Lundi 16 juin 2008
par hen publié dans : Dubitatif

Lundi, 8h15. 

Je m’arrête devant une place de parking. Je pourrais entamer mon créneau, mais je ne veux pas que le vieil homme arc-bouté s’effraie en voyant mon pare-choc passer près de lui. J’ai baissé ma musique de sauvage et affiche mon sourire le plus patient. L’ancien n’est pas convaincu et ralentit encore le pas pour me dévisager.

A l’intérieur du supermarché, le vacarme des transpalettes pressés fait renchérir le brouhaha des retraités.

Marie-Louise a trouvé les pêches blanches que voulait Geneviève, mais Geneviève regarde ailleurs :

« Wouhou ! Geneviève, elles sont là, hey hey ! Genevièèèèèève »

A l’étal adjacent, Louisette doute franchement de la fraîcheur des melons. L’employé qui passait par là se fait tancer longuement.

En passant vers les fromages, je croise deux ancêtres qui s’expriment avec virulence. La petite-fille de l’un d’eux les observe, intimidée. Ce que je croyais d’abord être des titillements de vieux amis se révèlent être une dispute en bonne et due forme :

-         Mais c’est mon chariot !  

-         Ah non, je regrette, c’est le mien !

-         Vous rigolez ?! je vous prie de lâcher immédiatement mon chariot, non mais oh! Vous vous foutez de moi ?

-         Ah ouais, je me suis trompé !

-         Ben alors, enfoiré, tu voulais me le piquer, hein !

-         Oh, ta gueule connard !

L’homme au chariot repart, expliquant à sa p’tiote que son agresseur voulait clairement lui chiper son chariot plein de marchandises. L’autre homme explique à sa femme, à voix très haute pour que les chalands interloqués puissent entendre :

« Il y en a qui ont un pied dans la tombe et qui veulent encore tuer tout le monde ! A cet âge, il devrait être interdit de s’énerver. Ce con croyait que je voulais lui voler son caddie ! […] Arrivé à un certain âge, il y en a qui mériteraient un coup de fusil ! »

Une fois mon panier plein, j’attends dans la file de la seule caisse ouverte. Quand la caisse voisine ouvre, ma vivacité de jeune me fait arriver, sans me presser, premier dans la nouvelle queue. Ca me coûte un regard chargé de reproche par celle qui était auparavant devant moi.

Une autre dame s’avance vers moi en brandissant son sac cabas. Pleine d’entrain, elle s’adresse à la caissière :

        -       Vous ne devinerez pas ce qui m’arrive ! Je suis venu sans mon porte-monnaie !

-         Et ce n’est pas ici que vous trouverez quelqu’un pour vous payer vos courses ! rétorque l’hôtesse de caisse.

-         Si, ma copine me l’a proposé, mais j’ai refusé. Ca me donnera l’occasion de revenir demain. Pour mes pertes de mémoire, mon médecin  m’a prévenu que passé 80 ans, je ne pouvais pas espérer accuser Alzheimer ! lance-t-elle dans un rire joyeux qu’elle nous adresse à tous.

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Mardi 11 mars 2008
par Gavroche publié dans : Dubitatif

Voila. C’est fait. C’est fini. La page est tournée. J’en parlerai au passé. En franchissant les portes, je me retourne une dernière fois, je n’y remettrai peut être jamais les pieds.
Assis sur un banc, face à la mer, dos au Negresco, j’offre mon premier verre de rhum à la plage de galets. Je rempli mon gobelet et me laisse aller. Pêle-mêle ressurgissent des visages, des noms, des lieux, des sensations, des odeurs, des sons, des phrases, des images…

Tu glisses le loyer dans la boîte aux lettres, Mumu le proprio se charge de le collecter. J’enfourche ma longboard et chevauche la promenade des anglais, « hey Andy, wie geht’s ? », cheveux au vent, Sylvain Hatik en petites foulées. Big up aux casinos, à Thérèse ça squatte, la moquette absorbe les déchets, ce soir pour certains c’est live au volume, Girl I don’t know why les célibataires préfèrent Patrick Chardronnet. Paye ton cul paye ta chatte, race en C3, tu slalomes entre les putes, longes les double voire triple files, ma qué va fon coulo, ça parle arbre à choppes, t’es dans quelle assoc’ ? Tazillon au réveil, beurre de marakech pour le sommeil, le sémi c’est pas fini, c’est Corine Howarth qui l’a dit. Putain la cohérence, Curzi xp a le mot juste parfait, de Chesco à Point G en passant par after effects, Julien Moncel te guette, la bouteille à la main, la sirose n’est pas loin. Les blondes, Linda Brödd ou pas, gamins gominé gomina, Félix Goltz est tricard, la CCE c’est des fous et ces gadgis elles servent à tchi. Pilo au matin, c’est l’heure de faire trempette, tu croises le trav’ du coin de la rue, apéro en terrasse, Gino en peignoir c’est Franck Sinatra à « New Yoooork ». Maramé, les voisins ne sont pas racistes, ils n’aiment juste pas les bougnouls. Touche Edhec, praaaa Witte, Alex Ong est un polar, la Villa Arson a ses larrons. Dans le placard poussent des pieds, Henzo est botaniste, moi j’ai peu, peus, peut ou peux d’argent. Marina baie des anges, le bar à Absinthe n’est jamais loin, Villeneuve Loubet, Grasse ça parfume. On surf sur le blackboard, powerpoint pour Bizeuil, learning team et projet entreprendre, Jackson c’est mon pote, Lumbers il vient de T’ronto. Tu kif le temps, l’eau turquoise, plage le matin, Auron et Isola dans la foulée, Ride for Us, Marie Neige d’HPE est au taquet. Mario Moretti Polegato c’est la classe de Geox, challenge de légos, jeu de piste dans le jardin botanique, on fait connaissance avec Jean Eudes Montifio de Belair, on prépare sa chorégraphie et on loose. C’était le jour de la rentrée, il y a quatre ans. Aujourd’hui c’est le jour de la sortie. Nizza Muerda, Nizza Bella. Adieu ma belle, je parlerai de toi, ne t’en fais pas.

