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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /Mars /2010 06:44
- Par Chobiman - Publié dans : Vagabond
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /Mars /2010 06:44
- Par ShivaBaba - Publié dans : Société
Un internaute, Pascou de son petit nom, poste un commentaire sur Aujourdhuilinde.com qui est sur le bout des lèvres de nombre d’expats :

« Je ne suis pas spécialement pour les mariages arrangés, mais faut reconnaitre que ça marche »


C’est imparable : comment contredire une affirmation quand celui qui la formule nous montre qu’il souhaiterait qu’il n’en soit pas ainsi ? Il comprend bien que nous - petits nouveaux et innocents sur la planète Incredible India© – puissions être effarouchés.


Alors, pourquoi a-t-il raison ? Une fois que la famille du mari s’est satisfaite de la religion, de la caste, du revenu et de la couleur de peau de la bru et que les parents et frères de la mariée se sont ruinés pour ce mariage, le jeune couple –même pas très amoureux – peut déjà se féliciter d’avoir réussi. Et si le couple vertueux se lasse de la monogamie imposée depuis leur puberté, l’homme pourra toujours trouver une maitresse et la femme se tournera vers son équipe de domestiques toujours disponibles.


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Mais attention à ne pas se faire attraper ! Les suicides, meurtres et viols punitifs suivant une histoire d’amour « non autorisée » sont monnaie courante dans les colonnes des faits divers. Deux exemples au hasard : en Orissa, une femme qui trompe son mari se fait violer par ses deux beaux-frères ; à Delhi, une jeune fille, surprise par sa mère en position délicate avec son petit copain, préfère la poignarder des dizaines de fois plutôt que d’affronter son regard. Par ailleurs, plus de 10% des suicides dans le monde sont le fait d’Indiens, dont une majorité de jeunes.


Maintenant oui, on comprend qu’un mariage arrangé, c’est à la vie à la mort !


Mariage arrangé rime avec société médiévale - avec solidarité mécanique dirait Durkheim – où n’est admis aucun écart à la norme afin de préserver l’ordre et la cohésion sociales. C’est utile, rationnel, efficace, scientifique ! Alors que fonder un couple, pire une famille, sur le seul sentiment frivole de l’amour est au contraire passionnel donc irrationnel, dangereux !?


Considérer que le mariage arrangé « marche », c’est défendre l’idée la plus archaïque et rétrograde du mariage, celle de l’impératif de reproduction et du contrôle social. C’est aussi être bienveillant vis-à-vis du système de castes et de viol institutionnalisé de fillette de quatorze ans.


Si Pascou et ses semblables persistent dans leur bêtise, je propose – et je suis sûr que l’Ayatollah Charb en conviendra – de les marier entre eux de force jusqu’à ce que la consanguinité ait raison de cette bande de dégénérés… et du mariage avec.

 

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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /Mars /2010 13:18
- Par videshi - Publié dans : Société
Quelques clichés de vie quotidienne pris dans des quartiers presque jamais explorés.
Musulmans ou hindous, ils ont en commun d'être très marqués religieusement et sinistrés économiquement.



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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /Mars /2010 07:02
- Par Bhanghead - Publié dans : Psyché

Les origines du festival Holi renvoient au 3eme siècle avant JC, il s’agissait alors d’une célébration pour les femmes mariées, puis le festival a mué en fête du printemps ; en Orissa et au Bengale il renvoyait à l’anniversaire de Shri Chaitanya Mahaprabhu. Pas réellement marqué religieusement – les hindous et les musulmans le célèbrent – Holi, littéralement « burning » est considéré en général comme la victoire du bien contre le mal.

 

Holi, c’est simple et efficace. On peut lire des références au festival dans les textes sacrés des Vedas, mais cette fête aurait très bien pu être inventée par le Bureau des Elèves (BDE) d’une université américaine lors d’un Spring Break à Mexico.

