Lundi 24 mars 2008
par Dubitatif publié dans : Just Chili'n

Je me suis allongé sur de nombreuses plages depuis que je suis sur ce continent : plages pacifiques à l’eau froide du Chili, plages tropicales de l’île de Pâques, chaleureuses en Uruguay mais nulle n’égale la vivacité et l’animation des plages brésiliennes.

La plage c’est ici un art de vivre. On y vient seul, en couple ou en famille, apportant un équipement à la mesure de son envie de plagiste : ceux qui passent la journée complète vont jusqu’à la tente caïdale qui protègera toute la famille du soleil aux heures de canicule.

Mais même les béotiens comme nous, qui débarquent avec les basiques serviettes et maillots trouveront vivres, artisanat et divertissement pour animer leur journée…

En effet, première étape en arrivant sur la plage : le stand du loueur de parasols et, pourquoi pas, le stand du loueur de chaises longues. Il y a quelques stands fixes comme ceux là, disséminés dans la foule, ainsi que quelques débits de boissons situés en fond de plage.

Nous nous frayons un chemin entre les gens. Certains plagistes ont réussi à s’aménager un petit espace pour jouer au foot ou au volley. Nous nous éloignons de ces groupes pour éviter d’être réveillé par un ballon perdu.

Nous trouvons enfin un emplacement suffisamment grand pour accueillir nos serviettes, plantons notre parasol et nous étendons enfin sur le sable brûlant.

Une fois allongé, il n’y a qu’à regarder, le spectacle vient à nous : au-delà du classique « matage » de plage, les vendeurs ambulants de nourriture hurlent ou chantent le nom de leurs produits (« queijo », « helado, helado » ou « choriiii-pan »), des vendeurs de bières et de caïpirinhas défilent, annoncés par le « baile-funk » de leur pousse-pousse où ils conservent fruits et alcool nécessaire à la fabrication de divers cocktails, les artisans se succèdent et rivalisent d’arguments pour vendre colliers de coquillage, paréos, ou autres souvenirs. Des enfants des écoles de cirque et de samba des alentours font leur numéro tous les cent mètres, dansant ou mimant, pour quelques pièces.

Nous repérons une large femme, à l’allure de gitane, qui se déplace en bord de mer, criant un slogan en portugais dans lequel elle semble proposer ses services. Une famille de cinq brésiliens, amusée, la hèle ; elle s’approche d’eux. Elle s’assoit face à son nouvel auditoire : elle est « conteuse d’histoires ». Elle distrait les plagistes durant une petite demi-heure en leur racontant une histoire de son invention. Rodée aux envies et réactions du public, elle n’a aucun mal à faire rire ou faire peur à ses cinq clients, à les tenir en haleine jusqu’au dénouement lors duquel ils pousseront tous un grand soupir et la remercieront chaleureusement avec une grande poignée de réals. Elle repart vers un autre groupe plus éloigné, choisissant probablement une nouvelle histoire de son répertoire, prête à conquérir un nouveau public.

Quelques dizaines de minutes plus tard, un autre épisode atypique. A l’extrémité sud de la plage, nous entendons monter une vague d’applaudissement qui se rapproche progressivement de nous. Les applaudissements sont en fait des encouragements à une femme qui traverse la plage à la recherche de son enfant. Elle marche entre les vacanciers, pleurant à chaudes larmes la disparition de son fils mais criant intelligiblement qu’elle l’a perdu sur la plage, donnant une brève description de celui-ci et implorant quiconque ayant trouvé un gamin perdu de le lui signaler. Elle applaudit pour signaler sa présence et gagner l’attention des gens qui applaudissent en retour pour manifester leur soutien.

