Pour vous présenter le lac et ses îles, on peut matraquer de chiffres : 4000 m d'altitude, 8500 m² de superficie,
espérance de vie de 60 ans... on peut aussi parler de son histoire avec le trésor inca perdu que Cousteau tentait de retrouver, des îles flottantes Uros, des coutumes et costumes des habitants
des nombreuses îles, de la pollution galopante des eaux... Mais ce qui nous a vraiment marqué, c'est la simplicité et la puissance de ses paysages et atmosphères.
Aux terrasses de café de la place rénovée de la Havane, de nombreux groupes jouent la salsa des Buena Vista Social
Club pour les touristes. Mais dans le salon d'un curandero s'organise au même moment une cérémonie santerista proche de la magie noire.
Où notre système vénéré préfère se rouler par terre pour garder son élan plutôt que de chercher à se
relever.
Pas mal de gogos américains se sont fait avoir en croyant ceux qui disaient que leurs emprunts immobiliers se
rembourseraient tout seuls. Il y a aussi tous ces petits boursicoteurs qui n’ont pas compris qu’ils sont les dindons de la farce : toujours derniers au courant, toujours prêts à acheter au
plus cher et revendre à prix cassés. Eux, on ne peut que les plaindre. En revanche, tous ceux qui ont cru que la patate chaude titrisée ne s’arrêterait de passer de main en main qu’à leur
retraite, qui se persuadaient qu’un nom de banque apposé sur un produit financier pouvait faire passer des vessies pour des lanternes, et surtout qui espéraient que la « confiance » en
leur machine à sous agirait comme un camouflage du gouffre abyssal, ceux-là méritent un juste retour de bâton.
j’avoue que j’aimerais les voir démunis ces jeunes loups galeux, les
voir confrontés à la violence qu’ils engendrent et plébiscitent pour les autres. On aurait bien envie de leur tenir la tête sous l’eau encore jusqu’à ce qu’ils crèvent, comme nous le suggèrent
les intégristes du marché, mais on serait alors capable d’oublier de condamner le véritable responsable : le « non-système » financier.
Notre belle télé s’occupe consciencieusement de la conservation du
casino mondial : ici, on invite le directeur de Allofinance.com qui jure sur sa mère que la crise n’est rien d’autre qu’une opportunité aux petites gens d’acheter des actions en promo, là on
montre notre président jouer à Che Guevara pour qu’on sente bien que dorénavant, les grands managers de multinationales, les agences de notations, les assureurs, traders et brokers vont bien se
tenir et qu’il n’y a plus rien à craindre, ailleurs on se réjouit de voir que, miracle, la bourse repart, pressée qu’elle est de repartir à la course aux dollars, malgré son cancer généralisé. Le
Marché tout Puissant et omniscient est-il suffisamment dupe pour croire que les états sont capables de se porter garants de toutes les escroqueries des cols blancs ? Si faire confiance aux
produits Lehman Bro revenait à se foutre un doigt dans l’œil, croire à la capacité des Etats d’assurer tous les crédits revient à enfoncer le bras jusqu’au coude.
Bah, c’est pas grave, après tout, les oiseaux continuent de chanter,
le prix de l’essence baisse et c’est la saison des champignons.
Ca doit être pour ça que notre ministre Made in Wall Street
Christine Lagarde s’est autorisée à parler de récession. Au début, elle nous causait de croissance négative, autrement dit une montée qui … descend. Mais c’est vrai qu’en fait, une récession,
c’est pas méchant, rien à voir avec une dépression, et encore moins avec la Grande Dépression. Déjà, à l’époque, c’était arrivé un Jeudi Noir, ils étaient mal barrés. D’ailleurs, si on regarde
les images d’archive, on voit que tout était en nuances de gris, pas une couleur, une vraie dépression quoi ! Alors que nous, ce n’est pas le cas, il fait beau, et puis il suffit de quelques
milliers de milliards de dollars et le Grand Marché arrête de faire la moue. Une récession, ce n’est qu’une inflexion, une courte pause sur le chemin pavé de dollars. Oui, pas de doute, cette
crise ne sera qu’un trou normand de l’orgie pantagruélique mondiale.
Non, le vrai problème n’est pas là, tout ceci n’est qu’une mascarade
pour nous empêcher de réaliser la gravité de la situation. Seul Jean-Pierre Pernaut a bravé les lobbies en révélant dès hier la monstrueuse menace qui s’abat sur la France : les écureuils
coréens envahissent les forêts françaises.
Vivent les S.E.S.!
Parmi les races de bonimenteurs surpayés à éradiquer, j'ai oublié celle des enseignants de macroéconomie et de finance qui sévissent dans les prestigieuses écoles de commerce.
L'éclairage et l'intuition du marché, la diversification et l'absence de risques, l'autorégulation et les harmonies attendues, la bourse oracle de l'économie...sont autant d'inepties
matraquées par ces orateurs dévorés par les anglicismes. Le but de cet "enseignement" est d'évincer les questions, la réflexion et la critique pour se concentrer exclusivement sur l'action
intéressée, efficace et efficiente. Si Xavier Bertrand a clamé que le monde marche sur la tête au sujet du système financier actuel, le gouvernement n'a pas l'air de vouloir
que les jeunes générations prennent le moindre recul. Et au lieu d'enterrer vivants ces charlatans bronzés aux UV, le ministère de l'éducation voudrait supprimer la seule discipline qui donne aux
lycéens quelques grilles de lecture de la société actuelle : les sciences économiques et sociales.
Venez soutenir cette discipline avant qu'il ne soit trop tard en signant la pétition initiée par l'Association des Professeurs de Sciences Economiques et Sociales en vous rendant à l'adresse
suivante :Pétition pour sauver l'enseignement des sciences économiques et sociales au lycée
Faut quand même se le dire, c’est vraiment pas de bol ! Ah ca non, sur ce coup, il n’a pas été bien chanceux. Faire
une Business School et être diplômé en 2008, c’était vraiment pas le bon plan. Car maintenant que ses études sont terminées, il lui faut trouver du travail et de préférence dans sa branche. Or sa
branche c’est la finance, et le hic c’est qu’un paquet de connards l’a scié avant qu’il n’ait le temps de s’asseoir dessus. Ils font quand même chier ces types qui ont foutu la merde dans son
marché du travail (et pas que dans le sien ceci dit). Car chez les banques qu’il convoitait, la tendance est maintenant à la débauche. Bon ça finira bien par changer, ce n’est qu’une crise
après tout. Mais quand même, lui il n’a rien demandé ! Il avait juste envie de faire joujou avec les chiffres, exactement comme eux. Sauf qu’entre temps ces gros nuls ils ont cassé tous les
jouets !
Il n’est pas seul dans ce cas. Des étudiants de Business School, cuvée finance 2008, y en a des millions dans
le monde ! Et ce n’est pas sans lui poser problème d’ailleurs, car cette année il n’y aura que très peu d’élus. La compétition il connaît, mais cette fois-ci, le jour de l’entretien, il
devra en bouffer pas mal des concurrents pour espérer faire partie de la maison. Et au fait, le jour de l’entretien, qu’est ce qu’il va bien pouvoir leur dire pour les convaincre ? Le
discours habituel du genre : « je suis un hard worker, my passion c’est de maximiser des profits, j’ai un real appeal pour le cash » ? Ou croyez vous qu’il va leur parler
de moraliser le capitalisme financier ? Qu’il dira qu’il est intransigeant devant des créances douteuses ? Qu’il est hors de question qu’il spécule sur le prix des denrées
alimentaires ? Ah, ça serait quand même bien culoté de sa part ! Mais bon, ce serait renier tout ce qu’on lui a appris, ce dans quoi il a baigné, ce pour quoi il s’est tant battu. Et
bordel, faut pas l’oublier ça putain ! Lui ce qu’il veut c’est être un trader, un golden boy, c’est faire un max de pognon, c’est son rêve de gosse et c’est pour ça qu’il a fait une Business
School ! Bon d’accord, histoire de leur montrer qu’il a quand même bien retenu la leçon de la crise, il leur glissera la petite phrase « je manage les risks et j’ai conscience qu’il
faut respecter une certaine éthique de travail ». Et hop le tour est joué ! Mais franchement, entre nous, il sait bien que son employeur n’en a rien à branler de ce tralala moral et
éthique. Les banques sont dans la merde, et les seules questions qui comptent c’est de faire rentrer des liquidités, de se débarrasser de créances puantes et de faire gaffe dans quoi on investit.
Mais bon, une fois la tempête passée, il va de soi qu’on se remettra bien à table et qu’on commandera la traditionnelle orgie.
La bourse c’est du gavage, c’est s’en mettre plein la panse, c’est bouffer jusqu’à ce qu’on dégueule. Puis
on recommence. Et ne comptez pas sur nous autres de la Business School, les malchanceux de la promo 2008, pour y changer quoi que ce soit. On attendra le temps qu’il faut, mais promis, nous
aussi on se gavera !
Voilà un film qui fait référence à MA génération, fusse aux Etats-Unis. Ceux qui ont 25-30 ans aujourd’hui connaissent et apprécient l’innocence de La guerre des boutons, l’esprit rock
des mods de Quadrophenia ; ils peuvent même se satisfaire paresseusement d’un campus movie quand il pleut dehors. Mais, et c’est le propre de notre génération,
nous pouvons nous identifier à aucun. Nous n’avons pas été déçus par des idéaux qui ne tiennent pas leurs promesses, puisque les idéaux avaient déjà été bannis dans les années 80. Notre
incertitude n’a pas pu être noyée dans les excès festifs du disco, nous sommes arrivés au moment de la gueule de bois. Nous ne pouvons non plus nous satisfaire d’un chaos consumériste, il s’est
construit sous nos yeux et nous savons qu’il n’a rien d’intemporel.
The Wackness se déroule en 1994, année de la mort de Kurt Cobain, un an avant la sortie de Paris sous les bombes ici, lors de l’arrivée de Giuliani – monsieur Tolérance Zéro - à la
mairie de New York là-bas. Luke, le jeune protagoniste, est en train de finir son lycée, alors que je n’ai que 11 ans.
Le Wackness, c’est le mauvais côté, le côté « pérave ». La libération sexuelle est passée, et elle ne nous a laissé que le sida, les cours d’éducation sexuelle et le
« Difooloir ». La conscience morale patauge dans ses contradictions post-soixantehuitardes, Zarathoustra est bien mort et les prisons se remplissent. La contestation
et les propositions d’alternatives pourrissent avant de mûrir, nous aimerions nous opposer mais ne pouvons construire.
On nous demande de sourire sans nous laisser le moindre espoir. On nous demande d’aimer ce qui n’a pas d’âme. On nous interdit de vivre pleinement sous prétexte que nos
prédécesseurs en sont revenus. Alors, qu’est-ce qu’il nous reste ? le wackness, et ses pendants : la provocation et la quète de sens.
Pachamama signifie "Terre mère", entité divine protectrice pour les Incas.
Un "Pachamamico" qualifie péjorativement un pseudo-shaman, un jeune allumé sorti de la ville qui se croit en connection directe avec les esprits incas.
Si l'on croise souvent de jeunes pachamamicos qui se sont brulés les ailes au San Pedro ou à l'ayahuasca, les shamans sont un relai entre les mondes et savent, en conséquence, garder les pieds
sur terre.
Comme les fois précédentes, le rendez-vous est
donné sur le parking de Peugeot, en face du chantier. A cette heure, le gros des employés de la zone est rentré chez lui. Il ne reste plus que le gérant de la concession, un costume gris à la
mine couperosée. Planté à l’entrée de son magasin, il s’applique à inhaler la nicotine nécessaire pour dompter le tremblement de ses mains et de sa lèvre inférieure. Il nous remarque à
peine, nous salue vaguement, le regard dévoré par la déprime.
De l’autre côté de la route, les derniers engins de construction se garent. Le champ est libre. Les quatre aventuriés resserrent leurs lacets, se débarassent de
leur mégot et s’avancent la planche sous le bras.Cliquer sur le titre pour lire la suite
L’adrénaline des débuts s’est estompée, mais l’équipée reste particulièrement prudente. Elle profite d’un creux de la circulation routière pour bifurquer
discrètement et se glisser derrière les barrières. S’ensuit une longue traversée du futur complexe commercial et de loisirs : en passant sur la longue piste de l’hippodrome, le craquement
de la pouzzolane – le revêtement volcanique de la piste de course – sous les semelles fait détaler un lapin de garenne. Le gravier volcanique garde les traces de nos passages précédents et nous
signale que nous restons les seuls à le fouler.
L’accord secret qui nous lie au surveillant du chantier est clair et fragile : si nos « bonnes têtes » nous permettent d’être tolérés sur le
chantier, il faudra que nous le gardions pour nous, et qu’aucune dégradation ne soit constatée.
De là où nous nous trouvons, nous devinons déjà que le parc est toujours praticable. La menace principale émane du conducteur de travaux, ignorant tout de notre
pacte secret. Un jour prochain, ce dernier fera recouvrir le skateparc d’une gigantesque bâche lestée de monticules de terre, comme il l'a fait pour le parc de Lyon. Notre aire de jeu sera
alors condamnée jusqu’à son inauguration encore lointaine, en mars 2009.
Imperceptiblement, la cadence s’accélère. Les foulées circonspectes deviennent des bonds enthousiastes au-dessus des flaques boueuses et des cadavres de palettes.
Il ne reste plus qu’à dévaler un grand tas de gravas. Le soleil est rasant, le béton luit, un cri de guerre est lancé, vite absorbé par le ronronnement des roulettes sur le ciment.
Ecrire a chaud. Ecrire lorsque toutes nos pensees sont encore la bas. Ecrire pour partager ce qui vient de nous transporter , ce qui
vient de plonger corps et esprit dans une profonde extase. Surfez et vous saurez. Nous sortons tout juste des eaux de Jeffreys Bay, une derniere vague sous les etoiles. Glisser dans le noir, guide
par une lune scintillante dans l'eau. Une session parfaite sur une longue droite qui deroule sur des centaines de metres. A l'eau, tout s'efface, notre tete se vide, aucune pensee ne peut perturber
ce moment de bonheur. Toute notre concentration se porte sur un enchainement : ramer, se lever et s'engager. La vague de J-Bay est une autoroute, large et confortable, la
vague s'offre a vous. Le chemin est ouvert, une pente reguliere se profile, il ne reste plus qu'a savourer. Notre seule preoccupation est d'adapter sa vitesse et ses mouvements a
l'evolution de l'element. Lorsque la vague creuse davantage le tube se dessine devant vous. En calquant sa vitesse sur le deferlement, on peut alors se laisser recouvrir par la levre, visiter le
coeur de la vague sans se faire engloutir. Surfer J-Bay pendant presque une minute est une experience unique. Sortis de l'eau, nos visages rayonnent,
l'excitation est palpable. Pendant des heures nous evoquerons ces quelques instants, nous decrirons nos vagues dans les moindres details. Nous parlerons de leur taille, de leur vitesse, de leur
forme, de leur evolution, de nos mouvements, de nos visions... Puis nous comparerons J-Bay avec d'autres vagues des quatres coins du monde. Ce sont toujours les memes mots, les memes
references, les memes sensations que nous evoquons. Tout a ete dit, et pourtant on ne peut s'en lasser. C'est un moment ou l'on partage son bonheur.Cliquer sur le titre pour lire la suite
Nous avons debute notre periple il y a deux semaines. Partis de Johannesburg, nous avons rejoins Durban, et depuis, nous longeons la cote en direction de Cape Town.
Nos camping cars Mercedes Sprinter 5 berth, "Momo" et "Bafana", se suivent comme deux pachidermes en quete d'un point d'eau. Nous nous arretons en front de mer, au gre des spots, la ou nous
esperons voir la houle rentrer.
Mes pieds sont deja bien entailles par le recif, mes muscles sont tendus et ma moustache pousse tranquillement. On me surnomme "Mannschaft", car d'apres mes 6 compagnons de voyage j'ai tout
d'un germain. Je pourrais passer pour un boer.
L'Afrique du sud est marquee. Les sequelles de l'apartheid se ressentent encore fortement et nous laissent souvent perplexes. Il n'est pas aise de comprendre un pays dote d'une histoire si riche
et complexe. Des colons portugais, hollandais, anglais, des tribus, des ethnies, des vagues d'immigres indiens et chinois... Appropriations, expropriations, exterminations, reproductions...
Lois raciales infames, segregations, emeutes, bains de sang, reconciliations...
Aujourd'hui les blancs sont riches et les noirs sont pauvres. Les blancs ont des maisons, des voitures, ils jouent au golf ou font du surf. Les noirs surveillent la maison du blanc, ils tondent
sa pelouse, marchent le long des routes, gardent nos voitures, vendent des balles de golf sur l'autoroute.
On tape a la porte de Bafana, je descends la vitre : " Hey boss ! I need a job boss ! Do you have a job for me boss ?" Ce type qui m'appelle "boss" avec des yeux implorants doit avoir 50 ans, moi
je n'en ai pas encore 24.
Nous sommes sortis deux fois en night club. La premiere fois a Durban nous sommes tombes dans une soiree bien blanche, remplie de blondes decolorees, sosies de Paris Hilton. La seconde fois a
Port Elizabeth nous etions les seuls blancs.
Les routes de la Transkei, la cote sauvage, se perdent dans de longues plaines vallonnees aux multiples embouchures. Ces routes nous ont mene a Port Saint Johns. Seuls a l'eau, insousciants, nous
profitions des derniers rayons de soleil. Je venais de prendre une belle vague et ramais tout content vers le pic pour rejoindre mes potes. Soudain, a une trentaine de metres, deux ailerons noirs
ont surgis hors de l'eau, se dirigeant droit sur moi a pleine vitesse. Une vision de deux secondes qui m'a plonge dans une psychose glaciale. J'ai tente de crier quelque chose comme "on se casse
les gars", mais ma voix s'est brisee. Alors que mes comperes prenaient la premiere vague pour filer vers la plage, moi je restais seul, coince dans d'affreux remous, car bien trop a droite dans
la baie, la ou les vagues ne deferlaient plus. J'essayais en vain de ramer pour me rapprocher des rochers et trouver un refuge, mais les contre courants et mes jambes integralement crampees et
tetanisees m'enpaichaient de m'en tirer si facilement. J'ai bataille 5 bonnes minutes, pensant me faire dechiqueter a chaque seconde, avant de me hisser sur le premier rocher venu. Ces 5
minutes ont ete les plus angoissantes de ma vie.
Sur la plage, nous avons realise, mi soulages, que ces ailerons etaient ceux de dauphins et non de requins !
Surfez en Afrique du sud, vous ressentirez pleinement les forces de la nature. A l'eau on se sent tout petit. Depuis nous saluons regulierement des baleines qui passent paisiblement a moins de
cinquante metres de nous, les dauphins nous tiennent souvent compagnie, et hier un phoque s'amusait comme un fou slalomant entre nos planches ! Il y a trois jours, sur terre ferme dans
la reserve d'Ado, nous conduisions au beau milieu de hordes d'elephants.
