Jeudi 17 août 2006
par hen al publié dans : Sur la route du Mezcal

Ca faisait deja une semaine que je bossais, il me fallait donc quelques jours de repos. C'est que travailler en altitude est fatigant, et heureusement que ma chef l'a bien compris!

Le 15 aout etant ferie, nous avons decide, mon collegue stagiaire et moi-meme, de s'offrir le lundi pour disposer de 4 jours de peregrination. Nous sommes accompagnes les deux premiers jours par un espagnol tres sympathique. Voila pour le "plantage de decor".

la premiere destination sera Guanajuato, ville coloniale estudiantine, ou l'on compte sur un etudiant subordonne ( ah l'abus de pouvoir) pour nous trouver un point de chute. Ce garcon vient nous chercher a 3h du matin a la station de bus en jeep et nous amene a la maison qu'il a mis a notre disposition. Il nous conduira tout le week end, nous payera les entrees de musees, nous invitera a manger dans l'hotel 5 etoiles de son pere...C'est plutot bien parti.

Dimanche soir. On bouge sur San Miguel de Allende, autre bourgade tres coloree, au grand dam de notre hote qui trouvait qu'il n'en avait pas assez fait pour nous!

Apres un copieux repas (comme toujours compose de puree de faillots, de tacos et de quesadillas), nous nous renseignons sur les possibilites de sortir en ce jour du seigneur. On nous deconseille si vivement "el Ring" pour ses risques de bagarres que nous nous decidons a aller a la rencontre de ces rustres "rancheros". Nous debarquons dans une arene ou l'entree comprend 4 boissons, signe annonciateur d'une possible ambiance electrique. La population? des grosses, comme toujours, des Cypress Hill, et des bouseux. L'Experience sociologique. On est les deux seuls etrangers; et ma blondeur me fait passer pour un gringo. Pas l'ideal. On me demande souvent pourquoi je ne danse pas, si c'est parce que je n'aime pas leur musique, on veut absolument me parler en spanglish, et leur meuf nous regarde avec envie tout en dansant avec leur homme. Mais on en trouve vite un a la fois bonhomme et costaud. Ce sera notre ange gardien. la seule contrepartie, c'est qu'il faut que nous dansions avec ses deux nieces obeses, et sur une musique insupportable. On s'en sort sans dommage.

Le lendemain, nous rappelons ce collegue ranchero qui nous invite illico au ranch de son pote pour une ballade a cheval. Tequila sur la route. Grande promenade dans ce qui s'apparente  a la pampa. Pose improbable dans une sorte de bar au milieu de nulle part. Biere. On repart. Le gamin qui nous sert de guide me met au defi de faire une course; chanceux, j'avais le cheval le plus rapide. Mais alors qu'on approchait l'arbre d'arrivee, ma monture se prend les pieds dans mon lasso et s'explose l'arriere du sabot. J'arrive a convaincre notre pote ranchero de prendre la blessure au serieux: il la desinfecte a la biere. Et puis on rentre a la base, on se rafraichit le gosier de plusieurs bonnes tequilas avec les campesinos. Ces derniers nous confie leur haine des gringos et leur envie de visiter l'Europe.

Le jour suivant, nous troquons nos tornados contre des quads. Puis on finit aux aguas thermales avec les vieux ricains du Texas. Week end de bonne augure, non?

 

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Dimanche 6 août 2006
par gabo publié dans : Bagus Indonesia




Benoit, Bali, Impossible beach, samedi 5 Aout

Le soleil se couchait, le ciel se revetait progressivement d'un subtil melange de couleurs. Nico, Simon et moi sortons de l'eau, Benoit reste encore pour quelques instants a l'eau, pour prendre une derniere vague. Difficile d'en dire plus...



Une belle journee, avec le plus gros swell que nous ayons eu depuis le debut de notre trip. Des series a 3,50 m parfois 4 m... En fin d'apres midi, la houle est redescendue et nous avons pu rejoindre Benoit, qui a surfe les grosses series du matin.
Nous partons mardi pour un boat trip d'une semaine. Destination Lombock et Sumbawa, deux iles plus au sud, avec comme ailleurs des belles vagues...
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Mercredi 2 août 2006
par Jerem publié dans : Dubitatif

Voilà, j'étais au journal, comme tous les jours, et c'est plutôt calme en ce moment. Donc nous discutions de la guerre du Liban. Difficile.

La discussion tournant au vinaigre, nous dérivâmes vers des sujets plus généraux, plus philosophiques...

Les démocrates, les humanistes d'Europe et d'Amérique doivent-ils et peuvent-ils exporter leurs valeurs issues des Lumières vers les pays qui en sont dépourvus ?

Je suis, d'habitude, du côté de ces universalistes. Mais les mots s'échappant, je me pris à dire que j'étais un fervent relativiste. Que le bien et le mal, ça ne veut rien dire, qu'il y en a en chacun de nous, etc. Tout fier d'exposer ainsi ma culture areligieuse et mon anti-judéochristianisme.

Bien sûr, je ne transige pas avec la liberté, la liberté d'expression, la liberté de la presse (qui sont le fruit de la Révolution bien sûr, mais aussi, quoiqu'on en dise, des longs siècles religieux qui l'ont précédée). De même, je trouve inique l'ancienne loi talibane qui interdisait à quiconque de sourire dans la rue. Pareil pour les règles insensées en vigueur en Iran, en Corée du Nord, etc.

Mais : sourire, c'est naturel. Là où on peut se poser des questions, c'est lorsque l'on passe du naturel au culturel (le port du voile pour les musulmanes par exemple)... La liberté est-elle naturelle à l'Homme ? Je crois que oui.

Ai-je le droit de vouloir changer les autres et d'imposer ma culture, mon histoire, mon "programme de vérité" comme disait Veyne ?

Le relativisme, c'est dire que toute chose, toute institution, toute énonciation est dépendante d'une culture donnée, à un moment donné, et en serait incertaine et sujette à caution. Cette première énonciation serait donc, aussi, elle-même soumise à la relativité et se révélerait caduque et sans substance.

Donc le relativisme est très limité... par lui-même.

Partant, on peut légitimement croire en la vérité et en la justesse des valeurs de liberté... et vouloir les imposer face aux tyrans et autres despotes, qu'ils soient religieux ou laïcs.

Mais là, on risque de tomber dans l'autre extrême qui est l'absolutisme, qui a d'ailleurs mené au colonialisme.

Alors voici ma question : peut-on être universaliste sans être absolutiste ? Et, surtout, comment ? Quel est le juste-milieu entre relativisme (qui est souvent l'expression d'une tolérance bonasse) et universalisme ?

