Vendredi 9 février 2007
par Aurélien publié dans : Dubitatif

Attention ! Ces trois textes ne peuvent être lus séparément.

Ce matin, en allant au travail, je me suis demandé pourquoi je ne resterais pas plutôt chez moi à me reposer, traîner, et n’avoir qu’une quantité limitée de contraintes. Rester dans son appartement, être un lézard aux yeux fatigués qui glisse lentement de son lit à sa petite cuisine adjacente – nuage ralenti par le souffle paternel du temps. Etre enfermé dans un petit lieu clôt et pouvoir visualiser clairement les limites de sa vie, quatre murs, être la mauvaise surprise dans la boite de Pandore – tout parait plus simple vu de l’intérieur.

 

J’ai finalement choisi d’aller me jeter dans un wagon du Métropolitain qui me mènerait, comme une grosse chenille dans les veines de Paris, jusqu’à mon lieu de travail. Mais quel sens à tout cela ? Pourquoi répéter quotidiennement une tâche que nous sommes des milliers à faire ? Le métro avance et je repense aux réponses que m’ont offerts certains de mes amis financiers. Ils cherchent l’aisance, les moyens de jouir de plaisirs plus intenses, l’argent comme multiplicateur de bonheur. Soit. Mais, moi, je n’ai pas envie d’avoir de l’argent, je n’ai pas envie d’avoir un bel appartement et une longue voiture. Peut être qu’un jour tout cela arrivera mais en attendant je n’ai pas envie de me lever et d’aller travailler en me disant que ces choses là sont des récompenses, elles n’en sont pas, elles sont accessoires comme le champagne pour un anniversaire ou les décorations de Noël. Travailler pour des futilités est insensé et je ne peux pas le faire.

 

Alors quoi ? Travailler pour une grosse organisation ? Une organisation tellement grosse qu’elle en est forcément importante. Se donner un peu de crédibilité, trouver un peu de sens dans ce qui se veut sans frontière, englobant tous les pays, une sorte d’Atlas soutenant les cieux. Sauf que le Titan Atlas, lui, fut punit par Zeus et obligé de porter les cieux. Alors pourquoi cette punition auto infligée ? On passe sa vie à se punir. Se donner des devoirs. Se contraindre par moral, amour, amitié. Se consumer lentement en fumant. Chaque homme est une vague qui avance comme elle le souhaite, regardant dans la direction qu’elle veut, mais se dirigeant inexorablement dans le sens de la rive, pour venir s’échouer là où les autres ont échoués et là où les prochains échoueront. Certaines vagues sont plus hautes que d’autres, elles peuvent aller plus vite aussi, d’autres moins fières tirent vers l’arrière et appréhendent en voyant l’écume au loin. Mais finalement, toutes ont vu le soleil et tentent de le toucher. Les petits bras de la mer se tendent faiblement vers le ciel, emportés par un courant trop fort, les larmes blanches qui s’écoulent de leurs doigts fins portent toutes en elles un morceau de ce soleil patient.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La radio s’allume, il est 7h déjà. On entend les dernières infos concernant les candidats à la Présidentielle, leurs mésaventures, leurs éclats lors d’un débat télévisé. Il est temps de ne plus être inefficace et de s’habiller pour. Costume et cravate, douche et café, on se regarde dans le miroir et on attend que le rasoir s’active. Il y a quelque chose d’organique dans cette préparation matinale, orchestration d’objets bien distincts qui pourtant se rejoignent en ce rite quotidien si singulier. Alors que l’esprit est encore vide de la nuit - éponge des songes – le corps se mue et attrape les milles objets du matin. Ils sont combinés, utilisés, regardés et retrouvent leur place, sans plainte.

 

Je rejoins ensuite mon animal préféré qui vient me chercher tous les matins. Je vois ses deux gros yeux brillants qui roulent au fond du tunnel. De plus en plus larges. Ils sont vite secondés par le râle sourd de ce long mammifère souterrain. Sur le quai on attend et on guette, armés d’un sac à main ou d’un livre pour les plus forts, les autres se cachent derrière les journaux gratuits et remplissent leurs vases d’ennui de litres d’information factuelle – si Goebbels n’était pas mort il écrirait dans Métro, heureusement il est mort. A quoi bon tout savoir ? A quoi bon lire cette presse atone et insipide qui prétend tout dire en parlant de tout, tous les matins ou tous les soirs ? L’abondance d’information est nauséabond et détourne l’esprit des problèmes de fonds. Le meilleur moyen d’éviter de toucher aux questions fondamentales qui demandent de longues réflexions, qui impliquent une démarche intellectuelle parfois fatigante et qui peuvent mener à des changements radicaux, est d’aborder un nombre conséquent de questions de surface.

 

Un flux continu d’information toute la journée durant, des journaux aux émissions de télé, en passant par internet et jusqu’aux courriers électroniques des amis. Vous saurez tout alors ? Cette pluie vous tombe dessus et vous empêche de lever la tête. Sentez la moiteur de votre habit souillé par ce liquide sans odeur. Les gouttes y glissent et tournent autours des boutons de votre veste. C’est le savoir nouveau – l’avez-vous ? Vous l’aurez et vous rentrerez chez vous rempli à ras bord de faits nouveaux que vous aurez réussi à glaner le jour même. Aujourd’hui nous marchons tous le seau à la main, prêt à le remplir dès que nous pourrons. Etre vide c’est être faible, être fort c’est savoir plus. L’information assenée, nuisance molle du quotidien, vous mouille comme on lave un chien et vous baissez la tête en attendant que cela sèche. Lâchez donc ce seau, oubliez l’information et levez la tête ! Rien ne vaut une douche après une longue journée. Il est 7h. Déjà !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Éveil raisonné et laborieux, douceur beige aux arômes de cannelle, c’est le destin de l’homme qui se joue à son premier pas. L’œil sent l’organisation minutieuse qui s’opère dès le matin et sourit légèrement de n’être que temporairement accessoire. La force du café pris entre dix doigts se lance le long de la langue comme un lézard avalé lentement, déambulation irréfléchie, va-et-vient régulier. Cette première étape est un socle sur lequel s’entassent les éléments du quotidien pour former la pyramide du jour.