 
Sur la place Masséna, des militants PS distribuent leurs tracts. C’est les municipales, le film projeté sous un chapiteau me replonge dans les souvenirs du Nice que j’ai connu. Je fredonne ce petit air, les paroles ne pouvaient mieux tomber.



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Lundi 4 février 2008
par Dubitatif publié dans : Dubitatif

A 8h, même à Lyon, les métros sont bondés. A l’heure la plus bougonne, il faut accepter d’être dévisagé, de se faire doubler, de céder le passage, de se télescoper parfois. L’ambiance est tendue, mais chacun se retient de se chamailler. En tant que novice du transport en commun (je sais c’est mal), j’admire cette impassibilité collective. Même à la Part Dieu – cette Mecque des trekkeurs shoppeurs et des combattants des soldes où pourtant les couloirs sont plus larges, je ne parviens pas à retenir mes grommellements venimeux plus de vingt minutes. Bref, une fois engouffré dans un wagon, il ne reste en principe plus de places assises. C’est un pied de nez de notre société moderne : la rentabilité et l’efficacité sont omniprésentes, sauf quand il s’agit de confort, car on lui préfère alors le design ou l’originalité[1]. En même temps, qu’est-ce qui a de mieux ? Etre debout au milieu d’une œuvre d’art ou que l’on réhabilite la 3ème classe ? Enfin, tout ça pour dire que si quelques privilégiés sont assis, l’archétype du voyageur pendulaire matinal est debout, titube à chaque changement d’allure et s’informe grâce à Métro. En journée, les passants ont sous le bras un quotidien national classique, type Le Monde ou Libé. Les lève-tôt des aéroports optent pour le Figaro. Mais dans le métro c’est facile : Métro le matin,  Direct Soir le soir. En première page, Nico et Carla à la terrasse ensoleillée d’un café. Nico, mystérieux, pose comme s’il voulait vendre une Breitling, l’italienne est blottie sur son épaule. Presque tous les usagers de la rame découvrent simultanément l’idylle de ce second mariage. A Cordelier, on s’extirpe de la fourmilière en se bousculant poliment. On traverse un pont, le pas activé par le froid grisonnant. Arrivé sur le quai Sarrail, on se déverse dans une nouvelle marée humaine, celle du service des étrangers de la préfecture. Tout le monde était déjà là avant l’ouverture. Dans la foule bigarrée, il y en a encore quelques uns qui feuillètent Métro. En page 2, Nico promène Carla dans le jardin de Vincennes « qu’il affectionne particulièrement ». A l’entrée du bâtiment, des policiers nous laissent passer au compte goutte. Une fois à l’intérieur de la ruche, on se faufile entre les poussettes, les femmes, hommes et enfants pour décrocher un ticket de passage. Le distributeur de tickets est au fond de la salle, à côté d’une jolie policière. Une demie heure après, alors que je commençais à considérer l’éventualité de m’asseoir par terre, nous prenons conscience que nous ne faisons pas la bonne queue. Il faut se précipiter de nouveau sur un  autre distributeur. Je me fais souvent la réflexion que ces démarches doivent être quasi incompréhensibles et tellement décourageantes pour un étranger fraîchement débarqué et livré à lui-même. Les démarches sont à chaque fois plus complexes et illogiques ; beaucoup doivent se résigner à l’illégalité. Mais finalement, un français est tout aussi perdu dans ce labyrinthe administratif ; les rares panneaux d’information ne fournissent que des doutes. Aie aie aie, pourvu qu’on passe aujourd’hui ! Ca m’a l’air possible, mais même si on y parvient, tout ne sera pas encore gagné : nous ne disposons que d’une preuve de vie commune au lieu des trois requises. Et il faut bien le comprendre, c’est pour notre bien, il faut bien faire la chasse aux mariages blancs, cette plaie qui saigne notre pays ! Et puis, je me console à l’idée que pour Nico aussi, ça doit être dur de prouver la légitimité de son mariage express avec une étrangère !

 

Bilan et précisions

Aux portes de la préfecture à 9h, heure de l’ouverture, nous sommes finalement passés à 14h14.

Durant toute la journée, il n’y eu que 2 ou 3 guichets ouverts sur les 7 normalement affectés à ce service. Il y avait par contre jusqu’à 4 policiers sur les lieux pour veiller à ce que le bétail prenne son mal en patience silencieusement. On les mate et les confronte à l’absurde : c’est le début d’une intégration réussie.