La clameur passe et s’éloigne puis disparaît plus au nord. Un quart d’heure plus tard, c’est une nouvelle explosion sonore de ce coté là qui attire notre attention : des cris de joie mêlés à de nouveaux applaudissements à plusieurs centaines de mètres. La clameur monte et s’approche de nous à nouveau : nous voyons bientôt la « femme à l’enfant perdu » revenir avec un grand sourire, un rejeton dans ses bras. Tout s’explique, elle a retrouvé son gamin plus loin sur la plage et est félicité par tous les gens qui l’avaient encouragé dans sa recherche à l’aller. A notre hauteur aussi, les gens l’interpellent et la réconfortent, nos voisins l’invitent même pour un trago durant lequel elle (re)racontera son aventure.

L’ovation qu’elle reçoit est incroyable, cette chaleur populaire me fait frissonner… Dieu, que j’apprécie cette mentalité sud-américaine…

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Mardi 25 décembre 2007
par Dubitatif publié dans : Just Chili'n
J´avais bcp lu sur Buenos Aires avant d´y atterir: "la perle de l´Amerique du Sud", "la belle" ou bien encore "l´élegante"...
Et bien, voilá, j´y suis, et c´est tout ce que l´on m´a dit...et bien plus encore!
 
La ville est immense (plus de 10 millions d´habitants) et je n´y ai passé que deux jours, autant dire que j´ai peu (rien) vu et ne délivre ici que des impressions superficielles d´un touriste de passage...Soyez tolérant ceux qui connaissent cette ville mieux que moi!
 
Ville complexe, creuset culturel reprenant les grands traits communs aux mégalopoles sudaméricaines mais avec une influence européenne certaine dans l´architecture, les habitudes, la culture.
Les gens ici sont incroyablement beaux (les argentines, c´est l´hallu!), cela saute au visage! Ils semblent dignes, arborant une fierté tranquille, loin d´être supérieure, qui les rend séduisant et charmant.
L´ambiance est à la fête, à la célébration de la vie, à l´acceuil chaleureux, à la passion qui confine parfois à l´éxagération (les déïfications de Maradona ou de Gardel -"inventeur du tango"- y sont bien réelles!) et, cela mérite mention après plusieurs mois au Chili, à la gastronomie (la supériorité de la viande argentine n´est pas un mythe; elle se coupe quasiment à la fourchette!).
Cette envie de vivre est tangible qd on déambule dans les rues (se poser à un café de la place Serrano en soirée est un régal pr les yeux et l´esprit), un peu comme l´est le dynamisme new yorkais à Manhattan...
 
Evidemment, il est plus facile pr moi, européen nanti, de profiter des avantages de la ville (et Dieu sait qu´il y en a!). Tout n´est pas ausi rose pr tous: le trajet de l´aéroport au centre ville montre un envers du décor, fait de barres HLM délabrées, habitées par les "basureros" et autres pauvres aux profesions inventées pdt la crise des années 90´s.
 
Néanmoins, le peu que j´ai vu de cette ville m´a fait fantasmer, cela m´a semblait être la ville de la beauté (je me répète mais il faut vous en convaincre!), de l´élegance, de la grandeur latine telle que je l´imaginais avant d´arriver sur ce continent, elle m´est apparu comme un lieu de vie sincère, de fêtes et de sensualité où j´ai hâte de revenir pr une plus longue période...
 
 
ps: basurero= enfant ou adulte qui raque les poubelles et décharges de la ville afin de rassembler plastique, papiers ou cartons qu´ils revendent pour recyclage (2pesos les 10kg de plastique par ex, soit 0.6 dollar!). On voit ainsi passer, la nuit surtout, des gamins arnachés comme des mules à des immenses chariots (7 à 10 mètres cubes!) qu´il tracte jusqu´au centre de recyclage local...On se sent bien mal et coupable à les voir passer couvert de sueur et s´arrêter tous les 10m pr se reposer...
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Samedi 24 novembre 2007
par Dubitatif publié dans : Just Chili'n
Jacquot avait entendu parlé de Jeannot et de ses aventures liméniennes… Après qlq hésitations, il se décida donc à le rejoindre à Lima, dans cette immense cité tentaculaire. Le quadrillage de « blocs » mal ajustés, les grandes rues éclairées dont les lueurs s’évanouissent dans l’horizon, cette ville grise et brumeuse qui se jette dans la mer, tt cela impressionna Jacquot lorsqu’il survola la ville…
 