 

L’ours lourd avance difficilement sur cette double poutre métallique qu’on lui a attitrée, il grogne et progresse nonchalamment le regard fixé sur chacune de ses étapes. Enfin il rit un peu lorsqu’il peut s’arrêter quelques instants décidemment heureux d’avoir la chance d’être enchaîné. Captif content, il mime le fait du temps en n’ayant pour choix que l’option de s’arrêter ou de ralentir le long de sa longue ligne immuable. Heureux comme l’ours, celui qui n’a l’esprit qu’à ses chaînes et n’a de révolte que celle de s’en défaire ou de s’en accommoder. La procession d’hommes et de femmes qui avancent tous les jours vers cet animal porteur d’un ridicule espoir, agrippe fermement l’information qui lui a été glissée au creux de la main. L’esprit se relâche et l’ours oublié peut repartir tranquillement.

 

On rêve à la mer quand on est assis dans le métro. Par chance on peut même l’apercevoir lorsque l’on passe le long de certaines stations suffisamment bondées. Cette mer, elle, ne nous regarde pas. Non, elle tourne doucement, et en son cœur apparaît Calypso, éblouissante, qui sourit chaleureusement aux voyageurs errants. Ses bras de nymphe se tendent de toutes parts et sèment des larmes dorées que les regards émerveillés tentent d’attraper. Les yeux s’ouvrent et les poings se délient. Cette mère chagrinée donne vie à tout un monde qui s’anime – éclosion de vie, c’est l’heure du départ. Alors on marche lentement, le cil humide mais le sourire en coin. Les pas résonnent et bien que l’on ne se voit pas, la complicité est là. Nous avons touché un morceau de ce cœur chaud et sentir le souffle du vent sur notre visage alors que nous marchons dans la rue nous semble être un jeu nouveau. Nous voulons maintenant courir et on rit de voir jaillir des bouches étonnées des grands immeubles des enfants bleus et rouges qui se lancent le ballon sur lequel est écrit : « L’air ici ne manque pas ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

commentaires (4)    ajouter un commentaire recommander
Jeudi 18 janvier 2007
par hen al' publié dans : Dubitatif

 

Une accusation émanant d'Internet et relayée par un député de droite dénonce l'utilisation d'une SCI par Hollande et Royal pour éviter de payer l'ISF. Le couple concerné dément facilement, affirme payer l'impôt et veut même en faire un enjeu de campagne. Qu'est-ce qu'on veut démontrer? Qui est le plus honnête ? Qui est le plus riche ? A moins que riche et honnête soient des antonymes, et dans ce cas prouver l'honnêteté revient à démentir les accusations de richesse.

 

Il en ressort évidemment la question de la solidarité : montrer qu'on ne cherche pas à couper aux obligations de solidarité que l'on prône. Donc payer l'ISF est finalement une preuve totale de philanthropie socialiste. Et oui, avec tout cet argent, tous ces montages financiers possibles et tout ce pouvoir, il serait très facile de contourner l'impôt sur la fortune. Donc si on se soumet docilement à cet impôt, c'est soi que l'on est un benêt, soit qu'on est socialiste. Et même si son élocution devrait laisser planer des doutes sur les capacités mentales de la candidate socialiste ( mais une instit n'est pas bête, c'est le public auquel elle s'adresse qui pose problème), il est inconcevable qu'un système démocratique puisse installer une attardée au pouvoir. Au fait, il parait qu'en réunion des ministres, Chirac se penche parfois vers son voisin pour qu'il lui rappelle quel ministre est en train d'intervenir.

 

Donc plus on paye d'impôts, et plus il est certain que cela est intentionnel. Donc plus on paye d'impôts, plus on est socialiste. Le socialiste suprême étant le contribuable cédant plus de 60% de son revenu au fisc et protestant contre le bouclier fiscal. Peut être même que la, je tombe dans le socialisme utopique. Le plus grand socialiste du monde en puissance doit donc être Bill Gates. Il a environ 64 milliards de dollars. Le problème, c'est que la quasi flat tax en vigueur dans son pays ne lui permet aucun mérite. Il faudrait donc qu'il vienne emménager en France, plutôt que de créer des organisations caritatives. En même temps, il n'est pas con Bill, il sait qu'un businessman qui paye plein d'impôts perd toute sa réputation et sa crédibilité. "Comment? Tu ne maximises pas ton profit sous contrainte? Allons, sois rationnel bill!" Alors qu'en faisant des dons comme ça lui chante, a qui ça lui chante, ça fait humaniste engagé tout en restant un patron respecté.