Apres quelques jours passes entre Cape St Fancis et J-Bay, nous sillonons la cote a nouveau. Buffels Bay, Plettenberg Bay, Victoria Bay. Demain nous serons a Mossel Bay. A chaque arret nous
allons voir la plage. Dans le noir nous regardons les vagues deferler, parfois decus, parfois en extase devant les lignes de houle qui s'enroulent autour de la pointe. On reparle surf, on imagine
a quoi l'endroit ressemblera demain, a la lumiere du jour.
Sur le ponton, on m'interpelle : "Howzit bru ?" Je vais bien mon frere, merci.
Diantre ! Que notre blog rank est bas ! La courbe statistique de la fréquentation de dubitatif.org pique du nez durablement, alors qu’elle
n’a jamais atteint de sommets. Il y eut bien ce jour béni du 12/12/2006, « journée record » comptant 2098 pages vues, un jour d’euphorie internautique dont la cause m’échappe.
Peut-être était-ce un phénomène comparable au déplacement de ban de poissons, où il suffit qu’un seul animal s’approche pour que toute la troupe vienne ? J’en doute, car on n’a plus connu
une telle affluence depuis.
On pourrait aussi envisager le fait que le blog s’est appauvri depuis, ou qu’il se répète… Non ! J’ai refusé de considérer cette explication ! On se creuse vraiment la tête pour ce
blog ; on est passé du e-mail collectif mis en ligne au vrai article, avec paragraphes, illustrations et relecture. On met même la tête sous le capot du blog : on passe notre temps à
trifouiller le CSS et autre HTML, on améliore la présentation, on peaufine l’ergonomie, on installe les applications idoines…
Non, la vraie raison de l’indifférence, celle que les journaux péruviens et les constructeurs automobiles multinationaux ont comprise depuis longtemps, est bien plus triviale.Cliquer sur le titre pour lire la suite
Nos articles ou nos petits récits mettent en scène une petite vieille dans le métro berlinois, un groupe de retraités coréens sur une place
publique, d’autres vieux dans un supermarché, un médecin sénile, un journaliste alcoolique décrépi et sans emploi… Mais est-ce que vous avez déjà vu une Ferrari présentée par une mamie toute
plan-plan munie de son cabas et avachie sur le nez du bolide ?
Il nous faut du sexe ! plus de MILF, Teens, Gays, Hot babes… Vous voulez rétorquer que ce n’est pas notre vocation, qu’on aura vite fait le
tour des photos de nos petites copines respectives ? Bien vu, mais dans ce cas, j’expliciterai l’exemple pris plus haut des quotidiens péruviens : ce sont des journaux classiques,
avec des infos toutes aussi lisses et fades que notre Monde national. Sauf ? Sauf qu’en Une se prélasse une bomba latina, une de ces filles calientes dont le fessier mis
en gros plan dévore le string cuir ou ficelle.
Tout bête et extrêmement efficace : les titres des grands nationaux étant sensiblement les mêmes, la main du chaland s’oriente mécaniquement
vers le journal le plus « illustré ». En bonus, le lecteur pourra se rincer l’œil en public, feignant à peine de lire l’article d’analyse de la page d’à côté.
Sur Internet, grâce à Google, ce sont les mots-clés qui priment. Notre collaborateur Ju l’indien l’avait déjà bien compris quand il intitula son
dernier article « une plage brésilienne ». Cet article eut un succès certain. En effet, tous ceux qui, en mal d’inspiration, ont tapé dans leur moteur de recherche « mater à la
plage », « brésilienne chaude » ou « brésilienne à la plage » se sont égarés, une main fébrile dans le slip, sur le sobre article de notre blog…
Deux options s’offrent à nous : soit, à la manière de libération.fr, nous choisissons des titres racoleurs plutôt que pertinents ; soit
nous restons concentrés sur le contenu et tablons sur l’intelligence du lectorat, quitte à voir notre blog rank continuer à dégringoler.
Nous, les samouraïs du Net, vous le disons sans haine : bande d’obsédés !
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