Comme chaque année depuis 3 ans, on nous demande les mêmes documents - originaux et photocopies. Parmi ceux-ci, une pièce d’identité du conjoint. Je l’ai égarée depuis peu, mais j’étais quand même en mesure de leur fournir une photocopie, et j’avais de toute façon mon passeport : refusé ! Elle paraît me soupçonner d’avoir perdu ma nationalité française en même temps que ma carte. 

Je ne sais pas si Carla est naturalisée française, mais de toute façon elle vient de l’espace Shenghen. Donc mariage people et « speed-dated », mais au-dessus de tout soupçon.



[1] Songez à ce bar glacé – très tendance - où on n’a pas besoin d’être fumeur pour avoir froid en s’amusant.

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Vendredi 1 février 2008
par in Les illusions du management de JP Le Goff publié dans : Dubitatif
Le parler creux sans peine
(selon la méthode du « formulateur automatique »)
 
Chaque mot d’une colonne peut être combiné avec n’importe quel mot des autres colonnes. A utiliser sans modération pour briller dans votre thesis, à votre travail ou chez vos amis !
C'est un document anonyme circulant depuis plusieurs annees dans de grandes entreprises francaises.
 
L'excellence
renforce
les facteurs
institutionnels
de la performance
L'intervention
mobilise
les processus
organisationnels
du dispositif
L'objectif
rappelle
les paramètres
qualitatifs
de l'entreprise
Le diagnostic
stimule
les changements
analytiques
du groupe
L'expérimentation
modifie
les concepts
caractéristiques
du projet
La formation
clarifie
les savoir-faire
motivationnels
des bénéficiaires
L'évaluation
renouvelle
les problèmes
pédagogiques
de la hiérarchie
La finalité
identifie
les indicateurs
représentatifs
des pratiques
L'expression
perfectionne
les résultats
participatifs
de la démarche
Le management
développe
les effets
cumulatifs
des acteurs
La méthode
dynamise
les blocages
stratégiques
de la problématique
Le vécu
programme
les besoins
neurolinguistiques
de la structure
Le recadrage
ponctue
les paradoxes
systémiques
du métacontexte
 
 
 
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Mardi 29 janvier 2008
par Haine publié dans : Dubitatif
On se plaint souvent de ne récolter par l’immigration que la vermine des pays pauvres : les parasites fainéants et incapables. Mais il faut voir que les pays pauvres se coltinent eux aussi ce qui se fait de pire chez nous, mais en plus nos déchets à nous se prennent pour des chefs providentiels.
 
Homme ou femme sans succès dans son pays d’origine, l’expat’ s’est enfui dans un pays qui le jugera autrement. Que ce soit la Chine ou le Pérou, les ingrédients sont les mêmes et la sauce prend à tous les coups : grâce à la soupe et aux gènes, il est plus grand, plus blond, son accent est craquant, ses manières sont jugées raffinées, son pouvoir d’achat excitant, son sourire grisant.
Il s’est réfugié dans un pays pauvre parce qu’il est avant tout quelqu’un qui s’aime et qui trouve qu’il mérite mieux que l’opinion de lui-même que l’on lui autorise à avoir dans son pays d’origine. Il est parti car il haïssait l’égalité ou même l’infériorité à laquelle il semblait condamné chez lui. Il se rêvait chef adulé, despote éclairé, mais son QI de moineau et son charisme atrophié ne lui ont apporté que brimades et frustrations. C’est comme ça que lui-même a développé son mépris pour les autres, un mépris d’autodéfense, qui se transforme vite en mépris de conquête. 
A peine mis le pied dans un de ces pays complexés par leur économie qu’on veut le sacrer pour avoir daigné venir. Tel Pizarro, il vient piller tranquillement le pays et est déifié par ses victimes. Les habitants de ces pays se dénigrent tant, ont si honte de leur voisin et de leurs ancêtres qu’ils lui offrent spontanément leur corps, leurs biens et leur dignité. Les puissants lui accordent leur confiance, les pauvres lui offrent leur asservissement quasi gratuitement. Ah qu’il est doux et facile d’être un colon !
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Lundi 15 octobre 2007
par Gabo publié dans : Dubitatif
Extrait tiré du livre d'Alain Gras "Fragilité de la puissance technologique. Se libérer de l'emprise technologique"

Dans un petit village côtier mexicain, un Américain avise un pêcheur en train de faire la sieste et lui demande:

- Pourquoi ne restez vous pas en mer plus longtemps?
Le mexicain répond que sa pêche quotidienne suffit à subvenir aux besoins de sa famille.
L'Américain demande alors:
- Que faites-vous le reste du temps ?
- Je fais la grasse matinée, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme, le soir je vais voir mes amis. Nous buvons du vin et jouons de la guitare. J'ai une vie bien remplie.
L'Américain l'interrompt:
- Suivez mon conseil : commencez par pêcher plus longtemps. Avec les bénéfices, vous achèterez un gros bateau, vous ouvrirez votre propre usine. Vous quitterez votre village pour Mexico, puis New York, d'où vous dirigerez toutes vos affaires.
- Et après ? interroge le Mexicain.
- Après, dit l'Américain, vous introduirez votre société en Bourse et vous gagnerez des millions.
- Des millions ! Mais après ? réplique le pêcheur.
- Après vous pourrez prendre votre retraite, habiter un petit village côtier, faire la grasse matinée, jouer avec vos enfants, pêcher un peu, faire la sieste avec votre femme, passer vos soirées à boire et à jouer de la guitare avec vos amis.






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Mardi 18 septembre 2007
par Sylvain publié dans : Dubitatif

La coupe du monde de rugby me les brise menues….Vous pensez que c’est excessif, moi aussi mais comment réagir face à l’excès ??? par l’excès bien sur, transformé bien évidemment, j’ai honte….mais ceux-là qui savent sauront me pardonner.

Le rugby new look s’offre une consécration, que dis-je, un triomphe, les spots du XV de France ressemblent à des pubs Dolce & Gabbana et Rafael Ibanez, notre valeureux capitaine écarté après sa 1ere rencontre calamiteuse, est un playboy depuis hier , incrédible !!! Mais c’est pas de sa faute à notre pote Rafa, on l’aime bien quand même, et à la vue de son attitude dans ce fameux spot Nike, où, sur fonds d’images subliminales des footeux victorieux de 98, on l’aperçoit, déterminé comme jamais à rentrer dans son maillot XS, on se dit qu’il a tout de la victime de base et rien du guerrier émérite. Car le rugby est en train d’être récupéré par la pub et le show biz, processus déjà amorcé par notre ami Max Guazzini, proprio du Stade Français et fondateur de la radio aux jingles tellement longs qu’à un moment tu te demandes si c’est le nouveau single de Mat Pokora, et comme la chanteuse de jingle chante juste, et ben là tu te dis que le nouveau single de Mat Po c’est pour dans 30 secondes, donc tu zappes vite. Bref revenons à notre ami Max, qui a décidé tout seul de pipoliser le Stade Français, de le rendre frais, et surtout de monter une équipe digne de ce nom dans la capitale. Pour l’instant il s’en sort bien le garçon, passionné de rugby qu’il est, et le Stade trône parmi les têtes d’affiche de notre championnat national (Top 14), avec 5 titres de champion et 2 finales de coupe d’Europe depuis son arrivée au club. Mais le plus spectaculaire est la manière dont Max a travaillé l’image de son club, et comment cette communication précise et efficace est en train de se répandre.

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Aujourd’hui les joueurs du Stade Français portent des maillots rose bonbon, se rasent le torse et posent nus dans leurs célèbres calendriers. Nike a développé des maillots près du corps pour rendre le jeu plus esthétique, mais officiellement pour éviter que l’on puisse s’agripper aux maillots trop larges portés dans le temps. Les mi-temps sont rythmées par des pom-pom girls et tout le monde s’en délecte. « Le rugby se modernise, il est temps d’entrer dans l’ère du vrai professionnalisme » entend-on par-ci par-là.

 

La Coupe du Monde actuelle est très révélatrice de ce phénomène, mais plus qu’elle c’est surtout l’accueil que le grand public lui réserve, qui démontre à quelle point ces stratégies de communication sont efficaces. Vous savez le grand public, qui s’émoustille dès qu’on lui dit de le faire, celui qui râle parce qu’il ne pourra pas voir les Enfants de la Télé samedi prochain à cause de cette connerie de rugby dans l’année, mais qui est le premier à émettre un avis sur les choix tactiques du sélectionneur une fois la compétition commencée. Le même mec qui se plaignait de ne pouvoir avoir sa dose de JPP, non pas le vrai JPP, qui lui a fait lever des stades entiers d’une reprise de volée en pleine lucarne, mais l’autre, l’ami de la France, du terroir et des « petits villages qui conservent une tradition millénaire en continuant à fabriquer des sabots à la main », et qui n’a pu faire lever personne, et surtout pas le niveau. Ce même mec donc, qui, dévasté par le match de Champion’s League du mercredi qui le prive de son Combien Ca Coute tant aimé, où il peut épancher sa haine du gaspillage public et des impôts en trouvant des mines compatissantes en face de lui, était le premier à émettre un avis nauséabond sur la sois disante incompétence d’Aymé Jacquet en 1998, et ben ce mec là, il mange à côté de moi tous les midis, et il a ramené tous ses potes en plus.
Dans le restaurant d’entreprise tous les styles sont mélangés, du stagiaire en banque lisant L’Equipe au groupe de comptables plus proches de Caméra Café que de La Firme, en passant par les grappes de demoiselles du marketing, serrées dans leurs jeans slims mais à l’aise dans leurs ballerines. Et tous parlent rugby, comme s’ils étaient tous nés entre Agen, Pau et Dax. J’ai été d’ailleurs témoin d’une conversation ahurissante, à la table qui me faisait face, où une ménagère de moins de 50 ans parlait du match contre l’Argentine, du fait que Michalak devrait jouer et que Bernard Laporte ne savait pas ce qu’il faisait en le laissant sur le banc de touche ; après avoir émis cette opinion, la brave demoiselle, comme une fleur, fanée ceci dit, s’exclama « au fait le rugby ça se joue à combien ? ». Je failli m’étouffer avec mon steak tant le ridicule de la situation me compressa l’œsophage et me donna envie de pleurer. Voilà ce que fait le grand public d’une compétition qu’on lui donne en pâture, comme il l’avait fait avec la Coupe du Monde de foot en 98. Le propos n’est pas ici de dénigrer la ferveur populaire, bien au contraire, tant elle est nécessaire et indispensable à la réalisation d’exploits sportifs. La France n’aurait jamais été championne du monde en 98 sans ces masses de supporters qui accompagnait tous leurs déplacements en bus à travers le pays. Mais elle n’aurait jamais non plus été championne du monde sans une force incroyable à l’intérieur du groupe, qui lui a permis d’éluder les critiques et les attaques pour se concentrer sur son jeu et sur la victoire. Voilà ce qui manque au XV de France pour l’instant, et la défaite inaugurale face à l’Argentine l’a bien montré. Voilà 15 mecs porteurs de l’espoir de tout un pays, de toute une masse de sponsors, que l’on oblige à devenir champions du monde car tels est leur destin. Les rugbymen français n’ont pas l’expérience et le vécu de leurs homologues du ballon rond, ils jouent dans le championnat de France pour la plupart, et le niveau de développement du rugby professionnel n’est pas à même de leur fournir régulièrement des contextes sportifs aussi forts que celui ressenti lors du match d’ouverture au Stade de France. Si on rajoute à ça la crétinerie d’un Bernard Laporte parti leur lire la lettre de Guy Mocquet dans les vestiaires avant de rentrer sur la pelouse, on comprend très vite la raison de l’apathie constatée sur le rectangle vert.