 

Donc on ne sait plus quoi privilégier, le socialiste ou l'humaniste? On sent quand même que le socialiste a cette faiblesse de rester soumis a l'Etat, aux prélèvements et au GASPILLAGE de son argent. Alors que l'humaniste est un libre penseur, concerné et acteur. C'est même un rebelle, car il tente de façonner le monde selon sa propre vision. Il n'est pas le suiveur qui participe aux actions nationales, il est maître de ses actions, et établit ses propres priorités pour le monde. En effet, un humaniste comme Bill est avant tout un entrepreneur, et l'entrepreneur sait bien que si on passait son temps à écouter et à vouloir faire plaisir à tout le monde, on ne s'en sortirait pas.

 

Face a tous ces doutes sur l'identité du vrai bienfaiteur, entre humanisme et socialisme, il est au moins clair que le pauvre et le travailleur au noir ne peuvent pas se targuer de telles qualités humaines. Ces smicars et autres humbles (je te parle meme pas des travailleurs clandestins profiteurs) ne sont que des égoistes, paresseux et sans vision. Il ne participent pas à l'effort collectif de construction d'une société meilleure. Ce ne sont que des masses sans intelligence et nuisibles : ces profiteurs empêchent les bons patrons de bien payer leurs salariés !

 

commentaires (2)    ajouter un commentaire recommander
Samedi 6 janvier 2007
par Gabo publié dans : Dubitatif

Bonne nouvelle mes amis!

Le livret d’épargne CODEVI de la Société Générale a changé de nom et devient « le livret de Développement Durable » !

Ce changement de nom est une nouvelle illustration de la véritable prise de conscience, par rapport aux défis environnementaux et socio-économiques, qui s’opère dans notre société ! Et oui, on sent vraiment qu’on avance là !

Félicitation au département marketing de la SoGé ! Bravo les gars, ça c’est de l’idée !

J’espère vraiment que les autres banques vont s’aligner et suivre cet exemple ! A quand « le livret couche d’ozone » ou encore « le livret 0 % de CO2 » ?

Merci la Société Géniale de contribuer au débat en ajoutant encore une petite couche de flou sur ce concept déjà tellement vidé de sens ! Vous avez saisi l’importance de ne plus gaspiller inutilement vos ressources et vous vous mettez au recyclage !

Ca c’est du concret !

commentaires (2)    ajouter un commentaire recommander
Vendredi 22 septembre 2006
par Ju' l'Indien publié dans : Dubitatif

Yo...
J'écris peu, surement parce que j'écris pas très bien. Mais je consulte régulièrement vos écrits qui sont un peu les seules nouvelles que j'ai de vous. Je me suis enfin décidé à participé...Pr donner de la stature à mes propos, statuons que je suis tjrs en Ecosse dans cette banque où les choses se passent à fond depuis le début de l'été...
Ici, point de réunions calderonesques (seulement des staff meeting), point de chaises recyclés (chaises usées, chaises remplacées par une flambant neuve), point de fêtes de la bière (on appelle ca séminaires ou cocktails de départ)...
Je vais pas vous cacher que ce qui compte ici ce sont les cayennes!!! Par centaines, par milliers, elles défilent sous mes yeux...Chaque jour, ces millions s'accumulent dans mes tableaux excels et, dans la même seconde sur les comptes de nos clients et les notres, bien sur...
Ici, on "origine" les financements: en gros, on les créée, peu importe comment, ce qui compte c'est les "fees" (le mot français "honoraires" semble désuet pour cerner le concept du fee) qui tombent pour chaque deal. Tout n'est qu'abbréviation (WRA, ROE, RAROE, LGD, LTV, CDS...); ca va plus vite et pr le coup, il semblerait que l'expression "le temps c'est de l'argent" prenne tout son sens...
On ne s'inquiète plus de ces quelques millers d'euros perdus hier encore dans les méandres du système bancaire, il ne signifie rien: en dessous du demi millions, ce n'est que bagatelle...
Mon rève parfois, je l'avoue un peu honteux: retrouver ces "peanuts" et vous rejoindre au soleil...

commentaires (2)    ajouter un commentaire recommander
Jeudi 21 septembre 2006
par Jerem publié dans : Dubitatif

"Les racines blessées d'un arbre

Ont rougi ma terre natale

C'est la guerre la plus macabre

Qu'ils appellent chirurgicale."

 

Barmak (un Afghan en exil) dans Le grand festin de l'Orient de Olivier Weber, grand reporter au Point.

commentaires (0)    ajouter un commentaire recommander
Mardi 5 septembre 2006
par hen al'ancienne publié dans : Dubitatif

C'est l'histoire d'une chaise de bureau, plutot sobre et bien conservee, echouee sur le trottoir de la rue Auguste Gal, quartier populaire et neanmoins niçois.

Il est rare que deux glaneurs se retrouvent face à face, convoitant le meme objet. Ce cas de figure pourrait redonner une valeur marchande à un objet sans proprietaire. Ne voulant pas couper la chaise en deux, les interesses s'en remettraient au mecanisme de l'enchere. A moins qu'ils ne se battent.

Ce jour-là, j'etais seul dans la rue, et la chaise n'eut aucune objection à ce que je l'adopte.

Apres de bons et confortables services rendus dans ma cuisine, cet objet dut envisager un nouveau demenagement. Bien qu'elle n'eut pipe mot, je percevais aisement son inquietude existentielle. Plusieurs mois auparavant, elle n'etait dejà qu'un meuble fatigue, sans local ni utilisateur, et qui n'avait aucun avenir marchand: ni vendeur, ni acheteur à l'horizon. Persuadee qu'ayant perdu sa valeur monetaire, elle n'avait plus rien. Je lui avais redonne vie, mais elle se sentait plus vieille encore aujourd'hui. Elle parcourait sans cesse mes ouvrages d'economie, esperant trouver une perspective de revalorisation par la dimension historique, voire archeologique. Elle enchainait calculs et schemas compliques. Parfois saisie de fievres delirantes, elle se voyait detruire toutes ses semblables afin d'etre rehabilitee en tant qu'objet convoite.