Jacquot retrouva bien vite Jeannot, qui le pris sous son aile ; lui, était bien plus habitué aux baroudages dans les contrées latines et savait rassurer son camarade par son espagnol chantant et sa connaissance des lieux. Nos deux comparses étaient enfin rassemblés pr 15jrs d’équipée sauvage dans 3 univers différents…
 
D'abord, le chemin des Incas avec Cuzco et le Macchu Picchu, l'incontournable touristique, une des "7 nouvelles merveilles du monde"...
3 pleines journées dans Cuzco et sa région parsemée de ruines Incas permettent à Jeannot et Jacquot de se remémorer doucement cette culture disparue: à force de rencontres, de discussions, de lectures, de souvenirs, ils se représentent à nouveau cet empire du 13e siècle qui s'étendait de l'actuelle Colombie au Nord du Chili, et qui fut réduit au silence et à l’esclavagisme qlq siècles plus tard par les conquistadores espagnols.
Les deux amis arpenteront les rues escarpées de San Blas, le quartier bohème et calme de Cuzco, ils feront leurs emplettes botaniques sur le marché central de la ville, se vêtiront auprès des artisans de Pisaq, hanteront les bars cusquenos jusqu’aux premières lueurs du jour, avant de se succomber aux charmes de l’Hydre touristique qui leur promit le « graal » régional, le Macchu Picchu. De nombreux dollars plus tard (l’Hydre étant très assoiffée et même un peu cruelle...), Jeannot et Jacquot pénétrèrent enfin dans le sanctuaire Incas, perché sur une crête surplombant deux vallées de forêt sauvage. Ils s’étonnent alors de la liberté qu’ils trouvent sur le site, traversant les cultures en terrasse et les maisons sans toitures, dévalant les marches qui sillonnent la ville en ruine, et s’extasiant sur les pierres Incas à 12 ou 22 angles… Abandonnant leur guide folklorique, ils se lanceront ensuite dans une balade enchanteresse de 6-7h dans cette végétation tropicale des Andes, sur les chemins des Incas, bâtis ou creusés à flanc de montagne, enjambant rochers, ruisseaux ou fossés, uniques voies pour se rendre dans des temples plus reculés ou pr apprécier différents panoramas depuis les sommets avoisinants. Le lieu est sublime, grandiose et majestueux, il exhale la culture, le sacré et le mystère. Jacquot sera très touché par le poids de cette civilisation et de l’Histoire qu'il ressent ici…
 
Nos deux compères poursuivirent leur route dans un bus de nuit pr le lac Titicaca. Ces trajets interminables sur les routes (36h Lima-Cuzco, 7h Cuzco-Puno, 8h pr Puno-Arequipa) les réjouissent et les usent tour à tour ; des moments de repos, de discussions, truffés d’anecdotes rigolotes ou rageantes, mais la longueur de ces correspondances les rends parfois énervantes et ennuyeuses…
 
A peine arrivés sur les rives du lago Titicaca, Jeannot et Jacquot s’embarquèrent sur le premier bateau pr les îles péruviennes (Amantani et Taquilé) de ce lac immense, encerclé de montagnes, qui sépare le Pérou de la Bolivie. Au delà des curiosités touristiques comme les iles flottantes des Uros (fabriquées de ttes pièces à partir du roseau local) ou les traditions vestimentaires des habitants de Taquilé (ils montrent leur statut marital par la couleur de leur habits), c’est d’abord l’expérience humaine qui ravît Jacquot. Les deux amis dorment en effet chez une insulaire, madame Irma (et ses 2 enfants), dont le flegme quechua et la dignité indienne s’accordent à merveille avec le dénuement, l’isolement et la pureté de ces petites iles dont on fait le tour en 2-3h de marche. Jacquot se sent apaisé dans cet environnement minéral et silencieux, où l’impact humain est quasi imperceptible (pas d’électricité, d’hotel, de voiture, de vélo ou de chien). La vie au rythme du soleil et de la bougie, la lumière des soleils couchants, épurée par l’altitude, inciteront même nos amis à rester une nuit de plus sur ces îles protégées par les temples des antiques Pachamama et Pachapapa… Un petit goût d’éternel…
 