 

Comment faire :

  1. Se rendre le matin du festival dans un des magasins de pâtisseries ou de Lhassi où une foule est rassemblée. S’il y a du monde, a fortiori du monde joyeusement peinturluré, c’est que vous êtes au bon endroit pour acheter en toute légalité du Bhang Lhassi (boisson au cannabis, aussi appelée boisson de Shiva) ou des Ladoo (douceur au cannabis).
  2. Vous équiper en poudre de couleur (Abeer), de préférence biologique, et, si vous êtes coquins, achetez aussi de cette peinture rouge soluble dans l’eau qui teinte la peau pendant une semaine.
  3. De retour dans votre quartier, vous pouvez commencer le rite : intoxiquez-vous au bhang comme le font les étudiants en spring break avec les entonnoirs d’alcool, puis allez à la rencontre de vos voisins et tartinez-les sensuellement de poudre de couleur. L’effet du cannabis ingéré rendant hilare et tactilement sensible, vous prendrez peut-être un malin plaisir à étaler avec douceur de la peinture sur le visage et le corps de vos victimes soigneusement choisies. Mais attention, nous ne sommes pas dans une fête étudiante, et ne vous attendez pas à voir votre voisine vous présenter sa poitrine pour que vous la coloriez un peu !

 

Voilà, j’espère que vous en avez profité, car il s’agit maintenant d’affronter le Bhangover ! Au-delà de la sensation cotonneuse semblable à un réveil post-op, on ressent devant le mirroir un frisson dans le ventre, signe du  désagréable sentiment d’avoir fait une bêtise que l’on va regretter. On savonne, on frotte, on rince, on refrotte… mais rien à faire, on a une tête de Jivaro qui a déterré la hache de guerre !

 

 

 

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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /Fév /2010 14:39
- Par Bhalolagbe - Publié dans : Portraits

Delhi – Riche et pauvre                                                               

Départ de l’ambassade après un cocktail un peu arrosé. Par civilité, nous proposons à Mme X, femme du patron de LV Inde et Asie, de la déposer chez elle.  En échange, elle nous divertit sans le savoir pendant tout le trajet :

- Sachant que je partais en Inde, je me suis acheté des dizaines de cartons de livres –enfin des dizaines de livres sur l’Inde. Tiens d’ailleurs, vous avez lu « La recherche de l’équilibre » ?

- Non…

- Enfin, de toute façon, mon Guru m’a dit qu’il ne fallait pas lire sur l’Inde avant d’arriver à Delhi. Vous imaginez tous ces livres que j’ai achetés pour rien ?!

 

Delhi – Riche et pauvre (2)

Toujours Madame X, assise sur le siège passager de notre taxi, se contorsionnant de temps à autre pour jeter un coup d’œil à ses interlocuteurs :

- Mon cœur est encore en Chine... Là-bas, au moins, ils ont la FACE ! crie-t-elle presque en passant la main devant son visage. Les pauvres sont cachés ! Ici, tu vois – on peut se tutoyer ?...

- Oui, bien sûr. Elle ne s’adresse qu’à mon chef.

- Tu sors d’une soirée à 500 euros –enfin là je dis n’importe quoi, tu veux rentrer tranquillement chez toi et tu vois des lépreux qui dorment sur le trottoir des grandes avenues ! C’est horrible, HORRIIIIBLE!

 

 

Digha –esprit bovin

Pour promouvoir le développement durable dans les milieux ruraux, le gouvernement local a expliqué qu’il interdisait l’utilisation de sacs plastiques pour sauver les vaches de l’étouffement.

La démocratie à l’indienne prend les vaches pour de sacrées connes !

 

Digha – Sati

Pression familiale

Pendant une dispute dont je ne saisis pas les enjeux,  opposant Sati et sa belle-mère au sujet d’une petite fille. Rêveur, je regarde couler les flots de paroles insensées que s’échangent les deux femmes quand Sati se tourne brusquement vers moi :

« N’est-ce pas Laurent, que 12 ans c’est trop jeune pour se marier ? »

 

Calcutta –Sati

Censure

Sati, la très belle femme de notre concierge, s’est inventée femme de ménage chez nous afin de compléter le maigre revenu de son mari.