Heureusement, il n'en fallut pas tant. Il suffit de la ramener dans sa rue originelle. Non pas sur le trottoir de droite, qui ne sert qu'a deambuler, mais en face, exposee en devanture d'un magasin d'occasions. Pour s'etre facilement  fait accepter parmi ses comparses de seconde main, il lui a ete remis une decoration qui lui rendit toute sa dignite.

Ce n'etait qu'un simple autocollant qui affichait: 5 euros.

commentaires (0)    ajouter un commentaire recommander
Mardi 5 septembre 2006
par Champo publié dans : Dubitatif

Oh Charly! on devait se voir, se faire une soiree, un week end sur le theme de la prepa et de ses bons souvenirs malgre tout.

Les liens s'etaient bien tisses et serres en l'espace de 2 ans. Nous sommes devenus une vraie petite clique eclectique, pleine d'epices et de joie de vivre.Tu en etais un des fleurons. Ta grandiloquence nous a fait surestimer ton ego dans un premier temps, mais ton attention et ton humanisme a tres vite ete apprecie et admire. Souvent malade, tu ne consacrais pas moins ton temps aux autres, surtout a ceux dont le fardeau etait trop lourd. Beaucoup de gentilles choses ont ete dites dans ton dos.

Tu n'etais pas le bien-pensant politiquement correct que l'on avait tendance a etre, mais tout le monde   aimait confronter ses idees aux tiennes et les respectait. Tu nous a ebranle plus d'une fois, mais toujours positivement.

Charly, meme si tout le monde n'a pas eu le temps de s'en apercevoir, nous on peut le dire, tu etais un GRAND HOMME!

 

commentaires (0)    ajouter un commentaire recommander
Mercredi 2 août 2006
par Jerem publié dans : Dubitatif

Voilà, j'étais au journal, comme tous les jours, et c'est plutôt calme en ce moment. Donc nous discutions de la guerre du Liban. Difficile.

La discussion tournant au vinaigre, nous dérivâmes vers des sujets plus généraux, plus philosophiques...

Les démocrates, les humanistes d'Europe et d'Amérique doivent-ils et peuvent-ils exporter leurs valeurs issues des Lumières vers les pays qui en sont dépourvus ?

Je suis, d'habitude, du côté de ces universalistes. Mais les mots s'échappant, je me pris à dire que j'étais un fervent relativiste. Que le bien et le mal, ça ne veut rien dire, qu'il y en a en chacun de nous, etc. Tout fier d'exposer ainsi ma culture areligieuse et mon anti-judéochristianisme.

Bien sûr, je ne transige pas avec la liberté, la liberté d'expression, la liberté de la presse (qui sont le fruit de la Révolution bien sûr, mais aussi, quoiqu'on en dise, des longs siècles religieux qui l'ont précédée). De même, je trouve inique l'ancienne loi talibane qui interdisait à quiconque de sourire dans la rue. Pareil pour les règles insensées en vigueur en Iran, en Corée du Nord, etc.

Mais : sourire, c'est naturel. Là où on peut se poser des questions, c'est lorsque l'on passe du naturel au culturel (le port du voile pour les musulmanes par exemple)... La liberté est-elle naturelle à l'Homme ? Je crois que oui.

Ai-je le droit de vouloir changer les autres et d'imposer ma culture, mon histoire, mon "programme de vérité" comme disait Veyne ?

Le relativisme, c'est dire que toute chose, toute institution, toute énonciation est dépendante d'une culture donnée, à un moment donné, et en serait incertaine et sujette à caution. Cette première énonciation serait donc, aussi, elle-même soumise à la relativité et se révélerait caduque et sans substance.

Donc le relativisme est très limité... par lui-même.

Partant, on peut légitimement croire en la vérité et en la justesse des valeurs de liberté... et vouloir les imposer face aux tyrans et autres despotes, qu'ils soient religieux ou laïcs.

Mais là, on risque de tomber dans l'autre extrême qui est l'absolutisme, qui a d'ailleurs mené au colonialisme.

Alors voici ma question : peut-on être universaliste sans être absolutiste ? Et, surtout, comment ? Quel est le juste-milieu entre relativisme (qui est souvent l'expression d'une tolérance bonasse) et universalisme ?

Merci de vos réponses. Car ici, je ne sais pas si vous avez vu la cover de cette semaine, on s'ennuie un peu.

commentaires (0)    ajouter un commentaire recommander
Mardi 1 août 2006
par le paresseux publié dans : Dubitatif

une question viendra d'abord à l'esprit de mes camarades dubeurs, pourquoi est-ce en ce 1er août que le paresseux décide de sortir le museau de son trou?