 

L’Equipe de France victime de l’organisation médiatico-publicitaire de sa propore Coupe du Monde? On n’est pas loin de la vérité, mais la réponse à cette question sera forcément liée aux résultats futurs du XV de France, qui peut tout à fait développer une force collective susceptible de lui permettre de se qualifier, de battre les Blacks puis d’aller chercher la victoire tant espérée. Et l’ironie dans tout ça, c’est qu’en cas de victoire des Bleus, ce sont les sponsors qui vont se frotter les mains….Realize !!!!

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Mardi 4 septembre 2007
par Hen Cohen publié dans : Dubitatif
Je faisais récemment la remarque à une amie clocharde céleste, sachant que pour elle, ce n’est pas une révélation. Cette fille feint souvent de geindre un « i have no home ». Bien sûr, en réalité, elle s’en délecte. Elle fut mariée jadis, à un Allemand. Ils étaient artistes, tous les deux, s’étaient rencontrés à l’école des artistes. Tout était bien. Bien dans sa case, celle qui lui correspond ; à peu près telle qu’elle l’avait imaginé. Je passe les raisons qui flanquent les jeunes couples d’une progeria incurable. Enfin, déception, dislocation, divorce. La vie idyllique, maitrisée, la vie cohérente et absolue s’évanouit.
Elle a aujourd’hui 30 ans. Elle est toujours Américaine, New-yorkaise, avec sa famille à L.A. et ses racines à Taiwan. Elle a maintenant un bon boulot, qui lui impose très peu de contraintes. Elle s’emploie de toutes ses forces à forger sa liberté. Elle a compris qu’elle n’était pas libre de se choisir, de s’assurer son propre bonheur ; elle a donc décidé d’arrêter de donner une direction à sa quête. Au lieu d’œillères, ou de lunette de visée, elle opte pour le mouvement de la toupie : elle tourne sur elle-même les yeux ouverts. Dans sa ronde, les formes et couleurs s’étirent, s’adoucissent et se confondent, ses pas titubants suivent son esprit étourdi.
A l’Alliance Française de Lyon, le professeur débute le cours avec une question facile, pour que tout le monde participe : «  pourquoi avez-vous choisi d’apprendre le français ? ». Une colle pour notre Kerouaquette. Elle trouve finalement une réponse très honnête : « pour justifier ma présence ici ».
Vous pourriez objecter : « Comment ? C’est la seule raison qu’elle ait trouvée pour venir en France ? quid de la Tour Eiffel, des croissants et du chic français ? ». Ce sont des motivations de vacanciers, pas de voyageurs. Celui qui voyage ne veut pas savoir ce qu’il va vivre, il part à l’aventure. Le voyageur ne part pas chaque année au même endroit, il ne recherche pas le confort et la tranquillité. Qui annule son voyage à cause d’un tremblement de terre(1) ou parce qu’il apprend l’existence d’une chenille tueuse(2)  ne voulait pas voyager. La raison de rester n’est pas plus crédible que la raison de partir citée plus haut.
Qui craint l’incertitude n’aime pas le voyage, ni même la vie d’ailleurs. Partir à l’inconnu est une pulsion de liberté. En plongeant dans un nouvel univers, renoncer au contrôle de sa vie devient plus aisé. Il n’est plus question de planifier, de regretter et de se condamner. L’impression de connaître, de pouvoir anticiper, que ce soit vis-à-vis de soi ou de « l’extériorité », disparaît. Et tel un surhomme nietzschéen, il devient possible de danser au bord de l’abyme, libéré du temps et de l’essence. 



(1) Motif d’annulation de 2 des 4 étudiants en partance pour Lima.

(2) Une Edhec est morte la semaine dernière après avoir marché sur une chenille venimeuse au Pérou. Depuis, j’ai reçu des mails de notre école cherchant à me réconforter et expliquant qu’elle (mon école) comprend que je puisse « craindre de rester dans ce pays ». Précisons qu’une autre étudiante de l’école a précédemment envoyé un mail demandant à l’école de quelle manière elle pouvait se prémunir contre ces aléas « afin de prendre le plus de précautions possible ».
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Lundi 6 août 2007
par HenTaï publié dans : Dubitatif

Le travail, c’est la santé ! L’adage prend encore du plomb dans l’aile : selon des chercheurs australiens, un tiers des imprimantes laser émettent des particules suffisamment nocives pour justifier un message d’avertissement pour les utilisateurs. Cette nouvelle ne va certainement pas remonter le moral déjà assez bas des employés et des cadres.


Les chercheurs de l’Université de technologie du Queensland en Australie viennent de démontrer qu’un tiers des imprimantes laser émet des particules ultrafines à des niveaux dangereux pour la santé. C’est l’encre en poudre (le toner) qui est mise en cause. Les scientifiques estiment que travailler à côté de telles machines revient à se trouver près d’un fumeur à la consommation moyenne. L’interdiction de fumer dans les locaux n’aura donc pas suffi à rendre le travail inoffensif.

A l’échelle mondiale, les estimations de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) font froid dans le dos : au bas mot, deux millions de personnes meurent chaque année à cause de leur travail. Soit plus que les dégâts dus à l’alcool et à la drogue. Deux fois plus que le nombre de victimes provoquées par les guerres. Bien sûr, ces chiffres alarmants concernent en priorité les travailleurs des pays du sud : la prospection minière et le travail manuel en général, effectués dans des conditions de sécurité sommaires.

Mais attention, le lien de causalité est bien plus facile à établir quand il s’agit d’un coup de grisou que lors d’un cancer développé à la suite d’un excédent de stress. Le Japon, qui reconnaît la « mort par épuisement » depuis 1987, a été le premier pays à affirmer sa volonté d’améliorer la sécurité et la santé au Travail en ratifiant la convention n°187 de l’OIT le 24 juillet dernier. Il est aussi un des rares pays à tenir des statistiques nationales sur les décès liés à l’excès de travail. Lesquelles permettent, sinon de mesurer exactement l’ampleur des dommages, de constater l’accroissement du nombre de victimes. Sur l’année budgétaire mars 2006 – mars 2007, les décès imputés au surmenage ont augmenté de 7,6% par rapport à l’année précédente. Alarmé, le gouvernement s’est engagé dans une campagne de sensibilisation incitant à limiter le nombre d’heures supplémentaires (!).

En France, faute de mesures, on ignore le phénomène. Même quand les conséquences sont flagrantes, comme lors des suicides chez PSA, les médias les qualifient de« série noire » comme s’il s’agissait de cas ponctuels, et préfèrent rappeler la multiplicité des causes d’un suicide plutôt que de remettre en cause les conditions de travail!

Pourtant, cette tendance est structurelle : si, dans les années 60, le patron incarnait naturellement « l’ennemi à abattre », les méthodes de management actuelles ont normalisé une compétition quotidienne au sein du personnel. Pour atteindre les objectifs fixés par son responsable, il faut être plus travailleur, plus rapide, plus performant que son voisin de bureau. La CFE-CGC, syndicat des cadres, a mis au point un baromètre « stress » qui confirme l’expansion de ce mal d’année en année.

Et pour ceux qui ne considèrent que les problèmes exprimés en valeurs monétaires, l’OIT nous fournit un autre chiffre. Sur l’ensemble du globe, le coût de l’hécatombe générée par le travail représenterait vingt fois le montant versé en aide publique au développement.

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Mardi 24 juillet 2007
par hen al publié dans : Dubitatif

Vendredi 20 juillet, le Premier Ministre britannique et Nicolas Sarkozy ont proposé une réduction de la TVA pour les produits verts. Mais pourquoi n’y avait-on pas pensé plus tôt ?

 

Pour restaurer les relations franco-britanniques, le Premier Ministre Gordon Brown et Nicolas Sarkozy ont cherché une proposition simple, populaire et non contraignante. Voilà ce qu’ils ont  trouvé : « proposer à nos partenaires européens que tous les produits écologiquement propres bénéficient d’une TVA à taux réduit ». C’est plein de bons sentiments, c’est tendance et ça permet de mieux avaler la pilule de la TVA sociale.
Pourtant, pas besoin de s’appeler Nostradamus pour savoir que cette « idée » restera un souhait irréalisable. Rappelez-vous Chirac annonçant la TVA à 5,5% pour les restaurateurs : elle n’a jamais abouti car il faut l’unanimité des membres de l’Union européenne pour les décisions fiscales. En supposant que sa force de conviction fonctionne sur tous les membres de l’UE, il faudra encore se mettre d’accord sur la liste des « produits verts ». le tabac biologique, c’est « vert » ? Sarkozy parle des « voitures qui ne polluent pas », mais une voiture « verte », ça pollue toujours plus qu’un vélo, donc les vélos sont concernés par la réduction fiscale ?...
Henri Sterdyniak, économiste chercheur à l’OFCE, relève une autre lacune de taille au projet qu’il qualifie de « folklorique » : la TVA ne s’appliquant qu’aux consommateurs finaux et non aux entreprises, elle ne crée aucune incitation à produire de façon plus propre. Alors qu’il existe un projet solide, incontestablement plus efficace et réalisable dans le cadre de l’Union européenne : la taxation des émissions de CO2 et autres polluants selon la logique du pollueur-payeur. D’abord, cette mesure fiscale crée une réelle incitation à produire en polluant moins. Et surtout, il est beaucoup moins contestable de déterminer ce qui pollue que ce qui est supposé être bon pour l’homme et l’environnement.
Il est vrai que se prononcer en faveur d’un projet environnemental  ambitieux et réalisable aurait été moins consensuel, et notre président avait prévenu qu’il ne croit pas spécialement aux théories économiques…mais peut-on croire aux théories sarkozystes ?

