Dimanche 17 septembre 2006
par Jerem publié dans : Sur la route du Mezcal

D'habitude, je refuse de relever ce genre de choses. Quand vous saurez ce que j'ai entendu comme énormités, vous me pardonnerez d'avoir abusé de notre tribune. Il faut que j'apaise mes pensées.

Hier soir, j'étais invité à dîner chez des Mexicains. Tous pour Calderon (l'autre est un "communiste stalinien"). Tous plus riches que la plupart des autres Mexicains. J'avais déjà eu l'occasion de remarquer à quelle point la richesse peut rendre rogue et obtu, mais pas à ce point là.

Le thème majeur de la soirée était l'homosexualité masculine. D'abord, les définitions. Un homme qui aime un autre homme est "homosexuel", "gay", "metrosexuel" ou "puto". Ensuite, les poncifs habituels sur l'origine, non, la "cause" de l'homosexualité. Mélange détonant de psychanalyse radicale et de pseudo sociologie.

Puis, si je peux dire, la débandade. Le grand déballage. Florilège : "Il ne faut pas dire aux enfants que l'homosexualité est normale" ; "80 % des homosexuels le sont pour des raisons génétiques" (sic) ; "Les crimes passionnels ont lieu le plus souvent au sein de couples homosexuels"...

Le bouquet final, une série de blagues sur les homosexuels les plus célèbres. "Superman ! dit l'un des facétieux. Il n'y a qu'un dégénéré sexuel pour mettre des sous-vêtements par dessus des collants !" J'avoue que j'ai ri à celle-ci, de loin la meilleure. Les autres concernaient Winnie l'ourson et ses amis.

A la (dé ?)charge de mes commensaux, je ne comprenais pas tout ce qu'ils pouvaient raconter.

Autant vous dire que je bouillais sur ma chaise. De dépit et de honte. Honte de ne rien dire. C'eût pourtant été facile. Ce n'était pas Philippe de Villiers qui vous sort une étude américaine fictive sur le supposé danger pour un enfant d'avoir deux parents du même sexe.

Bref. Ce soir là, je me demandais ce qui était "normal"...

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