 9-3, font de la musique « pointue populaire », si on s’en réfère à l’étiquette. Ce sont aussi des trentenaires assagis, à l’hygiène de vie relativement saine et aux idées bien arrêtées.

 

Ce qui suit se produit le premier soir, en attendant l’ingénieur du son qui a 2h de retard. Il y a, à l’heure où j’écris, 3 jours de cela. Depuis, nous avons eu l’occasion de faire des super soirée d’expats, de rester coincés à 9 pendant 1h dans un ascenseur plongé dans l’obscurité et de faire les touristes un peu partout.  

 Dans le centre grelottant de Mexico, autour de 4 bières et 4 jus de fruits. Fab, DJ de 41 ans, noir, résident Suisse, a le front posé sur le bord de la table, le regard fixé sur sa PSP. Il ne participera à aucune conversation, confiant qu’il se languit de sa femme.

On cause Nip Tuck, The Shield, le Roi Heenok… J’apprends que Mohamed, chanteur de la Caution est partie prenante des interviews de notre héros québécois. Il m’annonce dans la foulée la sortie imminente d'un documentaire du psychopathe sympathique ; soyez aux aguets !  

 

 

 

Ahmed, l’autre chanteur principal, commence à exposer sa vision politico philosophique. Amorçant son discours avec le classique « la démocratie ne convient pas à tous les pays », il révèle rapidement un point de vue beaucoup moins policé. Il explique d’abord que la démocratie ne peut être que postérieure au développement. Mieux qu’une quelconque justice, notre freestyler préfère imaginer une « armée surpuissante » pour gérer la société civile et assurer sa stabilité. Puis, si l’on écoute ce pourfendeur de la laïcité, la démocratie n’apporte finalement rien de bon : « Si c’est pour qu’elle déclenche des guerres, mieux vaut mettre la liberté d’expression de côté ».

 

Il se lance ensuite dans une démonstration hasardeuse de l’impuissance de la démocratie pour aboutir à des conclusions terrifiantes. Mélangeant des notions de destinée et des références évasives à Platon, il dit prôner la sélection « naturelle », juste et salutaire. Même Malthus n’aurait pas osé : « quand on est pauvre, c’est qu’on a quelque chose dans la tête qui ne marche pas ! ». Donc, a contrario, la recherche de justice sociale est, sinon nuisible, en tout cas stérile : « Les pauvres ont toujours existé, avant c’étaient les serfs, maintenant ce sont les RMIstes et les SMICars ». Donc rien ne sert de lutter : mener «des politiques sociales, construire des écoles et favoriser le tissu associatif ne servent  à rien ».

Pourquoi ? Quelle mouche fasciste l’a piqué ? Est-ce sa façon d’accepter l’état des choses, lassé de se heurter au mur sans visage de l’injustice ?Quoiqu’il arrive, la révolution ne récupérera pas La Caution.

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Vendredi 17 novembre 2006
par hen al'ancienne publié dans : Sur la route du Mezcal

Le microbusero est un personnage incontournable à Mexico. Ce spécimen est un homme de 35 à 70 ans, chargé en gomina et en tacos, collectionneur d’icônes religieuses et doué d’un sens du DJing contestable. Aux manettes de son vieux minibus pétaradant, les crucifix et autres amulettes au vent, il sillonne les rues de Mexico, terrorisant tous ses habitants.

Le chauffeur de « pesero » (=microbus) ne possède pas son véhicule, mais il n’y règne pas moins en maître. Il saura très bien insulter les passagers omettant de s’amasser au fond ou faire monter et descendre les usagés en route, quelque soit le genre et l’âge. Quand le bus est plein, les derniers s’accrochent aux portes, et serrent les fesses. Car le royaume du busero s’étend à toutes les routes de la ville. Comme je le disais, il existe une entité propriétaire des camions ; ce sont des députés et d’autres puissants difficilement inquiétés par la justice. Une bonne mafia se partageant le réseau routier. Donc tout le monde s’écarte du chemin : les voitures se rangent, les piétons se jettent. Le chauffard a la bénédiction des autorités terrestres et des autorités célestes, et il le fait savoir en faisant ronfler son tas de ferraille dans les embouteillages ou en frictionnant les pare-chocs. Cependant, la bénédiction (en tout cas en ce bas monde) se limite au camion, et il arrive que notre personnage se fasse éclater à un feu rouge par un conducteur excédé.

Pour contrer ce comportement de vandale, une campagne de prévention a fleuri. Ce sont des affiches mettant en scène le Che, ou d’autres personnalités, exhortant nos chauffeurs à se comporter plus civiquement.