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Mercredi 11 juillet 2007
par Ju l'indien publié dans : Dubitatif

02/7/07:
on est lundi matin, il est 7h45 et me voilá accompagnant celui qui sera mon patron pr les 2 prochains mois. Je viens de le rencontrer, c'est en effet mon premier jour. Nous échangeons qlq civilités ds l'ascenseur, bercés par une douce musique d'ambiance...Tt semble calme...
Une secousse me sort de ma douce léthargie: l'ascenseur s'arréte. Les portes s'ouvrent; mon boss me jette un regard condescendant, un coin de sa bouche s'est relevé en ce qui semble étre un sourire satisfait...
Devant moi, c le délire: des tables de 20 ou 30 personnes s'alignent á perte de vue, les télephones sonnent partout, nous passons devant une télé (il y en a une ts les 10métres) qui n'affichent que des graphiques aux significations obscurs, des groupes se forment et se séparent, ca discutent, ca rient, ca courent, des gens hurlent au téléphone, se lévent, gesticulent; les voix s'entremélent mais je distingue des mots anglais bien sur, mais aussi francais, italiens, espagnols, arabes, chinois...On parle ttes les langues ici, mais on parle communément d'argent...
Aprés 5 minutes de marche á slalomer entre les desks, mon boss me désigne le poste que j'occuperai cette semaine (son occupant habituel est en vacances aux maldives...un classique pr le mois de juillet apparemment).
Je m'installe ds un confortable fauteuil qui fait face á sept écrans d'ordinateur les uns sur les autres: l'emplacement d'un trader probablement. J'essaie de remplir chaque écran avec une application mais aprés Powerpoint, Excel, Outlook, Bloomberg, Facebook et iGoogle, je ne sais plus quoi ajouter...La honte.
En plus, je n'ai rien a faire, tte mon équipe m'a salué briévement avant de se replonger ds leurs tableurs et graphes dynamiques en me disant: "We'll deal with you later. Our time is more valuable than yours, mate". Sad but true...

11/07/07:
Ceci, c'était il y une dizaine de jour. Je me suis habitué depuis au brouhaha permanent, au coup de gueule et "hurray" de mon voisin "sales" (comprenez "vendeur de produits dérivés"), aux sons de cornedebrumes qui suivent les annonces des traders ds mon speaker. J'ai été déplacé sur un poste a 2 moniteurs d'ordi seulement (le trader est rentré tt bronzé des maldives; il s'est plaint d'y avoir croisé la plupart de ses collégues et clients!), et je comprends enfin comment fonctionne la console de communication qui est sur mon bureau.

J'ai un peu honte de faire partie de cette caste de banquiers suffisants mais, je reste fasciner par l'énergie ambiante que je ressens á chaque fois que je franchis la porte de cette salle de marché. C presque tangible; c éléctrisant, c doppant...
J'arréte la weed...La coca me semble plus adapté á cet univers londonnien...
Cheer up!

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Jeudi 21 juin 2007
par hen al' publié dans : Dubitatif

Je vous ai déjà présenté ma petite ville de la région lyonnaise : 5 000 âmes, des terrains de plus en plus chers, une expansion du village qui le fait tendre vers la ville-dortoir. Ca reste un lieu de vie agréable, paisible…chose confirmée par le dernier journal de Communay qui titre en Une : « le nombre de délits a encore baissé ». Ce n’est pas étonnant, il n’y a pas de problème d’intégration ici, pas de malaise à exprimer, ne s’y installe pas qui veut, et les logements sociaux ne sont pas légion. Les délits ou incivilités sont plutôt perpétrées par des ados bien de chez nous. Est-ce pour autant le lieu de l’ouverture d’esprit et de la tolérance ? Ah ah, vous êtes malin, vous vous rappelez pour qui Communay a voté… Voici donc une scène restituée sans trucage, avec des personnages au cerveau saturé par TF1 :

 

 

 

Ca se passe mercredi soir, dans l’un des deux salons de coiffure. Je me fais masser le cuir chevelu par l’aide-coiffeuse. Le fils de la coiffeuse, d’une quinzaine d’années, s’ennuie et débagoule des billevesées sans trop réfléchir. Dans son monologue, il aborde le thème des « boites ».