L'imbécile de blond à peau blanche que je suis eût l'envie subite de participer à un match de football en plein soleil, sous 35 degré et des poussières. Le coup a été rude, et me voici allongé dans ma chambre, rouge sous un masque régénérant de biafine, à sentir petit à petit ma peau se liquéfier...

je vous sens, camarades, en proie à d'autres violentes interrogations. Quel désespoir a conduit le paresseux aux poumons encrassés vers un terrain de sport, alors qu'il ne connaît pas la signifcation du mot effort ? Un paresseux dort en moyenne 22 heures par jours. Il se nourrit des plantes vénéneuses pour les animaux qui l'entourent afin de n'avoir aucun ennemi. Il vit lentement, très lentement, produit un minimum d'énergie. Il peut rester des semaines sans bouger. . 90% de sa vie est voué au sommeil (imaginez la part des rêves...), il ne connaît aucun prédateur et ne possède aucune proie... quelle meilleur symbole de sérennité ! Cette digression sur notre cousin est sans intérêt ; elle ne fait que reflêter mon affection pour lui ; Oh, Bouddha, réincarne moi !

je regrette que mon premier article sur ce blog ne concerne pas l'asie du sud-est. J'y ai pourtant vécu d'intenses expériences. Un jour (...) je complèterai les photos...

Mais pour l'instant c'est un autre voyage, s'il on peut le nommer ainsi, qu'il me faut vous narrer. Je me trouve actuellement en Turquie, plus exactement à Bodrum, une ville de la côte égéenne sud. Contrairement à l'année dernière, je prends le temps de partager cette expérience avec vous mes chers camarades, car le temps ici est beaucoup moins précieux. Je suis dans ce que l'on pourrai appeler une cage dorée, loin des habitants et de la culture turque (pardon, nous aurons ce soir un spectacle en habits traditionnels...).

Mon arrivée ici me renvoie à de curieux souvenirs que, j'en suis sûr, vous partagerez. Descendus de l'avion, nous sommes accueillis pour un jeune homme très sympatique, large sourire, bonne humeur et polo rouge... Dans le bus qui conduit à l'hôtel, il nous donne des informations pratiques, intercalant quelques touches humouristiques qui font leurs impressions... C'est un cauchemard, je reviens deux ans en arrière, et me revois en partance pour le week-end d'intégration

Mes souvenirs se perdent un peu plus loin. le dernier voyage famillial de ce genre, c'était il y 6 ans, au Sénégal... Je ne vous avez certainement jamais dit que j'étais aller au Sénégal, car je considère avoir passé une semaine sur une plage européenne en Afrique, résidu de l'époque coloniale. A l'époque j'étais stupéfait de voir les chefs d'entreprises et leurs épouses se divertir en imitant l'éléphant (la trompe étant le bras, je vous laisse le soin d'imaginer la posture), en chorégraphie sur de la musique disco. et tout le monde il est beau... j'avais à l'époque du mal à comprendre d'où leur venait ce goût pour le ridicule et le kitsch, quoi qu'il s'agisse d'un point de vue subjectif ; nous avons tous notre kitsch, le mien c'est les années 60. Et l'association avec le ridicule d'une chorégraphie infantile, c'est ce qui leur permet de relâcher la pression des cayennes qu'ils brassent chaques jour que le dieu capitaliste fait.

Camarades, vous le voyez, inconsciemment, l'edhec nous a encore appris quelque chose, grâce au ridicule de ses chorés : elle nous a initié au vacances du manager, loin du stress de son travail, là où il découvre une autre culture, un autre pays dont il repart avec foule de souvenirs : la plage de son hôtel, l'excursion dans le temple de la cité voisine, le tapis marchandé dans le bazar du village, mais surtout, l'impression d'avoir été soi-même pendant une semaine où il a retrouvé l'ambiance des meilleures années de sa vie, l'époque de l'insouciance et de la liberté, ses années d'écoles de commerce.

 

Enfin mes chers frères, je vous le dis, je me retrouve ici par hasard, le même qui m'a conduit à vous rencontrer en intégrant notre chère école, le hasard de la naissance. Et comme je ne souhaite pas vivre  dans l'oisiveté la plus complète, en attendant de m'échapper quelques jours pour avoir un aperçu de cette partie de la Turquie, j'ai décidé de reprendre une vie saine, pleine de légumes et de sport. Ainsi vous savez pourquoi le paresseux est allé se brûler le visage en courant après un ballon : tout simplement par ennui...

commentaires (2)    ajouter un commentaire recommander
Lundi 12 juin 2006
par Youssef publié dans : Dubitatif


Caveman
commentaires (0)    ajouter un commentaire recommander
Vendredi 9 juin 2006
par henzo publié dans : Dubitatif

 

 

 

 

 

 

 

 

Conférence EDHEC du 31/05/06 intitulée "Gérer des hommes, un défi commun?" en partenariat avec la Marine Nationale. 

 

 

 

 

 

Etaient présents un capitaine de vaisseau à toulon, un ancien militaire devenu ingénieur chez Thalès, un consultant chez EADS (ancien Edhec), un cogérant d’entreprises et leur audience, une quinzaine de personnes. Parmi ces dernières, deux étudiants très « vieille France » ; je me suis dis qu’ils venaient sûrement d’une école militaire en voyant la façon dont ils faisaient si docilement la boîte à rire. Sinon, on recensait surtout des étudiants solidaires du meneur de ce projet, pas trop concernés mais toujours très bon public.

 

 

 

La conférence débute sans surprise, avec les intervenants qui, l’un après l’autre et de gauche à droite, proposent leur définition du « leadership ». On s’exerce aux aller-retours entre l’armée et le civil, de façon plus ou moins habile :

 

 

 

« …c’est très différent ; dans l’Armée on expose des vies ! alors que dans le privé,[il ne s’agit] que[de]produire et faire du profit. »

 

 

 

 

 

Cette affirmation que l’entreprise n’affecte que des chiffres est réappropriée par le joufflu ancien Edhec, qui en rajoute une couche.