A la pause thé, dans notre salon, Sati m’explique que notre chaton l’empêche de travailler tranquillement. Assise dans un fauteuil, elle prend alors le bas de son sari et le relève pour me montrer les dégâts causés par le chat joueur, dévoilant jusqu’aux genoux ses jambes dorées.

Mais à peine ai-je le temps de voir la déchirure du tissu que la fille de Sati - Rumpie, 5 ans – délaisse son jouet et vient rabattre d’un geste vif le tissu sur les jambes de sa maman. Son regard sévère nous a poussé à retourner vaquer à nos occupations.

 

Calcutta - Sati

Noire

Sur le téléphone portable de Chandon, Sati me montre une photo de la femme avec qui son mari la tromperait. On y voit une femme déjà ridée, au visage bouffi, aux sourcils broussailleux et au nez épaté. Ne sachant pas dire « laide » en bengali, je désigne le visage sur le cliché en faisant une grimace explicite. Elle acquiesce avec dégoût :

« Oui, je sais, elle est très noire. »

 

Calcutta – Muslim bikers

Au feu rouge, trois barbus sur une moto « Glamour » de Hero Honda ne portent que leur couvre-chef de prière. Les agents de police postés au carrefour se tournent consciencieusement pour ne pas voir qu’ils n’ont pas de casque.

Akhter baisse la vitre de sa voiture et leur lance :

«  Moi aussi je suis musulman, mais je ne porte le chapeau de prière que pour la mosquée, et sur la moto je mets un casque pour ne pas mourir… »

Le feu passe au vert, la moto démarre avec ses passagers casqués.

.

 

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Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /Fév /2010 14:15
- Par henji - Publié dans : Portraits

De nouvelles petites anecdotes pour un grand choc culturel :

Puri
Bêtes rares
Deux opulents touristes à la richesse ostensible, accompagnés d’une dinde grassouillette en talons, sortent de leur 4*4. Pendant que la grosse s’enlise dans le sable, l’un s’approche de nous, fixant sans se cacher les fesses de la petite française du groupe pendant que l’autre nous filme avec son Handycam :
- Which contrree?
- I’m from France
- From Franch?
But you spheak OK English, it is rrarre…

Meghalaya
Diversité
A l’auberge Green Valley à Sohra, Megalaya, la jeune serveuse me demande avec des yeux pétillants :
- Are you christian ?
- Yes, I reply to please her.
- But… Catholic? Presbytarian? Church of God? Adventist?

Jour de l’an dans la voiture
A Sohra, avec des jeunes du village, le soir du jour de l’An peu avant minuit, à cinq dans une voiture embuée : nous buvons discrètement, vite et beaucoup ; l’alcool c’est mal, pas question de le déguster, on est là pour s’enivrer. Ils sont de l’extrème Est du sous-continent indien, moi de l’Ouest du monde. Entre nous, l’Inde, ce pays dont nous sommes également différents, rend notre mode de vie encore plus similaire, mais nos imaginaires divergent. Déjà très enthousiaste, je m’enflamme :
- I am learning tablas, such a great instrument ! India is a fabulous country for music!
- Forget tablas! Drums are much better, hard rock is the best! Indian music is shit, man!

jour de l’an dans la voiture (2)
Assis à l’arrière, mes pieds buttent sur une bouteille coincée sous le siège du conducteur. Je la sors et découvre que c’est du très bon vin français :
- Is this also for tonight ?
- Nope, it’s for my girl-friend when she comes back, me répond le jeune propriétaire de la voiture.
- Oh! When does she come back ?
- She is American, she comes to India every four years; so she will be back in three and a half years.

Village planétaire
Un vieillard à la bouche édentée et rougie par le jus de betel, une vendeuse de miel derrière son comptoir qui n’a qu’une bouteille de miel à vendre, une adolescente faussement timide au regard aguicheur… tous me demandent :
- From which village are you from ?
- France.
- Oh, it is a great village!