Merci de vos réponses. Car ici, je ne sais pas si vous avez vu la cover de cette semaine, on s'ennuie un peu.

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Mardi 1 août 2006
par le paresseux publié dans : Dubitatif

une question viendra d'abord à l'esprit de mes camarades dubeurs, pourquoi est-ce en ce 1er août que le paresseux décide de sortir le museau de son trou?

L'imbécile de blond à peau blanche que je suis eût l'envie subite de participer à un match de football en plein soleil, sous 35 degré et des poussières. Le coup a été rude, et me voici allongé dans ma chambre, rouge sous un masque régénérant de biafine, à sentir petit à petit ma peau se liquéfier...

je vous sens, camarades, en proie à d'autres violentes interrogations. Quel désespoir a conduit le paresseux aux poumons encrassés vers un terrain de sport, alors qu'il ne connaît pas la signifcation du mot effort ? Un paresseux dort en moyenne 22 heures par jours. Il se nourrit des plantes vénéneuses pour les animaux qui l'entourent afin de n'avoir aucun ennemi. Il vit lentement, très lentement, produit un minimum d'énergie. Il peut rester des semaines sans bouger. . 90% de sa vie est voué au sommeil (imaginez la part des rêves...), il ne connaît aucun prédateur et ne possède aucune proie... quelle meilleur symbole de sérennité ! Cette digression sur notre cousin est sans intérêt ; elle ne fait que reflêter mon affection pour lui ; Oh, Bouddha, réincarne moi !

je regrette que mon premier article sur ce blog ne concerne pas l'asie du sud-est. J'y ai pourtant vécu d'intenses expériences. Un jour (...) je complèterai les photos...

Mais pour l'instant c'est un autre voyage, s'il on peut le nommer ainsi, qu'il me faut vous narrer. Je me trouve actuellement en Turquie, plus exactement à Bodrum, une ville de la côte égéenne sud. Contrairement à l'année dernière, je prends le temps de partager cette expérience avec vous mes chers camarades, car le temps ici est beaucoup moins précieux. Je suis dans ce que l'on pourrai appeler une cage dorée, loin des habitants et de la culture turque (pardon, nous aurons ce soir un spectacle en habits traditionnels...).

Mon arrivée ici me renvoie à de curieux souvenirs que, j'en suis sûr, vous partagerez. Descendus de l'avion, nous sommes accueillis pour un jeune homme très sympatique, large sourire, bonne humeur et polo rouge... Dans le bus qui conduit à l'hôtel, il nous donne des informations pratiques, intercalant quelques touches humouristiques qui font leurs impressions... C'est un cauchemard, je reviens deux ans en arrière, et me revois en partance pour le week-end d'intégration

Mes souvenirs se perdent un peu plus loin. le dernier voyage famillial de ce genre, c'était il y 6 ans, au Sénégal... Je ne vous avez certainement jamais dit que j'étais aller au Sénégal, car je considère avoir passé une semaine sur une plage européenne en Afrique, résidu de l'époque coloniale. A l'époque j'étais stupéfait de voir les chefs d'entreprises et leurs épouses se divertir en imitant l'éléphant (la trompe étant le bras, je vous laisse le soin d'imaginer la posture), en chorégraphie sur de la musique disco. et tout le monde il est beau... j'avais à l'époque du mal à comprendre d'où leur venait ce goût pour le ridicule et le kitsch, quoi qu'il s'agisse d'un point de vue subjectif ; nous avons tous notre kitsch, le mien c'est les années 60. Et l'association avec le ridicule d'une chorégraphie infantile, c'est ce qui leur permet de relâcher la pression des cayennes qu'ils brassent chaques jour que le dieu capitaliste fait.

Camarades, vous le voyez, inconsciemment, l'edhec nous a encore appris quelque chose, grâce au ridicule de ses chorés : elle nous a initié au vacances du manager, loin du stress de son travail, là où il découvre une autre culture, un autre pays dont il repart avec foule de souvenirs : la plage de son hôtel, l'excursion dans le temple de la cité voisine, le tapis marchandé dans le bazar du village, mais surtout, l'impression d'avoir été soi-même pendant une semaine où il a retrouvé l'ambiance des meilleures années de sa vie, l'époque de l'insouciance et de la liberté, ses années d'écoles de commerce.

 

Enfin mes chers frères, je vous le dis, je me retrouve ici par hasard, le même qui m'a conduit à vous rencontrer en intégrant notre chère école, le hasard de la naissance. Et comme je ne souhaite pas vivre  dans l'oisiveté la plus complète, en attendant de m'échapper quelques jours pour avoir un aperçu de cette partie de la Turquie, j'ai décidé de reprendre une vie saine, pleine de légumes et de sport. Ainsi vous savez pourquoi le paresseux est allé se brûler le visage en courant après un ballon : tout simplement par ennui...

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Lundi 31 juillet 2006
par gabo publié dans : Bagus Indonesia

Parmi tout ce que nous entreprenons, les trajets revetent une dimension bien particuliere, reveillant et melangeant simultanement une certaine aprehension, de l'excitation, de l'assurance, de la tranquilite, un sentiment d'insecurite... tout est confu ! La gestion de l'inconnu n'est pas si facile.

Apres 6 jours  lagundri, nous avons quitte son "confort et sa facilite" pour nous rendre a Afulu, petit village de la cote ouest de l'ile. Nous sommes desormais les deux seuls blancs, et aussi les deux seuls surfeurs... La vague de Lagundri etait pourtant magnifique, entre 1m et 2m, jour et nuit, avec un vent offshore en permanence qui creusait les vagues a la perfection...mais la 20aine de surfeurs dans le village est devenue de trop pour nous. Nous en avons bien profite, en 6 jours on a du prendre l'equivalent de deux etes en France ! J'y ai eu mon premier tube et Benito a travaille machinalement ses rollers... et meme si en etant a l'eau a 6 heures du mat' on pouvait surfer tranquille avec trois-quatre types, ce n'etait pas suffisant ! On voulait notre vague, rien que pour nous... et on l'a bien trouve ! Une gauche parfaite, bien longue, assez dangereuse a l'inside et sur la fin... rien que pour nous !