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Lundi 9 octobre 2006
par hen al'ancienne publié dans : Sur la route du Mezcal

Mariana es una jovencita de 19 años trabajando en el DF desde hace 4 meses.  

 

Cuando Mariana camina con su blusa super corta y sus tatuajes ostentosos, toda la gente la mira, incluso la policía. Eso le encanta ya que sube su "autoestima". También siente mariposas en el estómago cada vez que un cliente le ofrece una bebida o que le pide un baile. Según Maslow, su trabajo satisface su necesidad de reconocimiento social.

Por eso se fue del hogar familiar en Acapulco, para volar con sus propias alas. Quiere el éxito a toda costa, y su trabajo, con su cuerpo, es su único orgullo. Algo que le gusta, es cuando el cliente hace "nada más que pedir ser golpeado...¡eso me encanta!". Mariana tiene proyectos: esta ahorrando para ofrecerse una liposucción del vientre. Colocará esa grasa en su trasero para perfeccionar sus curvas. La verdad, su cuerpo es su vida, por eso tiene una foto de ella desnuda sobre la pantalla de su nuevo celular.

Sus padres han dejado de darle dinero desde que abandonó sus estudios. En Acapulco, era la primera de su clase con un promedio de 98. Consiguió una beca del 80% para estudiar en la UNAM , primera escuela de Iberoamérica, fue cuando empezó trabajar.

Ahora compra teléfonos último modelo, utiliza sólo el taxi para moverse, alquila un depa sola. Sus compañeras de trabajo le han robado su bolsa y dos veces su celular en 2 meses. Da igual, cada vez compra uno nuevo de 5000 pesos.

El problema es que esos gastos no la permiten afiliarse a un seguro social. Aunque su madre trabaja en el IMSS, seguro médico mexicano, no tiene ninguna protección. Por eso, cuando este padre de familia la embarazó, esperó hasta el octavo mes para hacer algo al respecto. Le faltaban 4000 pesos para realizarse un legrado y como el cerdo no quería adelantarle el dinero,  decidió tomar pastillas para abortar, pero no funcionaron. Este episodio terminó con complicaciones de salud.

A propósito de salud, tomaba éxtasis y cocaína casi todo los días. Es fácil cuando son los clientes quienes te las ofrecen. La última semana, tomó 15 pastillas. Dejó de metérselas hace dos meses. pero todavía, sus ojos están medio cerrados y tiene el tic de taparse la nariz. Además, no habla claramente y me cuesta mucho trabajo entenderla.

Dentro de 15 días, Mariana se va a Los Cabos para trabajar, ella dice: "allá los protectores son más simpáticos".

Se dice a menudo que los aficionados de prostitutas buscan en realidad un psicólogo, pero esta vez era una prostituta quien necesitaba una terapia y consiguió una sesión de a grapa.

 

 

 

 

 

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Mercredi 27 septembre 2006
par hen al' publié dans : Sur la route du Mezcal

Jaime vient de Bahia, au Bresil. C'est un blanc dont la pilosite se concentre uniquement au-dessus de sa levre superieure et sur le menton. Jaime souffre de sa solitude et a du mal a dissimuler sa depression.

Depuis que sa copine gringa a avorte, c'est tout le fleuve de sa vie qui s'est interrompu prematurement. Son travail de tourneur, dont il etait si fier; il l'abandonne. Son pays, si chantant, ou tous les fruits sont plus gros qu'ailleurs; il le quitte pour l'Argentine. 

Encore fort de son physique athletique et de ses decorations tribales corporelles, il butine pour oublier. Mais il en oublie les necessites economiques. Dans le meme temps, il s'acoquine avec des travesties, ces creatures sexuelles faciles a seduire. Jaime penetre alors rapidement le monde des "putos". L'ancien tourneur decouvre alors l'argent facile et les bites des deputes. Ca lui plait, il n'avait jamais ete autant considere qu'alors.

Il ne sent pas chez lui pour autant, et il decide de voyager encore un peu grace a son petit butin. Le voila donc a Mexico DF, dans la maison d'hotes ou je loge encore.

En le croisant dans le couloir, ma politesse maladive m'oblige a prononcer quelques courtoisies. Jaime ne laissera pas ma courbette lettre morte puisqu'il m'invite instantanement a s'enfiler des litres de biere. Jaime ne parle que bresilien; le seul effort linguistique dont il est capable est de parler bresilien avec l'accent argentin. Apres 5 minutes de solitude pendant lesquelles je mime la comprehension du portugais (le secret : faire semblant de ne pas comprendre CERTAINS mots), il me demande a quel point je maitrise le portugais. Je lui reponds en espagnol chochote que je n'ai rien saisi. Peu importe, il a trouve quelqu'un a qui parler.