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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /Jan /2010 11:24
- Par beachboy - Publié dans : Vagabond

Station balnéaire pour les classes moyennes de Calcutta, Digha est un gros village sale, malodorant, bruyant, dont les commerçants ne sont presque jamais honnêtes. Les plages sont dévorées par une érosion galopante (la mer avance de 2 à 3 metres par an).
Une digue s'étend sur la côte, rendant l'accès à la plage compliqué. De plus en plus de berges sont bétonnées...
Et pourtant, pourtant... C'est ma troisième fois là-bas!

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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /Jan /2010 11:07
- Par beachboy - Publié dans : Vagabond
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Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /Jan /2010 06:12
- Par Tabla chela - Publié dans : Société

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La musique classique, comme traditionnellement tous les métiers dans le monde hindou, est encore imprégnée de règles statutaires sociales et religieuses – qui est Pandit, qui est Sri, qui est Ustad…, de considérations de lignage et de famille pour évaluer le prestige potentiel et réel – quelle famille, quel père, quel Guru… et même de déterminisme géographique. Pour la musique Hindustani, six écoles – ou garana – sont reconnues. Chaque école s’apparente à une ville.

Contrairement à Delhi, Bénarès ou Lucknow, Calcutta n’a pas de Garana propre. Elle est pourtant l’une des dernières métropoles indiennes où la musique y est vivante, rassemblant les couches populaires et les familles distinguées, les jeunes et leurs grands-parents.

En effet, parmi tous les clichés colportés au sujet de Calcutta par les visiteurs d’un jour de la ville ou les fantasmeurs éduqués à coups de Cité de la joie sur la tête, il en est un qui reste indéniable : l’amour toujours ardent des habitants pour la musique et l’art en général, et même la poésie de la ville elle-même.

A Calcutta, on célèbre en septembre la Déesse de la ville – Durga – en créant des temples éphémères pour des répliques souvent originales de la Déesse. C’est l’occasion pour tous les habitants, avec l’impératif religieux en plus pour les Hindous, d’une pérégrination massive vers ces temples temporaires (thakurs) de chaque quartier de la ville. Les rues sont alors illuminées, enguirlandées et équipées de  haut-parleurs. Pendant 15 jours, les passants sortis faire leurs courses sont transportés par la meilleure musique classique indienne jusqu’au marché et les oisifs discutent sur le trottoir au rythme des tablas.

Plus prosaïquement, à Calcutta, on ne se contente pas de siffler les filles, on les chante : on se tourne vers elles, et on chante en les regardant s’éloigner, certains vont même jusqu’à esquisser quels pas de danse bollywoodienne.


 Chapitre 1

Dans le train

Dans le Santiniketan Express, train qui relie Calcutta au village où Tagore fonda son université, aujourd’hui retraite des familles aisées et traditionnellement cultivées, ainsi que des fous de Dieu – les Bauls. La mousson n’a pas rafraichi l’atmosphère moite et la promiscuité des couloirs du wagon « classe bétail » est exaspérante. Jeannot, tel Charlie qu’il faut retrouver dans la foule, est coincé au milieu du passage, tenant péniblement debout dans une contorsion étrange obligée par une cage à poules déposée entre ses pieds et les genoux d’une grosse dame mal assise qui l’empêche de tendre sa jambe droite. Derrière lui, un moustachu à l’odeur piquante lui respire dans le cou, un autre se retrouve à chaque secousse l’entrejambe pressé contre sa cuisse avant de reprendre l’équilibre. La famille obèse assise devant lui se goinfre et rote depuis le début du trajet, ne s’arrêtant que pour se disputer ou discuter, cela ne fait pas de différence.