Aprés une brève escale a Aréquipa, ville culturellement et architecturalement marquée par l'emprunte coloniale espagnole et 2eme ville du pays (700 000 habitants contre 9 millions à Lima!), une nuit de transit dans un club liménien, Jacquot et Jeannot repartirent pr le Nord du Pérou, à Iquitos, ville tropicale posée sur les rives de l'Amazone, accessible seulement par bateau ou avion... C’est la porte de la « selva », la jungle amazonienne.
Jacquot hallucine en arrivant dans cette ville où l’humidité le fait transpirait à grosse goutte. C’est pourtant la saison sèche !
On ne circule quasiment qu’en motos ou mototaxis (sorte de rickshaw). Les rares bus n’ont pas de fenêtres, il fait bien trop chaud ; et de tte façon, tout s’arrête s’il pleut donc ca n’est pas gênant. Nos amis trouveront sur la Plaza de Armas de la ville une maison en fer, construite par Gustave Eiffel, transportée et remontée par un nabab du caoutchouc le siècle dernier… Esthétiquement sans intérêt, Jacquot reste persuadé que cette anachronisme illustre un peu le surréalisme de cette ville ! Le marché de Belén aussi ; espèce de bidonville de huttes sur pilotis construit dans le lit du fleuve. Jeannot et Jacquot le traverseront sous le cagnard de midi rendant le lieu encore plus insupportable et suffocant. Incommodés par les odeurs de poissons qui flétrissent au soleil, les étals trop bas qui oblige à avancer courbés en permanence, les ordures qui jonchent le sol, les groupes de charognards (vautours) qui se régalent à qlq mètres des enfants, Jacquot et Jeannot ne peuvent qu’imaginer ce même marché pdt la saison des pluies, qd le fleuve est au plus haut et que ces mêmes détritus sont recouverts par des mètres d’eau. Le gens se déplacent alors en kayak pr faire leurs courses ; c’est certainement moins sordide… Là, Jacquot a un peu l'impression de "visiter" la misère des autres, comme s'il s'agissait d'une attraction exotique...Le crépitement du flash de son camarade et d'autres touristes le mirent mal à l'aise...
 
En fait, c’est surtout les 4 jrs passés dans la selva qui ont motivé nos compères à venir là où naît le fleuve roi, l’Amazone, qui s’écoule ensuite sinueusement jusqu’aux côtes atlantiques brésiliennes. 
Jacquot et Jeannot s'éloignèrent de qlq centaines de km d'Iquitos, par l'unique route qui rejoint Nauta, puis par bateaux à moteurs et à rames afin de s'immerger dans 
« l’enfert vert » de la jungle.
L'enfer s'est avéré être un paradis.
Le climat tropical, la chaleur humide, les moustiques et autres bestioles (fourmis très agressives) n'étaient que de très petits désagréments face à la découverte du gigantisme de cette jungle : les deux amis partageront la vie tranquille et rigolote des indiens locaux (cultiver-yucca/fruits/riz, pêcher-piranhas/tucunaré, manger-ananas/papaye/pastèque, boire-whisky de la selva, glander et converser dans des hamacs/dans des bars de la selva, boire-biere/rhum, jouer au foot/après avoir tondu le terrain municipal à la machette bien sur, ...), ils verront qlq animaux exotiques (singes, bébé caiman -goût très proche du poulet-, anaconda, toucans, perroquets, etc), s’endormiront bercer par les mouvements de hamacs -un délice de paresse- ou le tangage des lanchas, avec toujours en fond sonore le bruit des animaux. Enfin, ils profiteront des cours de botanique donné par leur hôte -de la liane qui fournit de l'eau potable qd on la coupe, aux plantes médicinales et épices de la jungle-, se doucheront sous la pluie tropicale ou se baigneront dans le rio verdâtre...
Cette simplicité de vie, les gens rencontrés là-bas, la quiétude des lieux ont fait de cette découverte de la jungle le coup de cœur de Jacquot. Il repense souvent depuis à ce qu’il a ressenti là-bas : être à l’écart du monde, à l’abri de la pression sociale et des contraintes de tps. Une liberté paradoxale puisque la nature parfois hostile nous emprisonne (Nous avons rencontré qlq’un qui s’est perdu 8jrs dans la jungle en allant de balader à coté de chez lui !!!) mais nous protège de l’extérieur…
 