Ahmid, l'algerien de notre losmen nous a donne des infos plus ou moins precises pour nous rendre a Afulu, et nous voila donc a nouveau sur la route... On a rebrousse chemin vers Gunung Sitoli (ville principale de l'ile), en micro bus, bien entasses comme d'habitude avec des indonesiens ramasses sur le chemin. Dans toutes les conversations que nous avons eues a propos d'Afulu, ce petit village isole deserte des rares occidentaux depuis le tremblement de terre, l'idee principale qui emergeait etait toujours la meme : '" faites attention la bas, les gens et la nourriture sont bizares..." On essayait de comprendre pourquoi tout etait bizarre et de quoi il faudrait nous mefier,  mais on en a jamais su davantage. Les gens d'Afulu sont selon certains Gunung sitoliens bizares, un point c'est tout... pas tres rassurant pour un debut ! Changement de micro bus a Gunung sitoli pour Lahewa, village au nord de l'ile. La distance entre ces deux villes n'est pas bien grande, mais les routes sont dans un tel etat de delabrement que le moindre trajet dure de longues heures... Depuis notre depart de Lagundri tout a ete prevu : on nous passe de mains en mains, de cousins en cousins... les uns se chargent de notre logement, d'autres de notre transport... notre argent reste dans leur reseau ! Nous avons vraiment pris conscience de l'isolement qui nous attendait a Afulu lorsque nous sommes arrives a Lahewa et que nous avons negocie notre transport pour le lendemain et prepare les engins : une moto et un chauffeur pour chacun et une moto supplementaire pour nos planches de surfs, qui une fois bien ficelees sur des planches, donnait a notre convoi un caractere bien exceptionnel ! A sept heures du matin, et apres une secousse sismique pendant notre nuit, nous avons quitte Lahewa par l'unique voie possible : un chemin plus ou loins large, longeant les villages, serpentant au milieu du vegetation luxuriante... welcome to the jungle !

On croise des dizaines de petits ecoliers en unifome qui s'arretent et nous regardent ebahis. Les plus temeraires lachent des "Hello mister !", repris de vive voix par les plus timides... Notre convoi est l'attraction du matin, nous sommes meticuleusement scrutes par les enfants comme par les plus vieux. Les expressions du visage different : des grands sourires auxquels nous repondons avec soin, de l'etonnement, de la mefiance... certains sont impassibles, d'autres nous accordent un salut amical. Ce n'est pas evident de s'imaginer l'acceuil qui nous sera reserve a Afulu... Serons nous les bienvenus ? Quoi qu'il en soit nous conservons notre sourire, esperant que celui ci traduira nos bonnes intentions.

Voila maintenant trois jours que nous sommes arrives et l'apprehension que nous avions s'est bien estompee. Nous sommes ici comme des princes, loges dans la maison la plus chic du village, tout le monde est aux petits soins. Chaque jour, Benito prete une planche a un type qui vient s'essayer au surf, plus par plaisir de nous accompagner que par reelle motivation pour la glisse. Nous avons dix minutes de marche pour nous rendre a la plage et a notre passage les petits nous lancent des "hello mister" de tous les cotes. Avec ma taille, j'ai herite du surnom "mister long" et je suis le number one du badminton, car le soir venu une des occupations principales est le badminton sur le terrain eclaire a l'aide d'un groupe electrogene.

Encore une dizaine de jours ici, puis nous descendrons a Bali dans la jungle humaine... On passe d'une jungle a l'autre, l'essentiel etant de ne pas se perdre !

 

 

 

 

(je publie ces articles sur le blog depuis Bali... on est arrive hier, tout va bien, je donnerai un peu plus de news plus tard ! Papa, Mama, pas de stress, j'ai tout ce qu'il me faut et le tsunami de la semaine passee ne pas encore emporte !)

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Lundi 31 juillet 2006
par gabo publié dans : Bagus Indonesia

Il existe differentes especes de surfeurs, mais d'une maniere generale on peut assez facilement affirmer que les surfeurs sont des cons, des imbeciles pas bien lucides, difficilement raisonables. Suivant leurs pays d'origine, on peut leurs attribuer certaines caracteristiques propres. Les francais par exemple ont une facheuse tendance a ramer dans tous les sens, et sans aucune patience, ils cherchent a prendre des vagues sans attendre leur tour. Les australiens taxent impassiblement , ils ne se posent pas de questions et te prennent sans aucuns scrupules les vagues qui te revenaient.

En plus de ces influences regionales, s'ajoute le caractere du surfeur. Il y a ceux qui transpirent l'aggressivite : le moindre geste, le moindre regard, la voix... tout est agressif, mieux vaut ne pas s'y frotter. Il y a ensuite les "gardiens du temple". Nous avons le notre a lagundri, on le distingue facilement : il a une gueule de viking, les cheveux et la barbe rousse, il pese sans exagerer 150 kilos et il a une board bien fat, ajustee a son poids. Il est americain, vient ici tous les etes depuis de nombreuses annees, il attend les vagues bien loin devant. Il se pretend local, ne jure que par le bon vieux temps ou il etait seul a l'eau. Il hait les touristes et gromele dans sa barbe, le tout avec un accent bien texan. Plus penible, ce sont les jeunes kids du coin, ils sont chez eux et te le font bien sentir : ils veulent ta vague, ils la prennent et t'en mettent ensuite plein la vue. Ils aiment narguer le blanc, parfois assez mechament d'ailleurs et te balancent sans trop de raisons des gros "Fuck you, Fuck you... FUCK !" Les faux culs, autre espece, essaient de se les mettre rapidement dans la poche en rigolant niaisement a toutes leurs blagues et pitreries. Espece plus rare, ce sont les "sages emerveilles". Tellement gentils, si doux, ils prennent leur temps, attendent patiemment leur vague, la bonne. Souvent assez ages, ils aiment contempler et savourent tous ces instants a l'eau...

Il y a encore bien d'autres especes, mais vous comprendrez aisement qu'un tel melting pot au pic ne peut etre helas source d'harmonie et de bienvaillance. L'atmosphere est tendue, les derapages bien trop frequents, et il emane parfois une certaine aigreur generale a la sortie de l'eau, chacun ayant ses raisons. Mais bon, c'est ainsi, et ca ne changera pas de sitot. Heureusement donc que l'on arrive toujours a se mettre une bonne session parfaite de temps a autres, entre potes, tous bien detendus... Une seule de ces sessions te redonne le smile pour longtemps...

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Lundi 31 juillet 2006
par hen al'ancienne publié dans : Bagus Indonesia

Benito prend sa douche avec une louche, qui sert aussi de chasse d'eau, j'ai la flemme donc je resterai sale pour cette nuit... il sort de la douche, s'ouvre une Bintang, la biere locale, et m'annonce fierement "ce soir on se la colle !" Cinq jours que nous sommes a nias, cette petite grande ile a l'est de Sumatra, enfin poses dans le losmen de Raffiel avec deux australiens et un algerien expatrie. Le trajet depuis Jakarta ne s'est pas fait dans la facilite...

Une premiere nuit a l'aeroport de jakarta, puis au petit matin on vol pour Padang. On a deja accumule une grosse fatigue, surement accentuee par nos premieres tablettes de malarone (traitement anti palu) et les quelques heures de sommeil grapillees sur la paillasse de notre station de Bus ne suffisent pas. Le trajet de Padang a Sibolga nous a pris une 15aine d'heures , a travers les petits villages, sous les averses frequetnes, entasses dans ce qu'ils appellent le "micro bus"... Cette soiree vous etiez devant votre television a regarder la finale france italie, et chose etrange il en etait de meme dans tous les villages que nous avons traverse... De une heure a trois heures du mat' (avec le decalage horaire), les hommes se sont retrouves dans le "bar du village" et ont pour la plupart vibre pour la france, nous saluant lors de nos pauses pipi et essence avec les noms de zidane, henry et ribery... Arrives a sibolga, petite ville portuaire pas tres acceuillante, la premiere galere se presente enfin : ma trousse a pharmacie et la montre de benoit disparaissaient pendant notre sieste, extenues, dans un hangar desafecte en attendant notre bateau. Puis tout tranquillement, avec le sourire, un gamin de cinq ans vient nous voir avant notre depart et nous fait comprendre qu'il detient nos affaires avec ses copains... Contre un peu moins de deux euros que nous lui cedons de bon coeur, nous recuperons nos affaires et embarquons enfin sur le ferry, en business Class, indispensable si l'on veut passer une nuit correcte, a l'ecart de la jungle humaine, des cris, de la chaleur etouffante et des odeurs nauseabondes... Fraichement debarques a Nias, le lendemain matin, nous avons ete une fois de plus rapidement convoites de toutes parts, interpelles par des "Hello Mister !" et c'est a nouveau entasses dans un micro bus familial que nous sommes partis pour Lagundri, premiere destination finale, sur des routes delabrees... L'ile de Nias a ete successivement touchee par le Tsunami de 2004 et un fort tremblement de terre en 2005. Les villages sont pour une bonne part completement devastes et les abris de fortune, ainsi que les baraques financees par l'aide internationale, se sont substituees aux habitations traditionelles.

J'ecris ces quelques lignes sur le papier, sur notre terrasse, en face des lignes de houle qui entrent machinalement dans la baie, jour et nuit. Notre programme depuis notre arrivee se resume a des sessions de surf, du matin au soir, dans cette eau bien chaude, sous le soleil ou sous les averses violentes... Des vagues parfaites, dont nous revons meme la nuit...

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Dimanche 9 juillet 2006
par gabo publié dans : Bagus Indonesia

Nias, kick ass !


Pour quelques liasses,

et des corones bien grasses,

on fuit la masse...

 

l'avion, le bus et le bateau,

quatre jours non-stop c'est chaud,

grave de galeres pour ses rouleaux...

 

Le palu est dans la place,

l'aviaire est sur nos traces,

j'vous parle pas de la chiasse...

 

Mais qui c'est qui envoie du gros?

dans les tubes vierges c'est le duo,

l'blondin gabo et l'clodo benito !

 

depuis Padang, cyber cafe miteux, 24 heures de vol, une nuit sur les bancs de l'aeroport, des ptites galeres, des belles rencontres, des sourires incroyables, une chaleur etouffante, une lethargie criante, 24 heures de bus et de bateau a venir, des plages epoustouflantes.... bref de nouveau le sac sur le dos, les surfs sous le bras, cette fois ci c'est l'indonesie, bientot perdus a nias avec le benito, ca rend heureux !

Bise a tous,

gabo

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Lundi 12 juin 2006
par Youssef publié dans : Dubitatif


Caveman
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Vendredi 9 juin 2006
par henzo publié dans : Dubitatif

 

 

 

 

 

 

 

 

Conférence EDHEC du 31/05/06 intitulée "Gérer des hommes, un défi commun?" en partenariat avec la Marine Nationale. 

 

 

 

 

 

Etaient présents un capitaine de vaisseau à toulon, un ancien militaire devenu ingénieur chez Thalès, un consultant chez EADS (ancien Edhec), un cogérant d’entreprises et leur audience, une quinzaine de personnes. Parmi ces dernières, deux étudiants très « vieille France » ; je me suis dis qu’ils venaient sûrement d’une école militaire en voyant la façon dont ils faisaient si docilement la boîte à rire. Sinon, on recensait surtout des étudiants solidaires du meneur de ce projet, pas trop concernés mais toujours très bon public.

 

 

 

La conférence débute sans surprise, avec les intervenants qui, l’un après l’autre et de gauche à droite, proposent leur définition du « leadership ». On s’exerce aux aller-retours entre l’armée et le civil, de façon plus ou moins habile :

 

 

 

« …c’est très différent ; dans l’Armée on expose des vies ! alors que dans le privé,[il ne s’agit] que[de]produire et faire du profit. »

 

 

 

 

 

Cette affirmation que l’entreprise n’affecte que des chiffres est réappropriée par le joufflu ancien Edhec, qui en rajoute une couche.

Et puis on glose. On se félicite de tous avoir la même opinion. Arrive le tour du quatrième intervenant, le « civil » de l’autel . Rejetant toubonnement le terme de leader, auquel il préfère « capitaine » ou « chef », il balance à son tour sa définition :

 

 

 

            « le capitaine, celui qui est seul entre les hommes et Dieu. »    

 

 

 

 

 

Pas de réaction. Il continue donc, en baissant moins la voix en fin de phrase :

 

 

 

« L’Autorité a disparu en France. Elle a commencé à décliner il y a 200 ans quand on a commencé à couper des têtes.[…]C’est pourquoi beaucoup d’entre vous veulent partir à l’étranger ».

 

 

 

 

 

Son exposé passe inaperçu, récoltant même quelques acquiescements. Maintenant complètement désinhibé, il s’engage alors sur un terrain beaucoup plus consensuel ici, celui de la critique gratuite et humiliante des fonctionnaires. Il exprime son effroi face aux résultats des sondages qui déclarent que 70% des jeunes veulent être fonctionnaires ». Un peu plus tard, une autre phrase me fait sursauter :

 

 

 

            « le chef est compétent ; s’il n’a pas d’autorité, il n’est pas compétent. »

 

 

 

 

 

C’était sûrement un lapsus. Mon voisin pense aussi. Mais comme Freud, j’y accorde de l’intérêt. Cela corrobore tellement son discours religieux prêchant le leader de droit divin ! Et ça correspond aussi tellement bien au brouillard de notre formation qui n’a de palpable que le « book des anciens ». Il faut un label, un titre, et hop ! les ¾ du chemin fait en un chèque… C’est donc bien révélateur mon cher Sigmund !