Les vendeurs ambulants se faufilent, ou plutôt s’imposent d’un wagon bondé à l’autre, poussant leur cri distinctif, identique dans la région à tous les vendeurs de la même espèce : Chaaaïï-coffee-chaaaïï pour les vendeurs de thé, paaaper acché, English-acché, bangla-cagodj-acché pour les journaux, Cchippssss-psss-psss pour les snacks, petits applaudissements des Hijras, et caetera. Les passages sont tellement encombrés - certains passagers malades, infirmes ou ivres morts sont même affalés sur le sol, perdus dans la forêt de pieds – que les forains n’hésitent pas à peser de tout leur poids sur les voyageurs déjà compressés pour arriver à se frayer un chemin entre les corps suants. Un vendeur de thé, non content d’ avoir ébouillanté la jambe de Jeannot en servant la mama devant lui, repart le bras en l’air pour tenir sa théière au-dessus de la foule et frotte en passant son aisselle hirsute et ruisselante contre l’oreille de notre ami. A bout de nerfs, Jeannot avance dans le sillage du chaï walla afin d’atteindre le courant d’air chaud qui s’engouffre par la porte grande ouverte du wagon.DSC 0320

Il est désormais interdit de fumer dans les trains, mais il n’est pas admis non plus de tabasser son entourage dans une sorte d’excès de rage agoraphobe. Jeannot s’en allume donc une bonne pour décompresser à l’embrasure de la porte. Un jeune garçon dont les yeux s’agitaient jusqu’alors devant le défilé de paysages, se tourne pour fixer ouvertement le fumeur. Au-dessus d’un pantalon bleu fade coupé façon seventies mais sans l’extravagance des années LSD, une chemise à gros carreaux ornée d’une broderie dans le dos laisse bourgeonner à la sortie de son col un petit visage duveteux, dont la multitude de boutons d’acné, fusionnant entre eux pour former des abcès purulents, annonce la venue prochaine de vrais poils.  Sans cesser de fixer Jeannot, le petit homme se met à entonner une chanson. Dans la confusion des conversations à tue-tête qui cherchent à couvrir le vacarme du train tout en étant elles-mêmes inférieures en décibels aux hurlements des vendeurs, Jeannot ne voit que les lèvres bouger et ne s’y attarde pas.

-        Apni Tagore janen-to ? hurle soudain l’adolescent.

-        Obossoi Jani ; ekane shobaï jane répond presque automatiquement Jeannot, dont le ton assuré d’une phrase répétée cent fois ne cache pas les approximations grammaticales.

S’attendant à la batterie de questions dont il connait si bien la nature et l’enchainement logique reliant une réponse à la question suivante qu’il pourrait répondre à toutes les questions avant qu’elles soient posées, l’éternel globe-trotter prend instinctivement son air indifférent, avec un léger plissement des yeux et des lèvres qui peuvent avoir des relents de mépris.

Au lieu de cela, le jeune garçon se remet à chanter. Cette fois-ci, Jeannot entend clairement les paroles et la mélodie sortir des lèvres gercées du garçon. Il ne chante pourtant pas plus fort ; simplement, la voix harmonieuse du chanteur est si claire et belle qu’elle inspire le respect des bruits sales et disgracieux émis par les bêtes – qu’elles soient humaines, animales ou mécaniques. Les bruits s’écartent et laissent passer intact un chant quasi-divin. Jeannot s’imagine que c’est un poème de Tagore, dont il ne connaît pas grand-chose contrairement à ce qu’il raconte.

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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /Jan /2010 12:40
- Par Loren Babu - Publié dans : Portraits
Venu en Inde avec sa petite amie Maï pour voyager et s’initier à la musique indienne, Mathias Durand. rentre en France avec l’assurance de revenir par la grande porte dès février 2010. Histoire d’un coup de foudre entre Calcutta et ce jeune musicien français.

 

 Mathias s'est rapidement intégré à la scène musicale de Calcutta ©The Red Bantoo 
A l'aéroport de New Delhi, le guitariste et chanteur folk de Mathias and the Broken Letters peine à porter ses bagages : un sitar, une paire de tablas, des bansuris, des khamacs… Plus de 45 kilogrammes de souvenirs de l'Inde, au lieu des 20 autorisés. Pourtant miraculeusement, le surpoids ne lui sera pas facturé.