C’est sur ce petit nuage vert que Jacquot a du quitter son ami et retourner étudier sous les latitudes chiliennes…
Les deux amis n’auront pas rencontrés de shamane comme il l’avait d’abord espéré, mais cette dose d’émotions accumulée dans les regions pittoresques du Pérou a fourni à Jacquot le « fix de voyage » dont il avait besoin après son arrivée décevante dans l’américanisme chilien.

Il prend peu à peu conscience de l’immensité et de la complexité de ce continent latin avec tous ces reliefs à surmonter (jungle, salars, Andes, déserts), de son unité disloquée à l’image de la langue : cet espagnol que l’on parle partout, mais dans chaque pays différemment... Il attend avec une impatience difficilement contenue sa prochaine expédition dans les steppes patagones du Chili et de l’Argentine…
Eh oui, un fix est un fix, il en appelle toujours un suivant !
 
A suivre ???
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Mercredi 3 octobre 2007
par Dubitatif publié dans : Just Chili'n
29/09/2007
Me voilà de retour a Valparaiso, pour ma première soirée ds cette ville...
 
Aprés qlq pas dans ces rues si singulières du Cerro Alegre, je me pose sur une terrasse en savourant une shisha a la papaye (gout moyen). J'attends la nuit...
Le soleil se couche trés vite semblant fagocyté par les nuages de l'horizon.
Les collines de Valparaiso s'illuminent progressivement de centaines de lumières...
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Il est maintenant 5h30 du matin et j'ai retrouvé des "nouveaux amis" intercambios et chiliens plus tot ds la soirée avec qui je cherche désormais un resto...
En effet, on sort d'un bar et on a faim: au détour d'un virage, l'un d'eux pousse une grille puis tappe à une porte sous forme de code sonore. Nous sommes une dizaine à attendre, un judas s'ouvre, une bouche édentée échange qlq mots avec le leader autoproclamé de notre grpe puis la porte se dévérouille bruyamment et nous entrons dans ce qui semble etre un appartement aussi grand que délabré. Au bout d'un long couloir où s'aligne qlq tabourets occupés par des clients, nous débouchons dans ce qui pourrait être un immense salon où sont disposées une petite dizaine de tables. L'endroit est bondé; étonnemment, il y a surtout des petits vieux qui sirotent leur cerveza en fumant abusivement. Un guitariste octagénaire anime le lieu avec plus ou moins de succés, mais je déduis assez vite qu'il a du inspirer le nom de l'endroit: "el rincon de la guitarra".
J'apprends alors par un de mes guides qu'il s'agit d'un des 2 ou 3 endroits de la ville (personne ne sait vraiment combien il y en a) ou l'on peut encore servir de l'alcool aprés une certaine heure de la nuit (je n'ai pas tt saisi mais c'est lié à une histoire de loi anti-alcool qui est passé il y a qlq années...). Ce resto clandestin (car on peut aussi manger ici des beignets de poisson avec des pommes de terre froide -menu unique-, c'est d'ailleurs pr ca qu'on est venu!) est le lieu de rencontre de ceux qui finissent leur nuit de travail, de qlq'uns qui commencent leur journée, il y a aussi des habitués qui restent tte la nuit ici (ca ouvre a 2h du matin) et qlq jeunes comme nous prolongeant leur soirée jusqu'au petit matin...
Me voila donc mangeant un poisson bien trop gras pr être bon (même si a cette heure ci, dans cet état, tout me semble gastronomique) dans cet endroit surréaliste.
Les murs laissent apparaitre des lézardes effrayantes de plusieurs centimètres. La peinture qui a du étre bleu clair (comme en témoigne un coin de plafond étrangement intact) a quasiment disparu de tous les murs au profit d'un blanc sale éclairé par un néon violent; le mobilier est plus que spartiate et je doute qu'on vienne ici pr le cadre agréable...
Néanmoins, l'endroit me plait, je le trouve intriguant...En fait, il incarne les valeurs de cette ville qui me séduit tjrs plus: il y a ici du romanesque, du mystérieux, du secret, de l'inattendu, de la folie...
 
On ressort deux heures plus tard, l'estomac un peu lourd. Le soleil s'est entre-tps levé. J'apercois un micro (bus local) qui passe par là; je le héle, salue briévement mes camarades, et court vers le bus qui ralentit afin que je puisse y sauter...
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Dimanche 30 septembre 2007
par Ju l'indien publié dans : Just Chili'n

20/09/2007:
Aujourd'hui enfin, après une courte nuit, j´ai enfin trouvé la motivation pr aller a la découverte de Valparaiso, a seulement 15 minutes de "microbus" de Vina del Mar... (Grosse motiv' donc!)

Vu de la mer, ça n´est qu´une ville jumelle de Viña mais une fois passé la rangée d´immeubles du front de mer et le grand port marchand, c une toute autre ambiance. Oublié la laideur de Vina et Santiago, me voila plongé ds un univers radicalement différent des standards urbains chiliens que j'ai vu jusqu'alors...

C'est une ville bigarrée, bariolée, colorée dont les vieilles bâtisses coloniales et les sinueuses rues en pentes suintent la vie et le peuple. La ville est composée de nbeux "cerros" ou collines disposées en amphithéatre qui descendent vers la basse ville, plus commerçante, puis le port et la mer...

La ville basse grouille de monde; je m'y fais happé par des vendeurs à la sauvette, hâbleurs et plutôt sympathiques, je manque de m'étrangler avec ces toiles d'araignées de fils électriques qui s'étalent a tous les coins de rue et je m' ébaudis a chaque instant en découvrant les milliers (voire millions) de tags rebelles qui parsèment les murs.


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Dans les hauteurs, tout semble d'une autre époque, notamment les "acensores", datant de plus d´un siècle, sorte de funiculaires brinquebalants qui s´apparentent à des remontées mécaniques (sur lesquelles on aurait bien évidemment mépriser tte norme de sécurité), facilitant l'accès au sommet des cerros; pr redescendre, on préférera les escaliers qui, s'alternant avec des toboggans et des passerelles de bois, se fraye un chemin entre les charmantes maisons. Peu de voiture et bcp de silence sur ces hauteurs, rien à voir avec la fourmilière d'en bas...

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Une fois au sommet du Cerro Alegre (un des plus beaux avec le Cerro Concepcion), laissant la mer ds mon dos, je jette un oeil aux autres collines: des centaines de maisons aux couleurs vives semblent avoir été jetées sur les cerros avoisinants: de la paillote, au palais, en passant par toute une palette de bicoques sur pilotis ou de bâtiments massifs, tte cette faune architecturale coexiste á merveille sur les pentes escarpées de la ville...

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Je me retourne vers la mer: la vue sur la baie de Valpo est belle, elle a du être superbe autrefois, le port et ses grues gâchant un peu le panorama actuel: le Pacifique s´étend a perte de vue...

C´est, je crois, ce genre d´endroit qui alimente ma soif de voyage: je prends plaisir a me perdre ds les rues de la ville mais aussi bcp á m´évader ds son histoire et ses légendes: je fantasme sur cette ancienne cité
pirate, rêve de de son passé glamour et me délecte de son présent torturé...

Le jour baisse...Il me faudra revenir au plus vite pr continuer mon exploration...
Mais enfin, je pense "Viva Chile"...

 

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