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Jeudi 18 janvier 2007 4 18 /01 /Jan /2007 22:25
- Par hen al' - Publié dans : Dubitatif

 

Une accusation émanant d'Internet et relayée par un député de droite dénonce l'utilisation d'une SCI par Hollande et Royal pour éviter de payer l'ISF. Le couple concerné dément facilement, affirme payer l'impôt et veut même en faire un enjeu de campagne. Qu'est-ce qu'on veut démontrer? Qui est le plus honnête ? Qui est le plus riche ? A moins que riche et honnête soient des antonymes, et dans ce cas prouver l'honnêteté revient à démentir les accusations de richesse.

 

Il en ressort évidemment la question de la solidarité : montrer qu'on ne cherche pas à couper aux obligations de solidarité que l'on prône. Donc payer l'ISF est finalement une preuve totale de philanthropie socialiste. Et oui, avec tout cet argent, tous ces montages financiers possibles et tout ce pouvoir, il serait très facile de contourner l'impôt sur la fortune. Donc si on se soumet docilement à cet impôt, c'est soi que l'on est un benêt, soit qu'on est socialiste. Et même si son élocution devrait laisser planer des doutes sur les capacités mentales de la candidate socialiste ( mais une instit n'est pas bête, c'est le public auquel elle s'adresse qui pose problème), il est inconcevable qu'un système démocratique puisse installer une attardée au pouvoir. Au fait, il parait qu'en réunion des ministres, Chirac se penche parfois vers son voisin pour qu'il lui rappelle quel ministre est en train d'intervenir.

 

Donc plus on paye d'impôts, et plus il est certain que cela est intentionnel. Donc plus on paye d'impôts, plus on est socialiste. Le socialiste suprême étant le contribuable cédant plus de 60% de son revenu au fisc et protestant contre le bouclier fiscal. Peut être même que la, je tombe dans le socialisme utopique. Le plus grand socialiste du monde en puissance doit donc être Bill Gates. Il a environ 64 milliards de dollars. Le problème, c'est que la quasi flat tax en vigueur dans son pays ne lui permet aucun mérite. Il faudrait donc qu'il vienne emménager en France, plutôt que de créer des organisations caritatives. En même temps, il n'est pas con Bill, il sait qu'un businessman qui paye plein d'impôts perd toute sa réputation et sa crédibilité. "Comment? Tu ne maximises pas ton profit sous contrainte? Allons, sois rationnel bill!" Alors qu'en faisant des dons comme ça lui chante, a qui ça lui chante, ça fait humaniste engagé tout en restant un patron respecté.

 

Donc on ne sait plus quoi privilégier, le socialiste ou l'humaniste? On sent quand même que le socialiste a cette faiblesse de rester soumis a l'Etat, aux prélèvements et au GASPILLAGE de son argent. Alors que l'humaniste est un libre penseur, concerné et acteur. C'est même un rebelle, car il tente de façonner le monde selon sa propre vision. Il n'est pas le suiveur qui participe aux actions nationales, il est maître de ses actions, et établit ses propres priorités pour le monde. En effet, un humaniste comme Bill est avant tout un entrepreneur, et l'entrepreneur sait bien que si on passait son temps à écouter et à vouloir faire plaisir à tout le monde, on ne s'en sortirait pas.

 

Face a tous ces doutes sur l'identité du vrai bienfaiteur, entre humanisme et socialisme, il est au moins clair que le pauvre et le travailleur au noir ne peuvent pas se targuer de telles qualités humaines. Ces smicars et autres humbles (je te parle meme pas des travailleurs clandestins profiteurs) ne sont que des égoistes, paresseux et sans vision. Il ne participent pas à l'effort collectif de construction d'une société meilleure. Ce ne sont que des masses sans intelligence et nuisibles : ces profiteurs empêchent les bons patrons de bien payer leurs salariés !

 

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Lundi 8 janvier 2007 1 08 /01 /Jan /2007 02:32
- Par hen al' - Publié dans : Portraits
23 décembre 2006, Noël est imminent. Cette célébration n’a pas la même place à Cuba que dans les pays traditionnellement catholiques. Mais à Remedios, village de la région Villa Clara, c’est l’occasion d’une grande fête de 3 jours. Niko, Rewan, fils de notre hôte, et moi, quittons donc la Habana tant bien que mal. Je propose d’y aller avec un de ces Yutong bus offerts par la Chine. Ce

sont d’ailleurs les seuls transports en commun décents que propose le pays. Malheureusement, aucun départ n’est prévu ce jour-la. Etonnant quand on sait que les festivités de Remedios sont internationalement connues. Je me plie donc a la proposition de Rewan de s’y rendre en taxi. Il me faudra débourser 70 dollars pour qu’une de ces voitures modernes daignent transporter nos culs trop blancs. Car, quand mon compère cubain tente de négocier, on lui rétorque hargneusement qu’il a le devoir citoyen d’escroquer nos petites têtes de capitalistes.