Et puis on glose. On se félicite de tous avoir la même opinion. Arrive le tour du quatrième intervenant, le « civil » de l’autel . Rejetant toubonnement le terme de leader, auquel il préfère « capitaine » ou « chef », il balance à son tour sa définition :

 

 

 

            « le capitaine, celui qui est seul entre les hommes et Dieu. »    

 

 

 

 

 

Pas de réaction. Il continue donc, en baissant moins la voix en fin de phrase :

 

 

 

« L’Autorité a disparu en France. Elle a commencé à décliner il y a 200 ans quand on a commencé à couper des têtes.[…]C’est pourquoi beaucoup d’entre vous veulent partir à l’étranger ».

 

 

 

 

 

Son exposé passe inaperçu, récoltant même quelques acquiescements. Maintenant complètement désinhibé, il s’engage alors sur un terrain beaucoup plus consensuel ici, celui de la critique gratuite et humiliante des fonctionnaires. Il exprime son effroi face aux résultats des sondages qui déclarent que 70% des jeunes veulent être fonctionnaires ». Un peu plus tard, une autre phrase me fait sursauter :

 

 

 

            « le chef est compétent ; s’il n’a pas d’autorité, il n’est pas compétent. »

 

 

 

 

 

C’était sûrement un lapsus. Mon voisin pense aussi. Mais comme Freud, j’y accorde de l’intérêt. Cela corrobore tellement son discours religieux prêchant le leader de droit divin ! Et ça correspond aussi tellement bien au brouillard de notre formation qui n’a de palpable que le « book des anciens ». Il faut un label, un titre, et hop ! les ¾ du chemin fait en un chèque… C’est donc bien révélateur mon cher Sigmund !

Enfin, ce même cogérant teigneux clôt le premier round en citant André Charlier, le catho qui a récemment inspiré la création d’une école hors contrat qui refuse la mixité, donc les filles :

 

 

 

« …Soyez des hommes libres, laissez les carrières de fonctionnaires à ceux qui ont un esprit servile. »

 

 

 

 

 

 Les boîtes à rire sont montées à la puissance maximale.

En gentil anglo-saxon, le professeur de gestion des ressources humaines David Weir effectue un cours résumé en éludant les déviances. Je dois être le seul à avoir postulé à l’ambassade. Mais je ne sais pas pourquoi, je me sens un peu masochiste : je suis content qu’il se lâche comme ça, qu’il se révèle dans toute sa noirceur prévisible.

Deuxième round. Au sujet de la formation éventuelle du leader. Inné ? Acquis ? Un peu des deux ? Rien de bien nouveau. Mais une certaine euphorie gagne nos protagonistes au fur et à mesure qu’il descendent la nouvelle génération et le système scolaire français depuis 68. Les deux plus jeunes, l’Edhec et le psychopathe, qui ont respectivement 42 et 43 ans, s’exclament même en cœur :

 

 

 

            « Allez ! soyons ringard ! »

 

 

 

 

 

On pleurniche sur la disparition du service militaire. Je commence à en avoir marre, ça dure depuis déjà une heure et demie…Bon ! J’attends une dernière perle avant de m’éclipser. Pas besoin d’attendre longtemps, puisque notre casseur d’Etat confirme que Dieu s’est réincarné dans le marché pour continuer à désigner les « têtes » :

 

 

 

« On ne détecte pas les chefs, moi-même je ne sais pas le faire ; c’est le marché qui les détecte. »

 

 

 

 

 

Magnifique ! Et je n’ai même pas le temps de rassembler mes affaires qu’il se déchaîne à nouveau :

 

 

 

« Si vous n’avez pas les compétences, vous n’avez pas l’autorité…et vous finissez à la CGT ! »

 

 

 

 

 

Rires. Grandiose. Je ne sais plus si certains ont applaudi, peu importe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

commentaires (2)    recommander
Samedi 3 juin 2006
par Youssef publié dans : Dubitatif

GMM

Youssef,  je me suis permis de publier sur notre cher blog ce texte que tu as écrit l'année dernière... Une belle archive que voila, espérons seulement que tu donnes vie à ce satané GMM... Nous attendons la suite avec impatience,


Gabo





GMM

"C'est trop de la merde!!' C'est par ces mots tout empreints de la finesse qui est la sienne que GMM renvoie a leur médiocrité la quasi totalité des productions culturelles actuelles. Fort heureusement pour la cohorte de pseudo artiste d'aspirant créateur qui peuplent la jungle médiatique GMM n'est pas un influent critique littéraire. il n'est  pas rédacteur en chef au inrock, ni chroniqueur sur paris première.

GMM tenez vous bien n’est même pas artiste, na jamais rien produit; pas même la plus misérable crotte littéraire ni même le plus insignifiant pet musical.
GMM n'a pas d’audience particulière, n'est pas plus écouté que vous et moi.
Et pourtant, GMM du haut de son plus complet anonymat, paré des flamboyant oripeaux de sa banalité, juché sur le fier destrier du commun et de l'indifférencié destitue, renie, déclasse, élimine, impitoyable, tous les créateurs en herbe. Sans concessions aucune.
Sans appel. Sans délai. Sans jamais douté. Car enfin Le bon goût, le beau geste, La pensée authentique sont toujours certains... Et de renvoyer par la même les partisans d'une relativité du goût a leur tolérance molle, à leur subjectivisme inconséquent et dangereux.