C'est ainsi que je suis devenu son meilleur ami.

Jaime continue de boire 12h par jour, ne s'arretant que pour dormir...12h. Le patron de l'auberge veut finalement l'expuser, craignant que les crasses quotidiennes de Jaime deviennent encombrantes. Mais le petit copain du patron prend Jaime sous son aile, et se porte garant pour lui.

Jaime devient alors l'homme a (tout?) faire de l'auberge. Il prolonge son sejour a Mexico, diminue son debit d'alcool. J'ecris des emails d'amour a des trans en espagnol et en anglais pour lui. On projette d'acheter un skateboard et de skater ensemble. Je comprends de mieux en mieux son portugnol.

Puis, il y a deux semaines, il rencontre un travesti mexicain. rebelote, enculade de shemale, introduction dans le milieu, depute, pipe, enculade, argent facile. Il se fait virer de l'auberge ce coup-ci. Il s'en fout, il a retrouve sa puissance de gigolo, il a des poils de bite de puissants entre les dents, lui! Une chose lui manque, son pote francais professionnel en hochements de tete.

Depuis une semaine, il passe presque tous les jours a l'auberge, quand je ne suis pas la, pour m'emmener skater. Il soupconne le patron de l'empecher de me voir, et, fort de ses poils de cul, il n'hesite pas a le menacer. Ce gerant d'hotel minable oserait l'empecher de voir son meilleur ami? 

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Dimanche 17 septembre 2006
par Jerem publié dans : Sur la route du Mezcal

D'habitude, je refuse de relever ce genre de choses. Quand vous saurez ce que j'ai entendu comme énormités, vous me pardonnerez d'avoir abusé de notre tribune. Il faut que j'apaise mes pensées.

Hier soir, j'étais invité à dîner chez des Mexicains. Tous pour Calderon (l'autre est un "communiste stalinien"). Tous plus riches que la plupart des autres Mexicains. J'avais déjà eu l'occasion de remarquer à quelle point la richesse peut rendre rogue et obtu, mais pas à ce point là.

Le thème majeur de la soirée était l'homosexualité masculine. D'abord, les définitions. Un homme qui aime un autre homme est "homosexuel", "gay", "metrosexuel" ou "puto". Ensuite, les poncifs habituels sur l'origine, non, la "cause" de l'homosexualité. Mélange détonant de psychanalyse radicale et de pseudo sociologie.

Puis, si je peux dire, la débandade. Le grand déballage. Florilège : "Il ne faut pas dire aux enfants que l'homosexualité est normale" ; "80 % des homosexuels le sont pour des raisons génétiques" (sic) ; "Les crimes passionnels ont lieu le plus souvent au sein de couples homosexuels"...

Le bouquet final, une série de blagues sur les homosexuels les plus célèbres. "Superman ! dit l'un des facétieux. Il n'y a qu'un dégénéré sexuel pour mettre des sous-vêtements par dessus des collants !" J'avoue que j'ai ri à celle-ci, de loin la meilleure. Les autres concernaient Winnie l'ourson et ses amis.

A la (dé ?)charge de mes commensaux, je ne comprenais pas tout ce qu'ils pouvaient raconter.

Autant vous dire que je bouillais sur ma chaise. De dépit et de honte. Honte de ne rien dire. C'eût pourtant été facile. Ce n'était pas Philippe de Villiers qui vous sort une étude américaine fictive sur le supposé danger pour un enfant d'avoir deux parents du même sexe.

Bref. Ce soir là, je me demandais ce qui était "normal"...

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Lundi 21 août 2006
par hen al' publié dans : Sur la route du Mezcal

PRI: Para servir a Dios y al pueblo!

PRD: Para un cambio con cambio.

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Vendredi 18 août 2006
par hen al publié dans : Sur la route du Mezcal

Le saviez-vous, chers Dubwisers?

L'artere principale de Mexico DF, avenida Reforma, est occupee depuis que je suis arrive. Ce long boulevard est jonche de tentes sur toute sa longueur. Des cordages traversent les trottoirs et imposent la vigilence aux badauds. Quand on s'en approche, une odeur tres rustique vient piquer le nez, mais ces gens ne paraissent pas si sales et ne polluent pas.