Enfin, ce même cogérant teigneux clôt le premier round en citant André Charlier, le catho qui a récemment inspiré la création d’une école hors contrat qui refuse la mixité, donc les filles :

 

 

 

« …Soyez des hommes libres, laissez les carrières de fonctionnaires à ceux qui ont un esprit servile. »

 

 

 

 

 

 Les boîtes à rire sont montées à la puissance maximale.

En gentil anglo-saxon, le professeur de gestion des ressources humaines David Weir effectue un cours résumé en éludant les déviances. Je dois être le seul à avoir postulé à l’ambassade. Mais je ne sais pas pourquoi, je me sens un peu masochiste : je suis content qu’il se lâche comme ça, qu’il se révèle dans toute sa noirceur prévisible.

Deuxième round. Au sujet de la formation éventuelle du leader. Inné ? Acquis ? Un peu des deux ? Rien de bien nouveau. Mais une certaine euphorie gagne nos protagonistes au fur et à mesure qu’il descendent la nouvelle génération et le système scolaire français depuis 68. Les deux plus jeunes, l’Edhec et le psychopathe, qui ont respectivement 42 et 43 ans, s’exclament même en cœur :

 

 

 

            « Allez ! soyons ringard ! »

 

 

 

 

 

On pleurniche sur la disparition du service militaire. Je commence à en avoir marre, ça dure depuis déjà une heure et demie…Bon ! J’attends une dernière perle avant de m’éclipser. Pas besoin d’attendre longtemps, puisque notre casseur d’Etat confirme que Dieu s’est réincarné dans le marché pour continuer à désigner les « têtes » :

 

 

 

« On ne détecte pas les chefs, moi-même je ne sais pas le faire ; c’est le marché qui les détecte. »

 

 

 

 

 

Magnifique ! Et je n’ai même pas le temps de rassembler mes affaires qu’il se déchaîne à nouveau :

 

 

 

« Si vous n’avez pas les compétences, vous n’avez pas l’autorité…et vous finissez à la CGT ! »

 

 

 

 

 

Rires. Grandiose. Je ne sais plus si certains ont applaudi, peu importe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Samedi 3 juin 2006
par Youssef publié dans : Dubitatif

GMM

Youssef,  je me suis permis de publier sur notre cher blog ce texte que tu as écrit l'année dernière... Une belle archive que voila, espérons seulement que tu donnes vie à ce satané GMM... Nous attendons la suite avec impatience,


Gabo





GMM

"C'est trop de la merde!!' C'est par ces mots tout empreints de la finesse qui est la sienne que GMM renvoie a leur médiocrité la quasi totalité des productions culturelles actuelles. Fort heureusement pour la cohorte de pseudo artiste d'aspirant créateur qui peuplent la jungle médiatique GMM n'est pas un influent critique littéraire. il n'est  pas rédacteur en chef au inrock, ni chroniqueur sur paris première.

GMM tenez vous bien n’est même pas artiste, na jamais rien produit; pas même la plus misérable crotte littéraire ni même le plus insignifiant pet musical.
GMM n'a pas d’audience particulière, n'est pas plus écouté que vous et moi.
Et pourtant, GMM du haut de son plus complet anonymat, paré des flamboyant oripeaux de sa banalité, juché sur le fier destrier du commun et de l'indifférencié destitue, renie, déclasse, élimine, impitoyable, tous les créateurs en herbe. Sans concessions aucune.
Sans appel. Sans délai. Sans jamais douté. Car enfin Le bon goût, le beau geste, La pensée authentique sont toujours certains... Et de renvoyer par la même les partisans d'une relativité du goût a leur tolérance molle, à leur subjectivisme inconséquent et dangereux.

GMM, soyez en sur, n'est pas malgré les apparences comme vous et moi. Il est d'une autre dimension, d'une autre race, celle des élus, des illuminés, fier porteur d'une parole aujourd'hui oublié. Ne vous fiez pas à son apparence anodine. Il n'a certes aucun prestige particulier, n'a pas de pouvoir, n'est pas particulièrement beau ou riche, banal au possible a première vue.
Mais il émerge de la plèbe sale et mal dégrossie pour une seule et unique raison: il pense.
La pensée est son signe d'élection. Il rayonne dans l'obscurité, s'élève dans la pesanteur
parce qu'il est frappé, on ne sait trop pourquoi ni comment par le sceau de l'intellect.

Entre Abécédaire du bon goût a l'usage de tous et pamphlet néo conservateur GMM vous invite a le suivre dans son labyrinthe intérieur à la rencontre de ses amours et désamours, de ses goûts et ses dégoûts, pour qu'une fois perdu dans les dédales de la volupté et du beau, saoulé à la belle lettre et au mot juste vous puissiez comprendre,dans un éclair de lucidité, tel l'ivrogne éclairé par Dionysos,et ne serait-ce qu'un instant pourquoi le monde d'aujourd'hui c’est vraiment "que de la merde".

Beau programme que voila.

 

 

 

 

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Samedi 27 mai 2006
par Jerem publié dans : Dubitatif

Après un exceptionnel petit-déjeuner pris sur les coups de quinze heures, je décidai d’aller à la plage afin de rattraper mon retard dans le concours du plus bronzé de la classe. Je choisis une plage bondée en face d’un grand hôtel niçois pour ne pas me sentir trop seul. Première erreur. Avant même de descendre les escaliers puants pour rejoindre mes concurrents du jour, j’étais déjà exaspéré par les braillements de leurs gosses cramés.

 

J’enlevai mon tee-shirt puis m’étendis sur ma serviette trop petite. Sur le ventre, sur le dos, sur les côtés… après quelques minutes de ce jeu lassant, je sortis un recueil de lettres de poilus de la Grande Guerre. Je n’ai pas dû lire plus de vingt pages. C’est affreux de lire sur la plage : assis, allongé sur le dos avec le coude en béquille, légèrement tourné sur le côté… En fait, on ne lit pas, on bouquine. On finit une page à bout de bras et de souffle, on lève la tête, un regard satisfait vers les voisins, et on replonge dans la page suivante.

 

L’air tremblait sous le soleil déjà accablant de mai. Je sentais ma peau rougir, pour ne pas dire rôtir, et les galets brûler sous mes pieds. J’avais bien envie d’aller piquer une tête dans la mer toute fraîche mais j’étais trop fainéant.

 

De soupirs en soupirs, mon attention trouva enfin sur quoi se fixer. A trois mètres devant moi, se trouvaient quatre grands types assez maigres et un garçon d’environ trois ans. Je compris vite, d’après leur conversation, que le petit était le neveu du plus âgé des quatre gringalets. L’un d’entre eux écoutait une musique niaise. Le grand qui s’appelait Michael ordonna en rigolant bêtement au petit Saïd d’aller se baigner, lequel s’exécuta sans broncher. Mais le benêt ne voulait pas qu’il allât trop à droite. « Pas par là ! » éructa-t-il. Il lui lança un galet pour le remettre dans le droit chemin. Dans une absurdité toute camusienne, la pierre toucha l’enfant en pleine tête. Quelle bécasse ! Ses amis gloussaient. Le mélomane lui cria même : « C’est un pigeon Saïd ! »

 

Sidéré par tant de cruauté imbécile, je bus quelques gorgées d’eau chaude.

 

Pas une minute de répit, Michael s’en prit de nouveau à Saïd, le pauvre… Cette fois-ci, il avait trouvé une moitié de biscuit et demanda naïvement s’il pouvait la manger. Michael lui imposa les dents serrées de lâcher immédiatement le dangereux gâteau. Il lui jeta une minuscule pierre sur les pieds, puis une autre, et encore une autre. Deux des autres nigauds l’imitèrent. Saïd se recroquevilla par terre. Il pleurait mais les grands cons continuaient à le lapider.

 

Je ne comprends plus ce qu’il se passe.

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Vendredi 26 mai 2006
par gabo publié dans : Dubitatif

- World Health Organisation, mai 2006 -


 

 

One more time! Once again down in da Babylon! Comme chaque année au mois de mai, la WHO organise son assemblée mondiale. Des centaines de ministres, de docteurs, de délégués, de princes et princesses en tout genres se retrouvent à Genève pour une semaine de projets prometteurs, de résolutions résonnantes et de décisions décisives, qui devraient permettre d’éradiquer une fois pour toutes le sida, la polio, la variole, la grippe aviaire… tous ces maux qui frappent le monde (du sud curieusement) depuis tant d’années.

 


Hier, sa majesté le prince Charles, après le généreux Bill Gates l’année dernière et comme tant d’autres grands de ce monde, est venu planter son arbre dans les jardins de l’organisation. Un arbre, quel symbole fort, un geste plein d’espoir. Mais un espoir de plus en plus désespérant lorsque l’on réalise que chaque année les mêmes constats désolants refont surface. Les tirades n’ont pas changé, n’ont pas vieilli. En fouillant les archives, on pourrait prendre par exemple les cassettes de 1978, année de la conférence d’Alma Ata et repasser ces enregistrements dans les salles de conférence. En fermant les yeux, on serait persuadé d’assister à la 59ème assemblée mondiale de la santé de cette année 2006. Les noms changent mais les discours eux semblent intemporels.

 


Dr Lee (DG défunt de la WHO ) meurt ce lundi matin, deux heures avant l’ouverture de l’assemblée. Les condoléances s’enchaînent mais l’excitation est déjà palpable. Qui aura l’honneur de lui succéder ? Qui sera à la tête de l’organisation mondiale des promesses ? Les prétendants montrent les dents, que la bataille commence.

 


Mais pour mémoire, qu’avait on promis en 1978 lors de la conférence d’Alma Ata ? La santé pour tous, tout simplement, en l’an 2000 ! Quand on évoque le futur tout est permis. On peut dire n’importe quoi, on peut croire et espérer n’importe quoi. Mañana serà otro dìa, en 1978 l’an 2000 était si loin.

 

 


Pourtant, personne ne peut nier que l’ONU et toutes ces organisations qui en dépendent restent le seul espoir fondé que nous ayons. Aussi déconcertant que cela puisse aujourd’hui sembler, notre avenir passe inévitablement par la gouvernance mondiale, vecteur potentiel de cohésion cohérente.
Et en attendant que les beaux discours laissent enfin place à des actions à la hauteur des problèmes rencontrés, espérons que les cris de detresse poussés en pleine conférence par des hommes comme Johnson Mwakazi, jeune séropositif de 19 ans , déclenchent les changements du succès. Son intervention a jeté un froid sur l’assemblée. Silence, malaise, puis finalement applaudissements, en voici des extraits…


 

“I wonder what you would do if I told you that you tested positive. Would you disclose your status? Or would you deny this simple fact […] you claim to know so much about HIV and Aids, even go to the extent to creating awareness on HIV tests, but have you tested yourselves? You simply know how to talk the talk when you don’t have it but would you walk the walk if I told you that you had it?
[…]

 


All I hear and see on the Medias is purely stigmatisation of the highest order […] I seat and listen to your commercial products, oh yes, even to your advertisement. And all I get all day long is fear. You scare me with your posters that I’m not only having HIV, but that I’m also a dead man walking.
[…]

 


Do you stop to realize that I was the most, oh yes, the most faithful to my wife? Or would you believe that I got it through injection in hospital with a non-sterilized needle? […] Or if I told you keen enough, would you believe that I was raped? Nowadays, nowadays I have my own spoon, my own cup, my own plate, my own fork. Imagine, in a family of eight […] nobody dares to shake my hands. They find it safe to just wave at me. Would you believe that they even fear to breathe when they are around me?
Anyway, I’m not begging you to understand me or even sympathize with me. Because I know some of you, oh yes most of you are making money because of my status. But I want to tell you this; if you think you are negative: you never know until you go for testing. And if I told you tested negative, you never know. You might as well be in the window period, oh yes in the window period. Brothers and sisters, fathers and mothers, this one thing has destroyed families, this one thing has destroyed marriages, this one thing has killed men. It is not HIV, it is not Aids, it is not drugs, it is not suicide, it is not murder. It is stigmatisation. I say stigmatisation.

Now to all those who are but like me, looks like we are aliens, aliens in the land we are born in. But it doesn’t matter, I say it doesn’t matter. Run the race, run the race. Do not look back, no sideways, just move on, it doesn’t matter but we still finish the race…”

 

 

 

 

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Lundi 22 mai 2006
par henzillon publié dans : Dubitatif

 

 

 

 

 

Adam et Mada rôtissent dans les flammes de l’enfer . Ils étaient frères et sœurs ici-bas, ils sont maintenant de damnés camarades en –dessous.

A ce propos, avez-vous déjà réalisé que ce n’est qu’en enfer que vous pourrez achever joyeusement votre éternité ? Qui croit sérieusement pouvoir jouir de la compagnie de tous ces culs serrés alors que toutes les bouteilles et leurs tenants se sont installés dans la cave ? Le délire « je bouffe des fruits et je fais pas d’efforts à part les cueillir », qui y croit ? C’est bien en s’élevant vers le vice qu’on tuait le temps quand on était en vie…

Retour aux frère et sœur. Adam, fuyant et bien élevé, connaît catholiquement l’horreur du vice. Sachant qu’un homme ne sait pas bien faire, il dédiera son existence à réduire son champ d’action. Au moins, il évitera les remords en fin de vie. Reste l’ennui, l’absence de divertissement.

Mada. Impertinente, plutôt conne mais donc sûre d’elle et pleine de grands projets. La tête haute, les seins tournés de l’avant, elle se tient toujours prête à gagner, même sans compétition.

Adam sait comment croupir dignement. Il table sur de petits cycles de vie ; il calque son rythme de vie sur la cohérence de sa conscience : se sachant faible et amnésique, il réduit le champ de sa cohérence à quelques heures. Un repas, un moyen de se fatiguer , une façon de récupérer avant de s’amuser pour ouvrir l’appétit…

Ainsi, tout ce qui est extérieur à ce cycle est extérieur à son choix et à sa responsabilité. Le hasard se développe à mesure que ses contradictions diminuent. Il n’ajoute aucune dimension à une espèce qui ne saurait l’honorer.

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Dimanche 21 mai 2006
par gabo publié dans : Dubitatif
En cette fin de deuxième année dans notre chère école, je retrouve cette petite note... navrant de constater que rien à changé depuis !

L’heure du bilan a sonné. La fin du premier trimestre approche, il faut faire le point de notre parcours effectué. Où en suis-je donc dans l’apprentissage de mon futur métier de manager ? D’après mon cher log book, afin de me situer dans ce processus d’apprentissage il est nécessaire de rédiger une synthèse, synthèse qui mettra en évidence mon attitude vis-à-vis des différents obstacles rencontrés au cours de ce premier trimestre. Voici donc en quelques points un aperçu de mes pistes de réflexions qui ont essentiellement porté sur ma perception de l’Edhec.

 

 

Dire que je n’ai rien appris est en fait de mauvaise foi. Cela va faire trois mois que j’apprends à vivre dans une secte à ciel ouvert : l’Edhec. Pour la modique somme de 30 000 euros, chaque membre peut bénéficier de l’intégralité des services Edhec pour la vie entière ! J’ai personnellement souscrit à ce forfait, et il faut dire que pour le moment je ne suis pas déçu. Mes 16 heures de cours par semaine sont répartis de sorte que je ne puisse sortir de l’enceinte de la secte. Tout est fait pour que le membre dévoue sa vie entière à l’Edhec : une adresse e-mail Edhec qui le traque en permanence, des associations qui ponctuent sa vie hors de l’enceinte, un blackboard qui guette sa moindre minute de répit, un self learning program l’obligeant à venir de lui-même dans le sanctuaire… « Soyez fier d’être Edhec », « Ayez un comportement Edhec », « Représentez l’Edhec, où que vous alliez »… Voici les slogans martelés par les gourous, et il semble que cette stratégie porte ses fruits : la révolte première de certains membres s’estompe progressivement et tous finissent bien par accepter cette soumission. Non seulement ces membres acceptent cette soumission, mais en plus ils la cultivent : un tiers des Edhec se marient entre eux…

 

La liste des merveilles que recèle l’Edhec est encore bien longue, mais si je veux devenir un véritable manager digne de l’Edhec, un manager du vent, je dois me concentrer sur mon comportement vis-à-vis de ces expériences. Car afin d’acquérir ces compétences managériales, une introspection fera l’affaire ! En effet, apprendre à manager, c’est apprendre à coucher ses pensées sur le papier… De la réflexion naît l’action ! Chers étudiants, nous sommes tous des managers nés, écrivez et vous serez ! J’écris, donc je suis ! Vive la maïeutique, Vive le self learning, Vive l’Edhec !

 

Le contenu des cours est pauvre ici. La richesse des cours enseignés pendant mes deux années de classe préparatoire contraste réellement avec la pauvreté des cours de cette année. Progressivement je perds tous mes acquis en économie (rien à voir avec celle de Ben Youssef), sociologie, histoire, philosophie… Bien sûr, désormais je suis dans une Business School et je dois apprendre à être efficace sur le terrain ! Soit, mais qu’ai-je appris depuis le début de ma scolarité à l’Edhec ? Rien, ou très peu : faire un power point, utiliser ma clé USB, vulgariser l’économie pour la rendre accessible à la ménagère de cinquante ans, checker mes mails, surfer sur le blackboard… A y regarder de près, je n’ai rien appris, mais par contre j’ai beaucoup perdu. On m’avait pourtant bien prévenu, un des grands gourous responsables du réseau des Edhec affirmait : « l’Edhec c’est moins un enseignement qu’une marque de fabrique »… Chers étudiants, sachez donc que vous n’êtes qu’un bout de viande qui au bout de quatre années pourra se vanter d’être certifié par le label Edhec, label qui au fond n’est pas si distinct du label Charal.

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Dimanche 21 mai 2006
par henzo publié dans : Dubitatif

Où le « savoir faire faire » est une religion inculquée par des coaches psychologues de bas étage, les nouveaux prêtres de l’entreprise.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous savons tous que l’EDHEC est une école fortement ancrée dans le domaine religieux. Elle est historiquement liée à la Catho de Lille, où l’enseignement théologique, pièce maîtresse de l’université, affiche comme objectif d’aborder « la question du sens, c'est-à-dire le religieux » ( !). Notre business school abrite aussi de charmantes associations religieuses fondamentalistes qui doivent se sentir douillettement installées dans cette église qui nous sert de nouveau bâtiment.

Mais l’EDHEC a choisi d’aller encore plus loin dans l’obscurantisme pour créer un de ces fameux avantages comparatifs. Partant de l’idée (pas forcément fausse) qu’une ESC n’a pas grand-chose à apprendre aux étudiants pour que leur carrière soit une « réussite »(« l’EDHEC est moins un enseignement qu’une marque de fabrique » nous rappelle le président du réseau...et Gabo), l’école a décidé d’introduire une dimension divine aux caractéristiques du manager.

Disséquons cette astucieuse innovation marketing et toutes ses ficelles :

L’établissement de notions absconses entrave la comparaison des concepts avec d’autres et permet d’avoir réponse à toutes les questions et d’éviter les critiques car plus les concepts sont stériles et plus ils sont aptes à se faufiler, à glisser d’une réalité à l’autre pour s’octroyer le mérite de tous les aspects gratifiants et échapper à toute responsabilité d’un échec.

Pour alimenter ce mythe du manager (voir à ce propos les travaux de Uzinidis et Boutilliers sur le mythe de l’entrepreneur) « effective » et « efficient », véritable leader charismatique, universel, démiurgique, la symbolique est évidemment mise à contribution. L’équipe pédagogique a donc décrété qu’il existait 7 dimensions fantastiques chez un dieu du profit.

Faute de réelles avancées, on utilise des néologismes empruntés à la langue de Shakespeare et surtout de Bill Gates pour cacher la misère. Le team manager n’est autre qu’un coach (autre sornette anglo-saxonne), comme on en voit beaucoup à « ça se discute », qui débagoule ses théories de café de commerce maquillées à grands coups de pseudo-psychologie. Ces team managers n’ont besoin d’aucune qualification pour professer leur grand-messe, d’autant plus que les étudiants n’aspirent qu’à y croire. Imaginez une ménagère ayant consacré deux ans de sa vie et l’ensemble de son revenu à un entretien avec une voyante, et qui considère que, finalement, elle ne peut accorder aucun crédit à ces prophéties superstitieuses !

 

 

 

 

Et voilà comment, tenu par les bourses, tout le monde veut continuer à y croire…Soyez fiers d’être EDHEC, c’est bien plus agréable !
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Vendredi 21 avril 2006
par hen zo et Ju l'indien publié dans : Dubitatif

30/05/05

 

Email à Ju Verges.

Alors la France a voté non...On s'en doutait même si je voulais croire que c'était de la provocation et que finalement les gens n'allaient pas respecter leur (mauvaise?)intention de vote. Pourtant j'avais même fait de la propagande! Ca aurait dû marcher!

Mais bon, quand je sais que tous nos petits edhecs de Toronto sont en deuil pour ce scrutin et que je vois leur opinion politique, je voudrais avoir voté non...mais ce n'est pas un bon raisonnement. Je vais pas trop m'étendre : ils ont honte de la France parce qu'elle a dit non alors que d'autres ont dit oui,ils ne considèrent que la dimension diplomatique, comme si on avait demandé aux francais s'ils étaient pour ou contre l'Europe. C'est considérer les citoyens électeurs comme des idiots que de supposer a priori que les électeurs n'ont pas dépassé ce niveau de reflexion,que de supposer en fin de compte qu'ils n'ont pas compris l'enjeu de la question qui portait sur le contenu de la constitution.

C'est là que je voulais en venir. Ce regard outré, méprisant du choix français(et j'espère que tu en reviendras si c'est ton cas, à moins que tu me convainc toi!?)se retrouve dans la prise de position de la classe lors d'un cas pratique ce matin. En gros la question c'était: supposez que vous installez un software qui repère des mots clés dans les mails de vos employés. Leur diriez vous que vous les espionnez ou le garderiez vous secret? Pratiquement la moitié annonce qu'elle n'aurait rien dit! Sans parler du fait qu'il y avait un large consensus au sujet de l'installation même du programme, cette prise de position reflète bien le mépris des gens au profit de l'organisation. Le travailleur est mauvais et il faut s'en débarrasser, rien ne sert de chercher à le raisonner, il faut le piéger!

Enfin bon...

Reponse de Julien :

 

j'entends bien que le non ne veut pas dire pour tous "non" à l'europe ! mais je ne sais pas s'il veut vraiment dire non à la constitution: je l'imagine plutot comme un non de ras le bol, un non de crainte aussi!
j'ai entendu qlq jours avant le scrutin une caissière de l'intermarché discuter avec une cliente agée disant: "vous vous rendez compte, l'inflation depuis la mise en service de l'euro, c'est un scandale toutes ces taxes, ils auront bien mérité qu'on vote non". (c'était un peu plus étayé comme argumentaire avec l'inefficacité de la gauche et l'inaction du gouvernement mais c'est véridique) Je doute que cet exemple soit une exception: et je pense vraiment que bcp de gens ont voté non à autre chose que la constitution.
Et ce regard méprisant du choix français j'en ai un peu honte c'est vrai, mais je pense encore l'avoir: ce "non" venant d'un pays fondateur c'est certainement le plus gros coup d'arrêt que l'europe est connue en 50 ans. Comment se relever d'un tel revirement???
enfin, nous verrons bien combien de tps mettra la prochaine constitution à être élaborée.
Si jamais, elle est à tendance plus sociale et qu'elle passe, j'avouerai avoir eut tort sur la motivation des francais (c'est dire que je reconnaitrais qu'ils ont bien voté non à la constitution européenne et pas à autre chose) ...
En vous souhaitant du bon tps à toronto...
julien

 

 

 

31/05/05

D'accord pour Pacques au Maroc!
En ce qui concerne la nature du non, je ne peux etre que d'accord avec toi ( et même que c'est le début du petit texte d'opinion que je t'avais envoyé). Mais ce qui m'avait fait réagir était plutot comment se positionnaient les tenants edhec du oui: "nous, on est pas con, on est pour l'Europe, on a compris que c'était important de dire oui comme les autres, oui a l'Europe". C'est a dire qu'ils se présentent comme ceux, les seuls, qui ont compris l'enjeu du referendum alors qu'il y a plein d'arguments valables pour un non pro-européen, même s'ils n'ont pas pesé suffisamment pour que le non soit constructif.
Et puis j'en ai tellement marre de cette classe que je ne peux souffrir d'avoir la même opinion qu'eux.
Le cours de ce matin était particulièrement difficile à supporter. En compta on parlait de Wal-Mart, la societe qui interdit toute forme de syndicalisme. Ce trait de caractère nous est evidemment présenté comme un exemple pertinent de controle des couts. Et le professeur ultraliberal de nous expliquer: qd on est syndiqué, on fout rien, et Wal-Mart préfère rendre ses employés heureux plutot qu'ils soient syndiqués(!!).Quand Jérémie (marais) veut rappeler que cette enseigne a tout de suite fermé son magasin a Québec car les employés, pas si heureux que ça, voulaient s'organiser en syndicat, alors une bonne partie de la classe(la partie droite bien entendue) se met à grogner, trouvant que c'est du mauvais esprit. Le comble vient a la fin qd le prof conclut que s'il y a moins d'unions aujourd'hui parce que les travailleurs sont plus "happy"!!!
Enfin bon, toujours autant de lavage de cerveau dans ces belles business school, ce qui me fait souci c'est que je me sens de plus en plus seul...
A tres bientot mon petit pour de nouvelles sympathiques correspondances épistolaires.

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Lundi 27 mars 2006
par Jéremie marais publié dans : Dubitatif

 

Les étudiants en école de commerce ne sont plus en reste de la contestation qui plane dans la jeunesse. Sûrement frustrés d’avoir manqué le formidable élan de cohésion qui s’est exprimé ces dernières semaines, ils ont enfin trouvé, hier, le moyen d’élever la voix. Certes, ils n’ont pas encore de mouvement organisé ni de courant de pensée. Mais ce qui s’e