Sur la route, notre chauffeur s’arrête acheter une grosse dinde frétillante à un forain clandestin en charrette, puis la charge dans le coffre. Elle lui coûtera 230 pesos cubanos (soient 10 pesos convertibles ou dollars). A la Havane, il aurait dû débourser 50 dollars, alors que son salaire est versé en pesos cubanos. A 50 kilomètres de notre destination, la pluie cesse soudainement, dévoilant un ciel scintillant, propre de toute pollution industrielle. L’horizon plat et monotone n’est interrompu que par quelques palmiers et deux ou trois hameaux.

Nous arrivons vers 22h30 dans le village déjà étourdi par le rhum blanc. Nous nous rendons tout de suite à la maison de la sœur de Fabian, notre hôte. Après les politesses d’usage, nous nous rendons tous ensemble dans le centre en fête. Entre réponses aux clichés habituels et traductions a et de Niko, je commence à faire connaissance du mari de la sœur de Fabian: le chaleureux Santiago père. Ses yeux tombent plus bas que ceux de Stallone. Et ils sont auréoles d’une teinte noire qui laisse mesurer son amour pour l’alcool de canne à sucre.     

Santiago veut nous expliquer qu’il est professeur webmaster –du gouvernement bien entendu- et designer de softwares. Il s’interrompt régulièrement pour récupérer son équilibre ou tituber une danse de reggaeton, le tout la chemise ouverte sur sa panse. Puis il embraye sur la Chine, pays partenaire donateur de Cuba. Il faut préciser qu’en échange des financements en tout genre, des télés Panda, des bus et de la bouffe pour chiens revendue en élégant pâté, Cuba présente la Chine comme un pays parfait en tout point. Il existe par exemple un programme TV –Mirando China- diffusé 2 fois par semaine sur l’une des 4 chaînes. Cette émission nous explique combien ce pays est communiste, riche et bon, sachant conserver ses traditions dans la modernité. Et tout le monde, devant son poste, se doit d’imaginer que “Vamos Bien” et que le rêve chinois sera bientôt la réalité cubaine. Santiago, qui a pourtant un accès privilégié à l’information, va donc à son tour s’extasier à propos de la Chine –et au passage cracher ostensiblement sur la France. Il avait réussi à me vexer quand, heureusement, le concert commença devant les milliers de cubains.

Deux jours plus tard, une nouvelle discussion avec l’informaticien virulent m’a permis de creuser un peu son point de vue. En voici une reconstitution :

 

-Comment tu t’appelles ? louorennete ? C’est trop compliqué, je vais t’appeler Napoléon.

-Oh non, pas Napoléon s’il te plait !

-Pourquoi pas ? Tu n’aimes pas Napoléon ? Tu n’es donc pas français ! Comment je peux t’appeler alors ?

-Comme tu veux, mais ne m’appelles pas Napoléon !

-Alors c’est qui le héros français ? Vous devez bien avoir un héros en France, non ?

-Ben, non…enfin, il n’y a pas un héros national, c’est selon les personnes, leur opinion…Quand on s’identifie tout de suite et en masse à quelqu’un, c’est qu’on idéalise cette personne, non ? Mais s’il en faut vraiment un, je pense que Zidane est tellement populaire qu’il est un emblème de la France.

-Zidane ? Pfff, il n’est même pas français ! Moi, je vais écrire un article dans la presse demain, et expliquer que les français, contrairement aux cubains, ne savent pas s’identifier à une personne en chair et en os ! Donc, en fait, pour moi, la France n’est pas une vraie nation. Moi, et tout les cubains, on pourrait s’appeler Jose Marti ou Fidel !

-Et moi je me demande s’il peut exister un homme réellement héroïque, sans motivation égoïste, ce qui justifierait une sacralisation et une adoration de l’unanimité…Ou si le fait de n’avoir qu’une seule source d’information, avec un point de vue uniformisé suffit à la création d’un personnage emblématique ?

-Eh ben non, regarde, j’ai Internet ! Il n’y a rien d’interdit à Cuba, qui t’a dit qu’il y avait un contrôle de l’information ?

- Simplement le fait que Cuba soit le deuxième pays au monde où il y a le plus de journalistes emprisonnés. Et vous, en quoi consiste votre travail ? (il me l’avais déjà dit, c’était juste pour voir jusqu’où allait sa mauvaise foi)

- Mon travail est d’identifier et bloquer l’accès à tous les sites pornographiques. Mais à part la pornographie, on a le droit à tout. (ce qui est faux, car seuls les fonctionnaires dont la tâche et le niveau hiérarchique le justifient ont accès à Internet, les autres cubains n’ont droit qu’à une adresse électronique.).

 

Nous sommes finalement interrompus par les détonations de feux d’artifice. Tout le monde se transforme en gosse, monte sur les toits, court entre les projectiles, pousse des cris de joie. A minuit, l’immense église du village s’ouvre pour la messe. Pris par un mouvement de foule, je me retrouve à l’intérieur plaqué or de ce bâtiment. Les ¾ des occupants ne sont pas là pour se recueillir et les autres font la grimace. On brandit des caméras et des bouteilles de Habana Club, pas de crucifix. Dehors, c’est la guerre. Les gens viennent s’entasser dans l’église pour échapper aux boules de feu tombant du ciel. Les pétarades incessantes couvrent la voix du curé malgré son micro. Le feu d’artifice durera 5 heures. Ont suivi les combats aux pétards jusqu’au matin bien entamé. On m’a dit que le lendemain, il est de coutume de voir des enfants ramasser les projectiles qui n’ont pas explosé pour leur donner une deuxième chance.

 

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Samedi 6 janvier 2007 6 06 /01 /Jan /2007 18:48
- Par hen al' - Publié dans : Société

 

 

En 1895, les EU et l’Espagne s’accordent pour signer les traités de Paris instaurant l’indépendance de Cuba. Cuba n’était pas convié à la fête. En effet, grâce a l’amendement Platt que les USA ont imposé à Cuba, cette indépendance avait plus le parfum d’un transfert de propriété de l’Espagne aux ricains que d’une libération. C’est par exemple grâce à cet amendement que le pays de la democracy a pu imposer son énorme base militaire Guantánamo. C’est aussi le même ingérant qui a évincé Máximo Gomez du pouvoir, car il n’avait pas un sens assez aigu des intérêts américains et était trop noir... Il est donc ensuite normal que le peuple cubain se démène pour se libérer de son puissant voisin, pour le meilleur et pour le pire.

C’est dans la même logique que le Monde Diplomatique se répand lascivement sur les tentatives actuelles d’ingérence de la part des USA. Dans son article “Demain, Cuba...”, Maurice Lemoine fait parler le président du Parlement cubain : “Tant qu’existera cette politique, il y aura des personnes impliquées, qui conspirent avec les Américains, qui acceptent leur argent, et (...) je ne connais aucun pays qui ne qualifie une telle activité de délit »  En effet, les USA reconnaissent apporter un soutien matériel et financier aux « dissidents » de Cuba. Et il est légitime de craindre les intentions des libérateurs ricains. Mais pourquoi ignorer si royalement le même soutien qu’apporte le gouvernement castriste au PRD, parti populiste mexicain qui rêve d’un Cuba au Mexique ? Pourquoi conclure l’article en exaltant les forces vives du pays alors qu’elles n’ont aucune existence réelle à Cuba ? Espionnés, lobotomisés, emprisonnés, les démocrates cubains n’ont que peu d’avenir. Les Etats-Unis ne seront certes pas les sauveurs de Cuba, mais ce n’est pas non plus l’Etat cubain qui favorisera un quelconque dynamisme politique interne. Ce Cuba qui emprisonne les journalistes, qui interdit Internet, qui fait l’appel à chaque manifestation organisée pour mieux surveiller les absentéistes, n’autorisera pas une transition démocratique.

 

Dès lors, cette logique du Monde Diplomatique qui consiste à considérer l’ennemi de son ennemi comme son ami est de courte vue. Pourquoi ne faire témoigner que des habitants qui ne veulent pas quitter l’île alors que la réalité que l’on rencontre sur place est tellement différente? Presque  tous les habitants de l’île que j’ai rencontré n’aspirent qu’à s’enfuir : prêt(e)s à se marier avec n’importe quel(le) étranger(e), la prostitution du temps de Batista est loin d’être révolue.

 

Si le début de règne de Castro a été salutaire pour l’indépendance du pays, la réforme agraire, l’alphabétisation, le droit au logement, la lutte contre le chômage, contre la discrimination… Ses erreurs de gestion et son éloignement des préoccupations du peuple sont aujourd’hui frappants. Il existe un double système monétaire et économique à Cuba. Pour les cubains, il y a la libreta, carnet de rationnement pour acheter le minimum vital à des prix (à l’origine) très bas. Originalement car, avec les difficultés économiques du pays, les prix augmentent sans que les salaires ne suivent. En touchant le salaire minimum, le cubain ne peut pas se permettre un soda, ou encore moins un paquet de cigarettes mensuel. En dehors de ce rationnement, il existe aussi un « marché libre », où il est possible d’acheter des produits agricoles de saison à un prix plus élevé. Le rationnement n’étant plus suffisant, les habitants perdent du pouvoir d’achat à se fournir sur le marché libre. Ce premier système fonctionne avec la monnaie nationale non convertible : les pesos cubanos.

 

Le système parallèle est étudié, en apparence, pour tirer profit au maximum du tourisme. Par exemple, quand Ignacio Ramonet vient se ressourcer dans les plus grands hôtels de la Havane , la facture, qu’il ne voit jamais, est rédigée en équivalent dollar. Pour entrer dans un bar, prendre un taxi, manger au restaurant, boire un café correct et même acheter du rhum, des cigarettes, un soda, du lait ou n’importe quel produit manufacturé, il faut s’acquitter d’une note en dollars. Et au lieu de privilégier l’habitant, ce système permet au touriste (ou au riche militaire) de bénéficier de plus de droits. Des exemples : les rationnements de lait sont tellement insignifiants que les cubains doivent en acquérir sur le marché en dollars, à un prix supérieur au tarif européen. Le réseau de transport en commun est quasiment inexistant, surtout en dehors de la capitale. Donc seul le touriste est autorisé à se déplacer en empruntant des taxis dont le compteur défile à une vitesse rédhibitoire. A l’entrée des boites de nuit, vous trouverez toujours de belles négresses qui tenteront de vous charmer. Ce ne sont pas forcément des prostituées, seulement des filles qui ont envie d’aller danser. Mais leur nationalité et surtout leur couleur de peau leur interdit l’entrée, à moins d’être aux bras d’un étranger. De même, les cubains sont interdits d’hôtel, seul lieu où l’on peut avoir un accès internet. Ca rappelle l’époque d’avant révolution, où les plages, toutes privées, sont interdites aux habitants de l’île. Ignacio peut aimer Cuba, il ne les voit pas vivre !

 

 

 

Des cubains sont encore en prison pour possession de dollars, bien que ce soit maintenant légal depuis longtemps. Il existe donc une activité nationale érigée en comportement citoyen : le jineteo. Il s’agit de faire cracher au maximum l’étranger. En effet, le dollar est devenu indispensable pour subvenir aux besoins de la vie quotidienne, alors que les salaires sont versés en pesos cubanos (le salaire mensuel moyen est de 10 euros). Pour ce faire, les méthodes privilégiées sont la prostitution et l’escroquerie. Ce ne sont pas des régiments de femmes sur le Marecon (promenade des anglais cubaine), mais toute femme qui parvient à séduire un étranger. Si vous laissez traîner un regard, elle viendra à votre rencontre et, moyennant quelques dollars, le mari ne sera pas jaloux. Le bon côté de leurs méthodes est que la violence est rare. Le mauvais côté est qu’il est impossible de vivre comme un local. Il existe un consensus pour nous faire payer 20 fois plus cher et nous refiler de la mauvaise marchandise. Les gens vous abordent avec un grand sourire, vous récitent la phrase française qu’ils connaissent : «  Mon ami vit près de la Tour Eiffel  » puis vous sondent habilement pour établir ce qu’ils peuvent tirer de vous. Et même si vous avez la chance de rencontrer un cubain à peu près désintéressé, il sera de toute façon considéré dans la rue comme un veinard qui a dégoté une source et sera soumis à une forte pression par son entourage. Les cubains n’ont d’ailleurs pas le droit d’héberger un étranger et encourent le risque d’une amende de 1500 dollars par personne hébergée. En gros, les amitiés internationales sont prohibées à Cuba.

 

 

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Samedi 6 janvier 2007 6 06 /01 /Jan /2007 15:22
- Par Gabo - Publié dans : Dubitatif

Bonne nouvelle mes amis!

Le livret d’épargne CODEVI de la Société Générale a changé de nom et devient « le livret de Développement Durable » !

Ce changement de nom est une nouvelle illustration de la véritable prise de conscience, par rapport aux défis environnementaux et socio-économiques, qui s’opère dans notre société ! Et oui, on sent vraiment qu’on avance là !

Félicitation au département marketing de la SoGé ! Bravo les gars, ça c’est de l’idée !

J’espère vraiment que les autres banques vont s’aligner et suivre cet exemple ! A quand « le livret couche d’ozone » ou encore « le livret 0 % de CO2 » ?

Merci la Société Géniale de contribuer au débat en ajoutant encore une petite couche de flou sur ce concept déjà tellement vidé de sens ! Vous avez saisi l’importance de ne plus gaspiller inutilement vos ressources et vous vous mettez au recyclage !

Ca c’est du concret !

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Samedi 30 décembre 2006 6 30 /12 /Déc /2006 19:28
- Par hen al' - Publié dans : Portraits

Rencontre avec les rappeurs de La Caution à Mexico DF lors de leur tournée sud américaine.

La BO d’Ocean Twelve avec Thé à la menthe, Sheitan, les clips Kourtrajme, Code Barre, Des casquettes grises, Comme un sampler …Ces 6 garçons de Noisy-le-Sec, 9-3, font de la musique « pointue populaire », si on s’en réfère à l’étiquette. Ce sont aussi des trentenaires assagis, à l’hygiène de vie relativement saine et aux idées bien arrêtées.

 

Ce qui suit se produit le premier soir, en attendant l’ingénieur du son qui a 2h de retard. Il y a, à l’heure où j’écris, 3 jours de cela. Depuis, nous avons eu l’occasion de faire des super soirée d’expats, de rester coincés à 9 pendant 1h dans un ascenseur plongé dans l’obscurité et de faire les touristes un peu partout.  

 Dans le centre grelottant de Mexico, autour de 4 bières et 4 jus de fruits. Fab, DJ de 41 ans, noir, résident Suisse, a le front posé sur le bord de la table, le regard fixé sur sa PSP. Il ne participera à aucune conversation, confiant qu’il se languit de sa femme.

On cause Nip Tuck, The Shield, le Roi Heenok… J’apprends que Mohamed, chanteur de la Caution est partie prenante des interviews de notre héros québécois. Il m’annonce dans la foulée la sortie imminente d'un documentaire du psychopathe sympathique ; soyez aux aguets !  

 

 

 

Ahmed, l’autre chanteur principal, commence à exposer sa vision politico philosophique. Amorçant son discours avec le classique « la démocratie ne convient pas à tous les pays », il révèle rapidement un point de vue beaucoup moins policé. Il explique d’abord que la démocratie ne peut être que postérieure au développement. Mieux qu’une quelconque justice, notre freestyler préfère imaginer une « armée surpuissante » pour gérer la société civile et assurer sa stabilité. Puis, si l’on écoute ce pourfendeur de la laïcité, la démocratie n’apporte finalement rien de bon : « Si c’est pour qu’elle déclenche des guerres, mieux vaut mettre la liberté d’expression de côté ».

 

Il se lance ensuite dans une démonstration hasardeuse de l’impuissance de la démocratie pour aboutir à des conclusions terrifiantes. Mélangeant des notions de destinée et des références évasives à Platon, il dit prôner la sélection « naturelle », juste et salutaire. Même Malthus n’aurait pas osé : « quand on est pauvre, c’est qu’on a quelque chose dans la tête qui ne marche pas ! ». Donc, a contrario, la recherche de justice sociale est, sinon nuisible, en tout cas stérile : « Les pauvres ont toujours existé, avant c’étaient les serfs, maintenant ce sont les RMIstes et les SMICars ». Donc rien ne sert de lutter : mener «des politiques sociales, construire des écoles et favoriser le tissu associatif ne servent  à rien ».

Pourquoi ? Quelle mouche fasciste l’a piqué ? Est-ce sa façon d’accepter l’état des choses, lassé de se heurter au mur sans visage de l’injustice ?Quoiqu’il arrive, la révolution ne récupérera pas La Caution.

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Vendredi 17 novembre 2006 5 17 /11 /Nov /2006 18:55
- Par hen al'ancienne - Publié dans : Portraits

Le microbusero est un personnage incontournable à Mexico. Ce spécimen es t un homme de 35 à 70 ans, chargé en gomina et en tacos, collectionneur d’icônes religieuses et doué d’un sens du DJing contestable. Aux manettes de son vieux minibus pétaradant, les crucifix et autres amulettes au vent, il sillonne les rues de Mexico, terrorisant tous ses habitants.

Le chauffeur de « pesero » (=microbus) ne possède pas son véhicule, mais il n’y règne pas moins en maître. Il saura très bien insulter les passagers omettant de s’amasser au fond ou faire monter et descendre les usagés en route, quelque soit le genre et l’âge. Quand le bus est plein, les derniers s’accrochent aux portes, et serrent les fesses. Car le royaume du busero s’étend à toutes les routes de la ville. Comme je le disais, il existe une entité propriétaire des camions ; ce sont des députés et d’autres puissants difficilement inquiétés par la justice. Une bonne mafia se partageant le réseau routier. Donc tout le monde s’écarte du chemin : les voitures se rangent, les piétons se jettent. Le chauffard a la bénédiction des autorités terrestres et des autorités célestes, et il le fait savoir en faisant ronfler son tas de ferraille dans les embouteillages ou en frictionnant les pare-chocs. Cependant, la bénédiction (en tout cas en ce bas monde) se limite au camion, et il arrive que notre personnage se fasse éclater à un feu rouge par un conducteur excédé.

Pour contrer ce comportement de vandale, une campagne de prévention a fleuri. Ce sont des affiches mettant en scène le Che, ou d’autres personnalités, exhortant nos chauffeurs à se comporter plus civiquement.

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Dimanche 5 novembre 2006 7 05 /11 /Nov /2006 21:51
- Par Gabo - Publié dans : T'entends ?

 

copyright WHO/Peter Williams

 

L'allocution saisissante sur le SIDA de Johnson Mwakazi, enregistrée lors de la 59ème assemblée mondiale de la santé à Genève. Dans ce poème intitulé "Underneath the Veil", Mwakazi s'exprime au nom des 40 millions de personnes atteintes du VIH.

Listen to the poem of Johnson Mwakazi, who spoke for the 40 million people worldwide living with HIV (works only with Mozilla Firefox).


WHO, Geneva - 22.05.2006

http://dubitatif.over-blog.com/article-2829422.html

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Mardi 24 octobre 2006 2 24 /10 /Oct /2006 00:34
- Par gabo - Publié dans : Société

Champion, Mr Champion. C’était son nom à ce vieux monsieur chauve au ventre rebondi. Il dispensait les colles de philo aux prépas du lycée Champollion du temps où je réfléchissais encore. Je me souviens parfaitement du soir où il m’a scotché en me demandant de préparer ma colle, prestation orale de 20 minutes, sur le sujet, je cite : « bonjour, vous allez bien ? » Je vous épargne les détails de mon exposé raté, venons en à l’essentiel : la fonction phatique du langage.

Cette fonction me disait Mr Champion est utilisée afin de provoquer et de maintenir le contact entre le locuteur et l’allocutaire. Les banalités du genre « ca roule mec ? », « tu viens d’où ? », ou encore « quel beau temps Charles n’est ce pas ? » se rangent par exemple dans la catégorie phatique de notre langage. On ne parle pas de faits, on cherche à nouer le contact et on est simplement en relation. C’est une manière de reconnaitre la présence de l’autre et de lui manifester de l’intérêt. Il s’agit en général d’une première étape de mise en confiance qui peut par la suite mener à un dialogue riche, construit, instructif, ou tout simplement plaisant. Ce n’est cependant pas toujours le cas : cette fonction peut également avoir le désagrément, ou l’avantage, de mettre à nu et de dévoiler en un rien de temps la personnalité et la connerie du locuteur. Bref, pour résumer, dès les premiers mots prononcés, c'est-à-dire à peine la phase phatique entamée, on peut très bien éprouver la folle envie d’asséner au malheureux type qui vous parle un enchaînement coup de tête-balayette-manchette.

Ca m’a plusieurs fois démangé samedi dernier. J’étais à Wedding, un quartier tout à fait respectable du nord de Berlin. Les turcs y sont un peu plus nombreux que dans le reste de la ville. M’étant incrusté dans la soirée d’une prestigieuse école de commerce française aux multiples campus, j’observais timidement, un verre à la main, les jeun’s troooop cooooools se déhancher sur du son troooooop coooool aussi. Un type m’interpelle : « Salut, tu viens d’où ? » Je lui explique brièvement que j’habite à Friedrichshain (quartier est de Berlin) et que je suis ici pour un stage de 6 mois. Sur quoi il répond : « Moi, à Paris j’habite dans le Marais (quartier très chic de Paris à ce que j’en ai déduis), à Londres j’étais plein centre, par contre à Berlin j’habite à Wedding ! Si ça continue, l’année prochaine je vais finir dans un bidonville de Calcutta ! » Et ça le fait marrer. Bruyamment d’ailleurs, pas peu fier de sa blague le bougre. Moi je suis resté tout con, avec un léger sourire, par compassion…

Un peu plus tard, après un interrogatoire musclé mené par un gringalet à lunettes, je lâche enfin le morceau : « En fait je suis en école de commerce aussi, à l’Edhec ». A ces mots, sa copine se retourne et me lance phatiquement : « Ah mais t’es Edhec ! » Exactement ce que je ne voulais pas entendre, le genre de remarque qui te range dans ta boîte. Je fronce les sourcils, feins de ne pas comprendre et lui réponds innocemment : « non non, moi c’est Gabriel, je m’appelle Gabriel. » Ca ne l’a pas fait rire… tant mieux. A ce moment précis ma tête a pris forme, je suis démasqué : le grand blond est Edhec ! Les gens comprennent qui je suis, ils peuvent m’identifier et s’identifier par rapport à moi.

Un mec branché s’approche, il m’a vu discuter avec une polonaise quelques minutes auparavant : « Ah bah ca va tu te fais pas chier avec la polonaise toi ! C’est quoi ton objectif ? » Pris au dépourvu je balbutie « Objectif ? » Sur quoi il répond tout naturellement : « Bah ouais : Objectif ! Faut que t’ais des Objectifs dans ta vie mec ! » Ce n’est que plus tard que j’ai compris ce qu’il entendait par Objectif  (avec un grand O). En bon Edhec, cela aurait donné : « tu veux choper une meuf chopable et chopeuse, ou tu veux démaquer une inchopable indémaquable ? »

Ce soir là j’ai vu plein de monde tout nu, beaucoup de ceux qui parlaient avec moi finissaient à poil. Je pouvais lire ces gens, je voyais à travers leurs vêtement rien qu’en les écoutant débagouler du fatidique phatique. Ca n’avait rien d’excitant. Et je me suis senti en manque d’affection, en manque de gens comme moi : des Edhecs, des  vrais, ceux qui sont fiers d’être Edhec et qui se comportent en Edhecs. Ah triste réalité ces écoles de management du vent.

A l’heure où j’écris ces lignes je viens de me voir refuser l’entrée à une soirée de cette école du vent. Je voulais uniquement m’y rendre pour rencontrer l’amie d’un ami, mais le videur à la rigueur germanique couplé au sectarisme de ces établissements ont eu raison de moi. Sans carte d’étudiant de cette Business School, on me demandait huit euros de droit de cuissage…

 

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Mercredi 18 octobre 2006 3 18 /10 /Oct /2006 21:54
- Par gabo - Publié dans : Société

Let Mao Drift - Septembre / Décembre 2005 - Dubitatif in China
Le Film d'un périple en Chine : de Pékin, Shanghai et ses alentours à la région du Yunnan (Kunming, Melixuesheng, Xichuanbanna et autres...)
Le film est découpé en 8 parties, pour voir la suite : (http://www.dailymotion.com/video/xita1_let-mao-drift-lesson-2_travel)

 

 

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Dimanche 15 octobre 2006 7 15 /10 /Oct /2006 18:52
- Par Gabo - Publié dans : Société

The Burning Apple - New York - Juin et Juillet 2005

Montage vidéo de deux mois passés en plein coeur de New York !

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Lundi 9 octobre 2006 1 09 /10 /Oct /2006 18:14
- Par hen al'ancienne - Publié dans : Portraits

Mariana es una jovencita de 19 años trabajando en el DF desde hace 4 meses.  

 

Cuando Mariana camina con su blusa super corta y sus tatuajes ostentosos, toda la gente la mira, incluso la policía. Eso le encanta ya que sube su "autoestima". También siente mariposas en el estómago cada vez que un cliente le ofrece una bebida o que le pide un baile. Según Maslow, su trabajo satisface su necesidad de reconocimiento social.

Por eso se fue del hogar familiar en Acapulco, para volar con sus propias alas. Quiere el éxito a toda costa, y su trabajo, con su cuerpo, es su único orgullo. Algo que le gusta, es cuando el cliente hace "nada más que pedir ser golpeado...¡eso me encanta!". Mariana tiene proyectos: esta ahorrando para ofrecerse una liposucción del vientre. Colocará esa grasa en su trasero para perfeccionar sus curvas. La verdad, su cuerpo es su vida, por eso tiene una foto de ella desnuda sobre la pantalla de su nuevo celular.

Sus padres han dejado de darle dinero desde que abandonó sus estudios. En Acapulco, era la primera de su clase con un promedio de 98. Consiguió una beca del 80% para estudiar en la UNAM , primera escuela de Iberoamérica, fue cuando empezó trabajar.

Ahora compra teléfonos último modelo, utiliza sólo el taxi para moverse, alquila un depa sola. Sus compañeras de trabajo le han robado su bolsa y dos veces su celular en 2 meses. Da igual, cada vez compra uno nuevo de 5000 pesos.

El problema es que esos gastos no la permiten afiliarse a un seguro social. Aunque su madre trabaja en el IMSS, seguro médico mexicano, no tiene ninguna protección. Por eso, cuando este padre de familia la embarazó, esperó hasta el octavo mes para hacer algo al respecto. Le faltaban 4000 pesos para realizarse un legrado y como el cerdo no quería adelantarle el dinero,  decidió tomar pastillas para abortar, pero no funcionaron. Este episodio terminó con complicaciones de salud.

A propósito de salud, tomaba éxtasis y cocaína casi todo los días. Es fácil cuando son los clientes quienes te las ofrecen. La última semana, tomó 15 pastillas. Dejó de metérselas hace dos meses. pero todavía, sus ojos están medio cerrados y tiene el tic de taparse la nariz. Además, no habla claramente y me cuesta mucho trabajo entenderla.

Dentro de 15 días, Mariana se va a Los Cabos para trabajar, ella dice: "allá los protectores son más simpáticos".

Se dice a menudo que los aficionados de prostitutas buscan en realidad un psicólogo, pero esta vez era una prostituta quien necesitaba una terapia y consiguió una sesión de a grapa.

 

 

 

 

 

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Mercredi 27 septembre 2006 3 27 /09 /Sep /2006 17:39
- Par hen al' - Publié dans : Portraits

Jaime vient de Bahia, au Bresil. C'est un blanc dont la pilosite se concentre uniquement au-dessus de sa levre superieure et sur le menton. Jaime souffre de sa solitude et a du mal a dissimuler sa depression.

Depuis que sa copine gringa a avorte, c'est tout le fleuve de sa vie qui s'est interrompu prematurement. Son travail de tourneur, dont il etait si fier; il l'abandonne. Son pays, si chantant, ou tous les fruits sont plus gros qu'ailleurs; il le quitte pour l'Argentine. 

Encore fort de son physique athletique et de ses decorations tribales corporelles, il butine pour oublier. Mais il en oublie les necessites economiques. Dans le meme temps, il s'acoquine avec des travesties, ces creatures sexuelles faciles a seduire. Jaime penetre alors rapidement le monde des "putos". L'ancien tourneur decouvre alors l'argent facile et les bites des deputes. Ca lui plait, il n'avait jamais ete autant considere qu'alors.

Il ne sent pas chez lui pour autant, et il decide de voyager encore un peu grace a son petit butin. Le voila donc a Mexico DF, dans la maison d'hotes ou je loge encore.

En le croisant dans le couloir, ma politesse maladive m'oblige a prononcer quelques courtoisies. Jaime ne laissera pas ma courbette lettre morte puisqu'il m'invite instantanement a s'enfiler des litres de biere. Jaime ne parle que bresilien; le seul effort linguistique dont il est capable est de parler bresilien avec l'accent argentin. Apres 5 minutes de solitude pendant lesquelles je mime la comprehension du portugais (le secret : faire semblant de ne pas comprendre CERTAINS mots), il me demande a quel point je maitrise le portugais. Je lui reponds en espagnol chochote que je n'ai rien saisi. Peu importe, il a trouve quelqu'un a qui parler.

C'est ainsi que je suis devenu son meilleur ami.

Jaime continue de boire 12h par jour, ne s'arretant que pour dormir...12h. Le patron de l'auberge veut finalement l'expuser, craignant que les crasses quotidiennes de Jaime deviennent encombrantes. Mais le petit copain du patron prend Jaime sous son aile, et se porte garant pour lui.

Jaime devient alors l'homme a (tout?) faire de l'auberge. Il prolonge son sejour a Mexico, diminue son debit d'alcool. J'ecris des emails d'amour a des trans en espagnol et en anglais pour lui. On projette d'acheter un skateboard et de skater ensemble. Je comprends de mieux en mieux son portugnol.

Puis, il y a deux semaines, il rencontre un travesti mexicain. rebelote, enculade de shemale, introduction dans le milieu, depute, pipe, enculade, argent facile. Il se fait virer de l'auberge ce coup-ci. Il s'en fout, il a retrouve sa puissance de gigolo, il a des poils de bite de puissants entre les dents, lui! Une chose lui manque, son pote francais professionnel en hochements de tete.

Depuis une semaine, il passe presque tous les jours a l'auberge, quand je ne suis pas la, pour m'emmener skater. Il soupconne le patron de l'empecher de me voir, et, fort de ses poils de cul, il n'hesite pas a le menacer. Ce gerant d'hotel minable oserait l'empecher de voir son meilleur ami? 

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