Les jeunes couples non mariés prétendent aller à l'université et se retrouvent dans les parcs
ALTERMONDIALISME ?
Stop! Stop! Stop! Commercialization of Human Emotions!!! No to Valentine Day!!! Hors contexte, nous serions bien enclins à soutenir la cause : on pense lutte contre l’économisme ambiant qui cherche à absorber tous les aspects de l’humain dans la logique du grand marché. Rappelons dans ce sens, sur le plan théorique, la « rationalisation » de l’amour et du mariage par la théorie du marché matrimonial du « Nobel d’économie » Gary Becker. Citons, sur le plan commercial, le matraquage publicitaire de l’idée – déjà assimilée pour la fête des pères, des mères et des grands-mères – que l’intensité de l’amour conjugal s’exprime par la célébration mielleuse et consumériste de la Saint Valentin.
Mais, à Delhi, Bombay ou Calcutta, le big NO to Valentine n’a de tenants que des conservateurs opposés à l’émancipation féminine comme ceux du Sri Rama Sena – gardiens autoproclamés de la culture indienne – qui ont dernièrement agressé violemment un groupe mixte de jeunes à Mangalore qui avaient le tort de fréquenter un pub.
"LA CULTURE DU PUB N'EST PAS LA CULTURE INDIENNE" BS Yediyurappa, Premier ministre du Karnataka
Cette milice, loin d'être isolée, trouve ses racines dans une large frange de la société qui rejette la place nouvelle de la femme promue par la culture mondialisée.
Pour brider la société indienne face aux influences extérieures, la Police Morale est à l'affut du moindre PDA - Public Display of Affection, délit aux contours flous passible de 7 ans de prison.
Dernièrement, un couple a été jugé pour s'être "assis dans une position critiquable et s'être embrassé, [ce qui] a incommodé les passants". Etant marié, le couple a finalement été acquitté. Mais le French kiss, le lip lock (le smack) et même le port de vêtements assortis à ceux de sa moitié peuvent être considérés comme des démonstrations publiques d'affection.
Un couple devant South City Mall, le dernier centre commercial en date de Calcutta.
SAUVE PAR LE LIBERALISME ?
A la différence de Bombay ou Delhi, Calcutta est moins exposée aux influences occidentales. La ville d'aujourd'hui n'est pas si différente du Calcutta de Louis Malle (1969). Le choc est donc moins flagrant, mais la culture plus traditionnelle encore.
S'assoir côte-à-côte dans un parc pour bavarder est déjà d'une certaine extravagance, et les badauds ne manquent pas de le faire comprendre. Les regards sont appuyés, et certains n'hésitent pas à aller poser des questions sur le statut marital du couple suspecté de s'aimer.
Les couples "modernes" se réfugient souvent dans les malls pour se sentir moins observés. Ces centres commerciaux à l'américaine, qui depuis peu, jaillissent de terre dans différents quartiers de la ville, sont des bulles, des forteresses presque irréelles qui reproduisent l'atmosphère consumériste de l'Ouest. Ici, plus qu'ailleurs, les filles portent des jeans, on se tient la main, on s'embrasse même parfois au pied d'une grande affiche publicitaire pour un parfum ou des bijoux.
A chaque quartier de la ville son code implicite des comportements à observer. Par crainte d'explosions de violence le jour de la Saint Valentin, le quotidien The Telegraph a publié un tableau récapitulant ce qu'un couple peut ou non se permettre en fonction d'où il se trouve dans la ville.
Voici ce qu'on pouvait y lire :
Pecking Order
On the metro
Yes : holding hands
No : Hugging, kissing, cuddling, standing close
Salt Lake and South Calcutta
Yes :Holding hands, hugging, pecking, cuddling
No : Smooching
Park Street
yes : Holding hands, hugging, cuddling, kissing (even a smooch is ok sometimes), heavy petting (okay sometimes)
North Calcutta
Yes : Holding hands (sometimes)
No : Hugging, kissing, pecking, cuddling
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