Mathias fait fondre le cœur de l'Inde : arrivé à Calcutta avec sa copine clarinettiste pour rendre visite à son copain expatrié, le duo de musiciens est très vite invité à se produire sur les scènes branchées de la ville. Entre deux concerts, la guitare de Mathias, déjà fragile, se brise, et un luthier lui répare gratuitement : "il m'a juste demandé de lui faire confiance, et l'a fait par respect pour l'instrument ; alors qu'à Paris, on me disait qu'il valait mieux en acheter une nouvelle".

Mathias débute le sitar, les tablas et le chant indien. Concomitamment, les figures montantes de la scène musicale de Calcutta s'intéressent au prodige qui apporte un vent de fraicheur dans la ville. Mathias improvise ou compose avec des artistes d'influences diverses : Tritha de Black Coffee, le rocker Neel Adhikari de Five Little Indians, le Baul de Santiniketan Basudeb Das… Et il n'omet jamais d'immortaliser ces moments sur son enregistreur portable.

La ville a connu des étrangers qui prévoient de rester plusieurs mois comme volontaires humanitaires et qui repartent paniqués après une semaine. La sensibilité du musicien a, elle aussi, été mise à rude épreuve : confronté à la pauvreté qui, conjuguée au tourisme de masse, engendre des monstres, il a fui des lieux - comme Bénarès ou Bodhgayâ - dont il espérait pourtant beaucoup. Les coups d'avertisseurs, la pollution et la pauvreté ont réussi à faire sortir de ses gonds le chanteur réputé doux et inoffensif.

Un mois et demi est passé, trop vite. Mathias choisit de prolonger son séjour d'un mois et de laisser sa compagne rentrer seule en France, renonçant du même coup à son billet retour non échangeable non remboursable.

Loin d'être un coup de tête, sa décision suit une authentique révélation musicale : "j'ai commencé par prendre des cours de chant avec Pandit Santanu Bandyopadhyay, et très vite nous nous sommes mis à improviser ensemble. Musicalement, tout un nouveau champ des possibles s'ouvre à nous !". Santanu accompagne au chant la guitare de Mathias, quand ce n'est pas la guitare qui suit la voltige vocale du Pandit, et Mathias y mêle son timbre mélancolique.

Et ça fonctionne ! Si bien que le duo, accompagné de Shibu Das aux tablas, enregistre 4 chansons au studio Saregama. Rapidement, la sphère artistique de la capitale intellectuelle s'intéresse à cette formation originale qui sort des sentiers battus de la fusion. Le duo est même intégré à la programmation 2010 d'un grand festival de musique et reçoit l'engagement des organisateurs à financer les déplacements intercontinentaux de Mathias.

Au terme de son mois supplémentaire, l'enfant adopté de Calcutta réussit à quitter l'Inde. Juste avant de passer le contrôle de sécurité de l'aéroport, il formule quand même un regret : "Une semaine de plus, et je jouais dans le plus grand auditorium de Calcutta!"

Article paru sur aujourdhuilinde.com : http://aujourdhuilinde.com/actualites-inde-le-c-ur-de-calcutta-vibre-pour-un-musicien-parisien-4272.asp?1=1

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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /Jan /2010 08:13
- Par Banglaboy - Publié dans : Société

Les événements marquants de l'année sont relatés par toutes les éditions spéciales des magazines d'actu.
Voyons ici ce qui s'est passé communément à Calcutta en 2009, et qui aura certainement encore lieu en 2010.

Bonne année!


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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 10:57
- Par Sri Henzo - Publié dans : Vagabond
"Dans le Bihar?!" s'indigne la belle brune aux cheveux lissés en rejetant son Pashmina en arrière.
"Mais oui, c'est là que se trouve le Banyan sous lequel Siddharth Buddha a reçu l'illumination!" reprend sa copine très au fait de la tendance Bouddhisme new age.
Nous aussi, nous y sommes allés, et sans "illus" ni "hallus" nous y retournerons sûrement!  



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