 

 

 

« A Sérézin, y a un club, c’est le Space. T’sais pourquoi y s’appelle comme ça ? parce qu’y yavait que des Pèd’ d’dans […] mais maintenant, ça craint trop, y a trop de rats !!! »

 

 

 

Sa mère s’arrête net, lève les yeux vers moi, puis demande confirmation à son fils :

 

 

 

            -Qu’est-ce que c’est des rats ?

            -Ben…des racailles.

-Oui, eh bien…Tu sais, ça va qu’on est entre nous… [elle relève les yeux vers moi] Mais il ne faut pas dire ça !  Parce que moi, je ne veux pas me retrouver avec une bombe dans mon salon !!!

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Lundi 11 juin 2007
par hen al publié dans : Dubitatif

Un grand merci à tous !

Merci à ma chère petite bourgade de Communay, à peine 5000 habitants bien éduqués, qui prend soin de ses vieux en leur organisant des sorties, des expositions de l’époque de la mine…Merci aux pompiers qui organisent, pour chaque Pâques, la chasse aux œufs, aux gentils oisifs bénévoles qui cultivent quelques légumes bio avec des personnes en réinsertion, aux paisibles promeneurs amateurs de champignons, aux joggers suants souriants, aux chasseurs amoureux de la nature…

Merci encore de vous être mobilisés, au-delà de la moyenne nationale, à 65%, pour les élections législatives. A plus de 47% pour Georges Fenech, vous avez eu raison ! Et vous n’avez pas voté que pour lui : Durand, UDF grassouillet de la majorité, au faux air de Santini, pose avec lui sur l’affiche électorale. Mr Fenech aurait pu lui tapoter le crâne à la Benny Hill , ça n’aurait pas choqué.

Quoique Fenech avait suffisamment d’arguments pour se présenter seul :

  1. Il fait parti de l’UMP, il est donc le candidat pour qui on doit voter pour donner à Sarko les moyens d’agir.
  2. Il est de ces décomplexés : il fait des blagues sur les juifs plus marrantes que celles de Cauet.
  3. C’est un promoteur de la démocratie : il n’hésite pas à donner de sa personne pour aider à la réélection de Bongo, au pouvoir depuis 31 ans au Gabon, en lui donnant une bénédiction démocratique.
  4. Il est pour la paix dans le monde : Montesquieu avait vanté les effets du doux commerce, alors Fenech s’en est allé vendre des armes à l’Angola. C’est ce qu’on appelle froidement l’affaire Falcone.
  5. Comme le président, il est cohérent : il a écrit un livre intitulé « tolérance zéro ».
  6. Il est moderne : le retour sur le devant de la scène des repris de justice est tendance avec Juppé, Carignon, Noir…

 

 

Vive la France courageuse et moderne !

 

 

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Lundi 30 avril 2007
par hen al' publié dans : Dubitatif

L’épaisse brume avait l’habitude de me rendre visite le dimanche. Elle était prévue, bien accueillie même. Elle était signe d’une veille festive, amicale et pleine de débordements. Elle venait contraster l’ébullition désordonnée de l’ivresse ; l’absence de visibilité qu’elle imposait était une formidable occasion de se tourner sur soi-même, de rassembler ses esprits et de recoller les morceaux de neurones. Ce mauvais temps cérébral était l’occasion rêvée de renouer avec les plaisirs simples et paisibles : la joie de la sieste, la musique du générique de Téléfoot et la bonne trogne de Moustik pour certains, , la caresse du rayon de soleil en terrasse pour d’autres…Ce sont des douceurs qui ne s’apprécient jamais autant que le dimanche.

Aujourd’hui, ça s’est compliqué. Nous sommes lundi 30 avril. Beaucoup font le pont. Pas moi. Les « bulles » de samedi ont perduré tout le dimanche. Il y a eu le foot du dimanche matin, la piscine de l’après-midi. Le beau temps du samedi soir a gardé le brouillard à distance tout le week-end. Alors, le brouillard s’est vengé. Il est arrivé encore plus épais le lundi matin. Au lieu de douces rêveries, il ne m’impose que sa lourdeur, son poids sur mes paupières et son froid agressif sur mes yeux. Je ne peux malheureusement pas le fuir, juste le dissimuler. Tout le matin, j’attends avec impatience la pause déjeuner qui sera un délicieux moment de repli. 12h pile. Pas question de faire des minutes supplémentaires aujourd’hui. Partons à pied au resto bar de la gare, le ciel bleu et mon état lamentable s’y prêtent parfaitement. La catastrophe arrive avec des lunettes de soleil : le directeur m’interpelle dans la rue. Il me connaît à peine et me propose donc de déjeuner avec lui. Je dois récupérer en catastrophe mon déguisement de business man déjà enfoui au fond de mon vieux cerveau. Ce repas m’a beaucoup fait souffrir : le service était lent, mon interlocuteur en pleine forme et passionné. Il a dévoré toute mon énergie…Me voilà donc encore plus fané, je me surprends à regarder mon clavier comme si c’était un traversin moelleux, je n’arrive qu’à faire semblant d’être affairé. Pourtant je suis siégé par le travail. Mais aujourd’hui, je ne peux rien faire d’autre que de me plaindre…Bon anniversaire Bat !