GMM, soyez en sur, n'est pas malgré les apparences comme vous et moi. Il est d'une autre dimension, d'une autre race, celle des élus, des illuminés, fier porteur d'une parole aujourd'hui oublié. Ne vous fiez pas à son apparence anodine. Il n'a certes aucun prestige particulier, n'a pas de pouvoir, n'est pas particulièrement beau ou riche, banal au possible a première vue.
Mais il émerge de la plèbe sale et mal dégrossie pour une seule et unique raison: il pense.
La pensée est son signe d'élection. Il rayonne dans l'obscurité, s'élève dans la pesanteur
parce qu'il est frappé, on ne sait trop pourquoi ni comment par le sceau de l'intellect.

Entre Abécédaire du bon goût a l'usage de tous et pamphlet néo conservateur GMM vous invite a le suivre dans son labyrinthe intérieur à la rencontre de ses amours et désamours, de ses goûts et ses dégoûts, pour qu'une fois perdu dans les dédales de la volupté et du beau, saoulé à la belle lettre et au mot juste vous puissiez comprendre,dans un éclair de lucidité, tel l'ivrogne éclairé par Dionysos,et ne serait-ce qu'un instant pourquoi le monde d'aujourd'hui c’est vraiment "que de la merde".

Beau programme que voila.

 

 

 

 

commentaires (1)    ajouter un commentaire recommander
Samedi 27 mai 2006
par Jerem publié dans : Dubitatif

Après un exceptionnel petit-déjeuner pris sur les coups de quinze heures, je décidai d’aller à la plage afin de rattraper mon retard dans le concours du plus bronzé de la classe. Je choisis une plage bondée en face d’un grand hôtel niçois pour ne pas me sentir trop seul. Première erreur. Avant même de descendre les escaliers puants pour rejoindre mes concurrents du jour, j’étais déjà exaspéré par les braillements de leurs gosses cramés.

 

J’enlevai mon tee-shirt puis m’étendis sur ma serviette trop petite. Sur le ventre, sur le dos, sur les côtés… après quelques minutes de ce jeu lassant, je sortis un recueil de lettres de poilus de la Grande Guerre. Je n’ai pas dû lire plus de vingt pages. C’est affreux de lire sur la plage : assis, allongé sur le dos avec le coude en béquille, légèrement tourné sur le côté… En fait, on ne lit pas, on bouquine. On finit une page à bout de bras et de souffle, on lève la tête, un regard satisfait vers les voisins, et on replonge dans la page suivante.

 

L’air tremblait sous le soleil déjà accablant de mai. Je sentais ma peau rougir, pour ne pas dire rôtir, et les galets brûler sous mes pieds. J’avais bien envie d’aller piquer une tête dans la mer toute fraîche mais j’étais trop fainéant.

 

De soupirs en soupirs, mon attention trouva enfin sur quoi se fixer. A trois mètres devant moi, se trouvaient quatre grands types assez maigres et un garçon d’environ trois ans. Je compris vite, d’après leur conversation, que le petit était le neveu du plus âgé des quatre gringalets. L’un d’entre eux écoutait une musique niaise. Le grand qui s’appelait Michael ordonna en rigolant bêtement au petit Saïd d’aller se baigner, lequel s’exécuta sans broncher. Mais le benêt ne voulait pas qu’il allât trop à droite. « Pas par là ! » éructa-t-il. Il lui lança un galet pour le remettre dans le droit chemin. Dans une absurdité toute camusienne, la pierre toucha l’enfant en pleine tête. Quelle bécasse ! Ses amis gloussaient. Le mélomane lui cria même : « C’est un pigeon Saïd ! »

 

Sidéré par tant de cruauté imbécile, je bus quelques gorgées d’eau chaude.

 

Pas une minute de répit, Michael s’en prit de nouveau à Saïd, le pauvre… Cette fois-ci, il avait trouvé une moitié de biscuit et demanda naïvement s’il pouvait la manger. Michael lui imposa les dents serrées de lâcher immédiatement le dangereux gâteau. Il lui jeta une minuscule pierre sur les pieds, puis une autre, et encore une autre. Deux des autres nigauds l’imitèrent. Saïd se recroquevilla par terre. Il pleurait mais les grands cons continuaient à le lapider.

 

Je ne comprends plus ce qu’il se passe.

commentaires (2)    ajouter un commentaire recommander
Vendredi 26 mai 2006
par gabo publié dans : Dubitatif

- World Health Organisation, mai 2006 -


 

 

One more time! Once again down in da Babylon! Comme chaque année au mois de mai, la WHO organise son assemblée mondiale. Des centaines de ministres, de docteurs, de délégués, de princes et princesses en tout genres se retrouvent à Genève pour une semaine de projets prometteurs, de résolutions résonnantes et de décisions décisives, qui devraient permettre d’éradiquer une fois pour toutes le sida, la polio, la variole, la grippe aviaire… tous ces maux qui frappent le monde (du sud curieusement) depuis tant d’années.

 


Hier, sa majesté le prince Charles, après le généreux Bill Gates l’année dernière et comme tant d’autres grands de ce monde, est venu planter son arbre dans les jardins de l’organisation. Un arbre, quel symbole fort, un geste plein d’espoir. Mais un espoir de plus en plus désespérant lorsque l’on réalise que chaque année les mêmes constats désolants refont surface. Les tirades n’ont pas changé, n’ont pas vieilli. En fouillant les archives, on pourrait prendre par exemple les cassettes de 1978, année de la conférence d’Alma Ata et repasser ces enregistrements dans les salles de conférence. En fermant les yeux, on serait persuadé d’assister à la 59ème assemblée mondiale de la santé de cette année 2006. Les noms changent mais les discours eux semblent intemporels.

