Le microbusero est un personnage incontournable à Mexico. Ce
spécimen es
t un homme de 35 à 70 ans, chargé en gomina et en
tacos, collectionneur d’icônes religieuses et doué d’un sens du DJing contestable. Aux manettes de son vieux minibus pétaradant, les crucifix et autres amulettes au vent, il sillonne les rues de
Mexico, terrorisant tous ses habitants.
Le chauffeur de « pesero » (=microbus) ne possède pas son véhicule, mais il n’y règne pas moins en maître. Il saura très bien insulter les passagers omettant de s’amasser au fond ou faire monter et descendre les usagés en route, quelque soit le genre et l’âge. Quand le bus est plein, les derniers s’accrochent aux portes, et serrent les fesses. Car le royaume du busero s’étend à toutes les routes de la ville. Comme je le disais, il existe une entité propriétaire des camions ; ce sont des députés et d’autres puissants difficilement inquiétés par la justice. Une bonne mafia se partageant le réseau routier. Donc tout le monde s’écarte du chemin : les voitures se rangent, les piétons se jettent. Le chauffard a la bénédiction des autorités terrestres et des autorités célestes, et il le fait savoir en faisant ronfler son tas de ferraille dans les embouteillages ou en frictionnant les pare-chocs. Cependant, la bénédiction (en tout cas en ce bas monde) se limite au camion, et il arrive que notre personnage se fasse éclater à un feu rouge par un conducteur excédé.
Pour contrer ce comportement de vandale, une campagne de prévention a fleuri. Ce sont des affiches mettant en scène le Che, ou d’autres personnalités, exhortant nos chauffeurs à se comporter plus civiquement.
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