Ils n'ont pas l'air de se marrer autant que les lyceens grevistes francais,mais ils s'occupent. Ils peignent des banderoles revendicatives, et meme des messages d'excuses aupres des usagers qui se sentiraient "pris en otage". Ils s'interrogent aussi sur la vie de la cite au moyen d'un megaphone, fustigeant Calderón, son PAN et sa corruption plus efficace que celle d'AMLO (Andres Manuel Lopez Obrador). Leur principale revendication est le recompte du scrutin qui a donne Calderon vainqueur avec 0.58% d'avance (soit un peu plus de 200000 voix). Mais leur requete d'un recompte complet, "voto a voto", a ete neglige au profit d'une reestimation fondee sur les statistiques(qui tient compte de 9% des votes, me semble-t-il). Le tribunal se prononcera definitivement sur l'issue du scrutin le 6 septembre. Mais le denouement ne releve pas du suspense: reconnaitre la corruption du IFE, l'organisme de gestion des scrutins, est politiquement inacceptable. Alors, en attendant, les campesinos font des danses folkloriques et Vincente Fox promet d'envoyer l'Armee si cela continue.

Je ferais de mon mieux pour me tenir au courant de l'evolution de la situation et pour vous en donner un apercu.  

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Jeudi 17 août 2006
par hen al publié dans : Sur la route du Mezcal

Ca faisait deja une semaine que je bossais, il me fallait donc quelques jours de repos. C'est que travailler en altitude est fatigant, et heureusement que ma chef l'a bien compris!

Le 15 aout etant ferie, nous avons decide, mon collegue stagiaire et moi-meme, de s'offrir le lundi pour disposer de 4 jours de peregrination. Nous sommes accompagnes les deux premiers jours par un espagnol tres sympathique. Voila pour le "plantage de decor".

la premiere destination sera Guanajuato, ville coloniale estudiantine, ou l'on compte sur un etudiant subordonne ( ah l'abus de pouvoir) pour nous trouver un point de chute. Ce garcon vient nous chercher a 3h du matin a la station de bus en jeep et nous amene a la maison qu'il a mis a notre disposition. Il nous conduira tout le week end, nous payera les entrees de musees, nous invitera a manger dans l'hotel 5 etoiles de son pere...C'est plutot bien parti.

Dimanche soir. On bouge sur San Miguel de Allende, autre bourgade tres coloree, au grand dam de notre hote qui trouvait qu'il n'en avait pas assez fait pour nous!

Apres un copieux repas (comme toujours compose de puree de faillots, de tacos et de quesadillas), nous nous renseignons sur les possibilites de sortir en ce jour du seigneur. On nous deconseille si vivement "el Ring" pour ses risques de bagarres que nous nous decidons a aller a la rencontre de ces rustres "rancheros". Nous debarquons dans une arene ou l'entree comprend 4 boissons, signe annonciateur d'une possible ambiance electrique. La population? des grosses, comme toujours, des Cypress Hill, et des bouseux. L'Experience sociologique. On est les deux seuls etrangers; et ma blondeur me fait passer pour un gringo. Pas l'ideal. On me demande souvent pourquoi je ne danse pas, si c'est parce que je n'aime pas leur musique, on veut absolument me parler en spanglish, et leur meuf nous regarde avec envie tout en dansant avec leur homme. Mais on en trouve vite un a la fois bonhomme et costaud. Ce sera notre ange gardien. la seule contrepartie, c'est qu'il faut que nous dansions avec ses deux nieces obeses, et sur une musique insupportable. On s'en sort sans dommage.

Le lendemain, nous rappelons ce collegue ranchero qui nous invite illico au ranch de son pote pour une ballade a cheval. Tequila sur la route. Grande promenade dans ce qui s'apparente  a la pampa. Pose improbable dans une sorte de bar au milieu de nulle part. Biere. On repart. Le gamin qui nous sert de guide me met au defi de faire une course; chanceux, j'avais le cheval le plus rapide. Mais alors qu'on approchait l'arbre d'arrivee, ma monture se prend les pieds dans mon lasso et s'explose l'arriere du sabot. J'arrive a convaincre notre pote ranchero de prendre la blessure au serieux: il la desinfecte a la biere. Et puis on rentre a la base, on se rafraichit le gosier de plusieurs bonnes tequilas avec les campesinos. Ces derniers nous confie leur haine des gringos et leur envie de visiter l'Europe.

Le jour suivant, nous troquons nos tornados contre des quads. Puis on finit aux aguas thermales avec les vieux ricains du Texas. Week end de bonne augure, non?

 

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