 


Dr Lee (DG défunt de la WHO ) meurt ce lundi matin, deux heures avant l’ouverture de l’assemblée. Les condoléances s’enchaînent mais l’excitation est déjà palpable. Qui aura l’honneur de lui succéder ? Qui sera à la tête de l’organisation mondiale des promesses ? Les prétendants montrent les dents, que la bataille commence.

 


Mais pour mémoire, qu’avait on promis en 1978 lors de la conférence d’Alma Ata ? La santé pour tous, tout simplement, en l’an 2000 ! Quand on évoque le futur tout est permis. On peut dire n’importe quoi, on peut croire et espérer n’importe quoi. Mañana serà otro dìa, en 1978 l’an 2000 était si loin.

 

 


Pourtant, personne ne peut nier que l’ONU et toutes ces organisations qui en dépendent restent le seul espoir fondé que nous ayons. Aussi déconcertant que cela puisse aujourd’hui sembler, notre avenir passe inévitablement par la gouvernance mondiale, vecteur potentiel de cohésion cohérente.
Et en attendant que les beaux discours laissent enfin place à des actions à la hauteur des problèmes rencontrés, espérons que les cris de detresse poussés en pleine conférence par des hommes comme Johnson Mwakazi, jeune séropositif de 19 ans , déclenchent les changements du succès. Son intervention a jeté un froid sur l’assemblée. Silence, malaise, puis finalement applaudissements, en voici des extraits…


 

“I wonder what you would do if I told you that you tested positive. Would you disclose your status? Or would you deny this simple fact […] you claim to know so much about HIV and Aids, even go to the extent to creating awareness on HIV tests, but have you tested yourselves? You simply know how to talk the talk when you don’t have it but would you walk the walk if I told you that you had it?
[…]

 


All I hear and see on the Medias is purely stigmatisation of the highest order […] I seat and listen to your commercial products, oh yes, even to your advertisement. And all I get all day long is fear. You scare me with your posters that I’m not only having HIV, but that I’m also a dead man walking.
[…]

 


Do you stop to realize that I was the most, oh yes, the most faithful to my wife? Or would you believe that I got it through injection in hospital with a non-sterilized needle? […] Or if I told you keen enough, would you believe that I was raped? Nowadays, nowadays I have my own spoon, my own cup, my own plate, my own fork. Imagine, in a family of eight […] nobody dares to shake my hands. They find it safe to just wave at me. Would you believe that they even fear to breathe when they are around me?
Anyway, I’m not begging you to understand me or even sympathize with me. Because I know some of you, oh yes most of you are making money because of my status. But I want to tell you this; if you think you are negative: you never know until you go for testing. And if I told you tested negative, you never know. You might as well be in the window period, oh yes in the window period. Brothers and sisters, fathers and mothers, this one thing has destroyed families, this one thing has destroyed marriages, this one thing has killed men. It is not HIV, it is not Aids, it is not drugs, it is not suicide, it is not murder. It is stigmatisation. I say stigmatisation.

Now to all those who are but like me, looks like we are aliens, aliens in the land we are born in. But it doesn’t matter, I say it doesn’t matter. Run the race, run the race. Do not look back, no sideways, just move on, it doesn’t matter but we still finish the race…”

 

 

 

 

commentaires (0)    ajouter un commentaire recommander
Lundi 22 mai 2006
par henzillon publié dans : Dubitatif

 

 

 

 

 

Adam et Mada rôtissent dans les flammes de l’enfer . Ils étaient frères et sœurs ici-bas, ils sont maintenant de damnés camarades en –dessous.

A ce propos, avez-vous déjà réalisé que ce n’est qu’en enfer que vous pourrez achever joyeusement votre éternité ? Qui croit sérieusement pouvoir jouir de la compagnie de tous ces culs serrés alors que toutes les bouteilles et leurs tenants se sont installés dans la cave ? Le délire « je bouffe des fruits et je fais pas d’efforts à part les cueillir », qui y croit ? C’est bien en s’élevant vers le vice qu’on tuait le temps quand on était en vie…

Retour aux frère et sœur. Adam, fuyant et bien élevé, connaît catholiquement l’horreur du vice. Sachant qu’un homme ne sait pas bien faire, il dédiera son existence à réduire son champ d’action. Au moins, il évitera les remords en fin de vie. Reste l’ennui, l’absence de divertissement.

Mada. Impertinente, plutôt conne mais donc sûre d’elle et pleine de grands projets. La tête haute, les seins tournés de l’avant, elle se tient toujours prête à gagner, même sans compétition.

Adam sait comment croupir dignement. Il table sur de petits cycles de vie ; il calque son rythme de vie sur la cohérence de sa conscience : se sachant faible et amnésique, il réduit le champ de sa cohérence à quelques heures. Un repas, un moyen de se fatiguer , une façon de récupérer avant de s’amuser pour ouvrir l’appétit…

Ainsi, tout ce qui est extérieur à ce cycle est extérieur à son choix et à sa responsabilité. Le hasard se développe à mesure que ses contradictions diminuent. Il n’ajoute aucune dimension à une espèce qui ne saurait l’honorer.

commentaires (2)    ajouter un commentaire recommander

Rechercher

 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus