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Lundi 20 août 2007 1 20 /08 /Août /2007 17:03
- Par Gabo - Publié dans : Portraits

J’étais assis sur le banc à attendre le métro dans cette odeur nauséabonde d’un lendemain de samedi soir berlinois, le sol jonché de bouteilles de bière à moitié vides. J’étais donc assis sur ce banc lorsque je l’ai aperçue. Elle descendait consciencieusement les marches menant aux quais, derrière ce jeune homme qui, la clope au bec, portait son cadi de supermarché. Elle s’est arrêtée à ma hauteur, me scrutant de la tête aux pieds, un sourire au coin des lèvres. J’ai d’abord cru qu’elle était une de ces « collectionneuses » qui pour se payer de quoi manger sillonnent la ville et ses poubelles en quête de précieuses bouteilles consignées. Mais il n’en était rien : pas de bouteilles vides dans son cadi mais des livres, un tas de livres. Elle a engagé la discussion, me demandant de l’aider à monter son cadi dans le métro, car avec ses « un peu plus de 80 ans » elle n’y arrivait plus toute seule. Mon léger accent français l’a fait tiquer, elle souhaitait alors en savoir davantage.

Mamie Braille a consacré sa vie aux aveugles. Elle pousse tous les jours son cadi rempli de livres en braille, se rendant chez des non-voyants, petits et grands, qu’elle initie à la lecture. J’ai été étonné par sa lucidité, sa curiosité, son savoir et son envie de partager. Nous avons abordé bien des sujets, ses petits yeux bleu clair me fixant sans relâche. J’ai appris pêle-mêle, qu’elle avait été « victime de la Stasi », la police politique du temps de la RDA. Depuis, la politique la dégoûte : ils n’ont tous qu’une préoccupation, « Merkel, comme ces beaux messieurs de l’UE », c’est le pouvoir et l’argent. J’essayais de tempérer ses propos, lui faisant remarquer que l’Union Européenne était une belle réalisation, porteuse d’espoir. Elle s’empressa de me mettre en garde contre « le fossé entre la théorie et la réalité ». Elle s’offusquait de la politique sociale en Allemagne, de l’inexistence du salaire minimum, de la répression de l’opposition en Russie. De temps à autres elle s’interrompait pour me poser une question, puis, écoutant ma réponse, elle enchaînait sur un autre sujet, inspirée par l’actualité ou un souvenir enfoui. Son visage s’est éclairé en évoquant son voyage à Paris. C’était il y a à peine deux ans, elle faisait découvrir cette ville, qu’elle découvrait pour la  première fois, à une jeune aveugle. Elle a fini par me demander ce que j’étudiais. « Economie ? Ah oui, ce truc, c’est bien la mode en ce moment… les jeunes ne font plus des études de sociologie ».

Je l’ai quitté un pincement au cœur, deux arrêts avant le sien. Elle s’est levée, m’a accompagné jusqu’à la porte et m’a serré longuement la main. Elle m’a souhaité une belle vie, pleine de bonheur. Le métro est reparti, Mamie Braille à l’intérieur, le visage collé à la fenêtre, agitant ses deux mains en guise d’adieu.

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Lundi 6 août 2007 1 06 /08 /Août /2007 20:36
- Par HenTaï - Publié dans : Société

Le travail, c’est la santé ! L’adage prend encore du plomb dans l’aile : selon des chercheurs australiens, un tiers des imprimantes laser émettent des particules suffisamment nocives pour justifier un message d’avertissement pour les utilisateurs. Cette nouvelle ne va certainement pas remonter le moral déjà assez bas des employés et des cadres.


Les chercheurs de l’Université de technologie du Queensland en Australie viennent de démontrer qu’un tiers des imprimantes laser émet des particules ultrafines à des niveaux dangereux pour la santé. C’est l’encre en poudre (le toner) qui est mise en cause. Les scientifiques estiment que travailler à côté de telles machines revient à se trouver près d’un fumeur à la consommation moyenne. L’interdiction de fumer dans les locaux n’aura donc pas suffi à rendre le travail inoffensif.

A l’échelle mondiale, les estimations de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) font froid dans le dos : au bas mot, deux millions de personnes meurent chaque année à cause de leur travail. Soit plus que les dégâts dus à l’alcool et à la drogue. Deux fois plus que le nombre de victimes provoquées par les guerres. Bien sûr, ces chiffres alarmants concernent en priorité les travailleurs des pays du sud : la prospection minière et le travail manuel en général, effectués dans des conditions de sécurité sommaires.

Mais attention, le lien de causalité est bien plus facile à établir quand il s’agit d’un coup de grisou que lors d’un cancer développé à la suite d’un excédent de stress. Le Japon, qui reconnaît la « mort par épuisement » depuis 1987, a été le premier pays à affirmer sa volonté d’améliorer la sécurité et la santé au Travail en ratifiant la convention n°187 de l’OIT le 24 juillet dernier. Il est aussi un des rares pays à tenir des statistiques nationales sur les décès liés à l’excès de travail. Lesquelles permettent, sinon de mesurer exactement l’ampleur des dommages, de constater l’accroissement du nombre de victimes. Sur l’année budgétaire mars 2006 – mars 2007, les décès imputés au surmenage ont augmenté de 7,6% par rapport à l’année précédente. Alarmé, le gouvernement s’est engagé dans une campagne de sensibilisation incitant à limiter le nombre d’heures supplémentaires (!).

En France, faute de mesures, on ignore le phénomène. Même quand les conséquences sont flagrantes, comme lors des suicides chez PSA, les médias les qualifient de« série noire » comme s’il s’agissait de cas ponctuels, et préfèrent rappeler la multiplicité des causes d’un suicide plutôt que de remettre en cause les conditions de travail!

Pourtant, cette tendance est structurelle : si, dans les années 60, le patron incarnait naturellement « l’ennemi à abattre », les méthodes de management actuelles ont normalisé une compétition quotidienne au sein du personnel. Pour atteindre les objectifs fixés par son responsable, il faut être plus travailleur, plus rapide, plus performant que son voisin de bureau. La CFE-CGC, syndicat des cadres, a mis au point un baromètre « stress » qui confirme l’expansion de ce mal d’année en année.

Et pour ceux qui ne considèrent que les problèmes exprimés en valeurs monétaires, l’OIT nous fournit un autre chiffre. Sur l’ensemble du globe, le coût de l’hécatombe générée par le travail représenterait vingt fois le montant versé en aide publique au développement.

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Mardi 24 juillet 2007 2 24 /07 /Juil /2007 18:36
- Par hen al - Publié dans : Société

Vendredi 20 juillet, le Premier Ministre britannique et Nicolas Sarkozy ont proposé une réduction de la TVA pour les produits verts. Mais pourquoi n’y avait-on pas pensé plus tôt ?

 

Pour restaurer les relations franco-britanniques, le Premier Ministre Gordon Brown et Nicolas Sarkozy ont cherché une proposition simple, populaire et non contraignante. Voilà ce qu’ils ont  trouvé : « proposer à nos partenaires européens que tous les produits écologiquement propres bénéficient d’une TVA à taux réduit ». C’est plein de bons sentiments, c’est tendance et ça permet de mieux avaler la pilule de la TVA sociale.
Pourtant, pas besoin de s’appeler Nostradamus pour savoir que cette « idée » restera un souhait irréalisable. Rappelez-vous Chirac annonçant la TVA à 5,5% pour les restaurateurs : elle n’a jamais abouti car il faut l’unanimité des membres de l’Union européenne pour les décisions fiscales. En supposant que sa force de conviction fonctionne sur tous les membres de l’UE, il faudra encore se mettre d’accord sur la liste des « produits verts ». le tabac biologique, c’est « vert » ? Sarkozy parle des « voitures qui ne polluent pas », mais une voiture « verte », ça pollue toujours plus qu’un vélo, donc les vélos sont concernés par la réduction fiscale ?...
Henri Sterdyniak, économiste chercheur à l’OFCE, relève une autre lacune de taille au projet qu’il qualifie de « folklorique » : la TVA ne s’appliquant qu’aux consommateurs finaux et non aux entreprises, elle ne crée aucune incitation à produire de façon plus propre. Alors qu’il existe un projet solide, incontestablement plus efficace et réalisable dans le cadre de l’Union européenne : la taxation des émissions de CO2 et autres polluants selon la logique du pollueur-payeur. D’abord, cette mesure fiscale crée une réelle incitation à produire en polluant moins. Et surtout, il est beaucoup moins contestable de déterminer ce qui pollue que ce qui est supposé être bon pour l’homme et l’environnement.
Il est vrai que se prononcer en faveur d’un projet environnemental  ambitieux et réalisable aurait été moins consensuel, et notre président avait prévenu qu’il ne croit pas spécialement aux théories économiques…mais peut-on croire aux théories sarkozystes ?

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Mercredi 11 juillet 2007 3 11 /07 /Juil /2007 12:54
- Par Ju l'indien - Publié dans : Société

02/7/07:
on est lundi matin, il est 7h45 et me voilá accompagnant celui qui sera mon patron pr les 2 prochains mois. Je viens de le rencontrer, c'est en effet mon premier jour. Nous échangeons qlq civilités ds l'ascenseur, bercés par une douce musique d'ambiance...Tt semble calme...
Une secousse me sort de ma douce léthargie: l'ascenseur s'arréte. Les portes s'ouvrent; mon boss me jette un regard condescendant, un coin de sa bouche s'est relevé en ce qui semble étre un sourire satisfait...
Devant moi, c le délire: des tables de 20 ou 30 personnes s'alignent á perte de vue, les télephones sonnent partout, nous passons devant une télé (il y en a une ts les 10métres) qui n'affichent que des graphiques aux significations obscurs, des groupes se forment et se séparent, ca discutent, ca rient, ca courent, des gens hurlent au téléphone, se lévent, gesticulent; les voix s'entremélent mais je distingue des mots anglais bien sur, mais aussi francais, italiens, espagnols, arabes, chinois...On parle ttes les langues ici, mais on parle communément d'argent...
Aprés 5 minutes de marche á slalomer entre les desks, mon boss me désigne le poste que j'occuperai cette semaine (son occupant habituel est en vacances aux maldives...un classique pr le mois de juillet apparemment).
Je m'installe ds un confortable fauteuil qui fait face á sept écrans d'ordinateur les uns sur les autres: l'emplacement d'un trader probablement. J'essaie de remplir chaque écran avec une application mais aprés Powerpoint, Excel, Outlook, Bloomberg, Facebook et iGoogle, je ne sais plus quoi ajouter...La honte.
En plus, je n'ai rien a faire, tte mon équipe m'a salué briévement avant de se replonger ds leurs tableurs et graphes dynamiques en me disant: "We'll deal with you later. Our time is more valuable than yours, mate". Sad but true...

11/07/07:
Ceci, c'était il y une dizaine de jour. Je me suis habitué depuis au brouhaha permanent, au coup de gueule et "hurray" de mon voisin "sales" (comprenez "vendeur de produits dérivés"), aux sons de cornedebrumes qui suivent les annonces des traders ds mon speaker. J'ai été déplacé sur un poste a 2 moniteurs d'ordi seulement (le trader est rentré tt bronzé des maldives; il s'est plaint d'y avoir croisé la plupart de ses collégues et clients!), et je comprends enfin comment fonctionne la console de communication qui est sur mon bureau.

J'ai un peu honte de faire partie de cette caste de banquiers suffisants mais, je reste fasciner par l'énergie ambiante que je ressens á chaque fois que je franchis la porte de cette salle de marché. C presque tangible; c éléctrisant, c doppant...
J'arréte la weed...La coca me semble plus adapté á cet univers londonnien...
Cheer up!

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Jeudi 21 juin 2007 4 21 /06 /Juin /2007 13:46
- Par hen al' - Publié dans : Société

Je vous ai déjà présenté ma petite ville de la région lyonnaise : 5 000 âmes, des terrains de plus en plus chers, une expansion du village qui le fait tendre vers la ville-dortoir. Ca reste un lieu de vie agréable, paisible…chose confirmée par le dernier journal de Communay qui titre en Une : « le nombre de délits a encore baissé ». Ce n’est pas étonnant, il n’y a pas de problème d’intégration ici, pas de malaise à exprimer, ne s’y installe pas qui veut, et les logements sociaux ne sont pas légion. Les délits ou incivilités sont plutôt perpétrées par des ados bien de chez nous. Est-ce pour autant le lieu de l’ouverture d’esprit et de la tolérance ? Ah ah, vous êtes malin, vous vous rappelez pour qui Communay a voté… Voici donc une scène restituée sans trucage, avec des personnages au cerveau saturé par TF1 :

 

 

 

Ca se passe mercredi soir, dans l’un des deux salons de coiffure. Je me fais masser le cuir chevelu par l’aide-coiffeuse. Le fils de la coiffeuse, d’une quinzaine d’années, s’ennuie et débagoule des billevesées sans trop réfléchir. Dans son monologue, il aborde le thème des « boites ».

 

 

 

« A Sérézin, y a un club, c’est le Space. T’sais pourquoi y s’appelle comme ça ? parce qu’y yavait que des Pèd’ d’dans […] mais maintenant, ça craint trop, y a trop de rats !!! »

 

 

 

Sa mère s’arrête net, lève les yeux vers moi, puis demande confirmation à son fils :

 

 

 

            -Qu’est-ce que c’est des rats ?

            -Ben…des racailles.

-Oui, eh bien…Tu sais, ça va qu’on est entre nous… [elle relève les yeux vers moi] Mais il ne faut pas dire ça !  Parce que moi, je ne veux pas me retrouver avec une bombe dans mon salon !!!

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Mercredi 20 juin 2007 3 20 /06 /Juin /2007 17:44
- Par Gabo - Publié dans : Dubitatif
Son, lumière, nuages, champs, usine, espace, feux, electro, bière, athmosphère, contraste, amis, berlin... c'était le week end dernier, au nord est de Berlin, le festival suédois, oy oy oy...

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Lundi 11 juin 2007 1 11 /06 /Juin /2007 10:45
- Par hen al - Publié dans : Société

Un grand merci à tous !

Merci à ma chère petite bourgade de Communay, à peine 5000 habitants bien éduqués, qui prend soin de ses vieux en leur organisant des sorties, des expositions de l’époque de la mine…Merci aux pompiers qui organisent, pour chaque Pâques, la chasse aux œufs, aux gentils oisifs bénévoles qui cultivent quelques légumes bio avec des personnes en réinsertion, aux paisibles promeneurs amateurs de champignons, aux joggers suants souriants, aux chasseurs amoureux de la nature…

Merci encore de vous être mobilisés, au-delà de la moyenne nationale, à 65%, pour les élections législatives. A plus de 47% pour Georges Fenech, vous avez eu raison ! Et vous n’avez pas voté que pour lui : Durand, UDF grassouillet de la majorité, au faux air de Santini, pose avec lui sur l’affiche électorale. Mr Fenech aurait pu lui tapoter le crâne à la Benny Hill , ça n’aurait pas choqué.

Quoique Fenech avait suffisamment d’arguments pour se présenter seul :

  1. Il fait parti de l’UMP, il est donc le candidat pour qui on doit voter pour donner à Sarko les moyens d’agir.
  2. Il est de ces décomplexés : il fait des blagues sur les juifs plus marrantes que celles de Cauet.
  3. C’est un promoteur de la démocratie : il n’hésite pas à donner de sa personne pour aider à la réélection de Bongo, au pouvoir depuis 31 ans au Gabon, en lui donnant une bénédiction démocratique.
  4. Il est pour la paix dans le monde : Montesquieu avait vanté les effets du doux commerce, alors Fenech s’en est allé vendre des armes à l’Angola. C’est ce qu’on appelle froidement l’affaire Falcone.
  5. Comme le président, il est cohérent : il a écrit un livre intitulé « tolérance zéro ».
  6. Il est moderne : le retour sur le devant de la scène des repris de justice est tendance avec Juppé, Carignon, Noir…

 

 

Vive la France courageuse et moderne !

 

 

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Mercredi 23 mai 2007 3 23 /05 /Mai /2007 08:48
- Par Gabo - Publié dans : Dubitatif
 
Prix spécial du jury pour le projet "Berliner Fenster", réalisé dans le cadre du concours 2007 du DAAD. La thématique du concours se basait sur une cittation de Goethe :

»Nothing can be compared with the new
life that the discovery of a new country
gives to a thoughtful mind. Although I am
still the same person, I feel that I am in
fact changed to the core.«


Berliner Fenster

envoyé par dubitatif




In this, the City of Juxtaposition, I am not pointing out another. Instead I am offering a method, a mental map, a way to document my experience in the city, and I hope it is one that will lead to a better understanding of Berlin. The key to successful and sustainable urban environments is positive social interaction. The more that people are observant and critical of their surroundings the more they will have to add when these interactions take place.

The film makes use of its inherent format, that of the moving picture, to reinforce the idea that windows are typically viewed from a moving
perspective. By shifting the emphasis away from the goal of getting somewhere and re-focusing this moving gaze instead on the idea of "the window", I am simply utilizing the existing method of perception to come to a different understanding.
Similarly, the still photographs of the walls echo the moment's pause that is required to look at an advertisement, or to notice that the wall is in fact a blank "façade". By extending this moment I hope to provide a fuller understanding of how and what these walls are and do.

The short captions of text provide insight into my thought process as I were gathering footage, exploring the city, and locating moments of pause. The project is meant to provide a frame of reference for my relationship with the city over the past 6 months. It is in many ways abstract, yet the subject's familiarity and precise method of description make the project at the same time quite concrete.
The goal of the project is to spark critical discussion through examining seemingly banal pieces of daily life.

        Read more...




Berliner Fenster_

Berlin is a city in a rare state of exposure. Its fabric has been chopped and cut by countless idealists, planners, politicians, engineers and architects. The results are stunning. Little is left of the typical homogeneity so rigorously produced in other European capital cities towards the end of monarchic period. Disfigured and eclectic, Berlin yields itself to its inhabitants through a complex intertwining of rational order, perceptual chaos and traditional values.



"Windows today go very much unnoticed."


As people move through the city the constant repetition and regularity of the windows on the facades of the buildings does little to engage the imagination. These patterns of transparency are little more than a backdrop against which people go about their business. Glass, especially since glass construction became prevalent during the Industrial Revolution, has provided the visibility
and isolation required for remote voyeuristic viewing. Windows are a one way street. When a person is inside and looking out through a window they feel protected, as though they are watching the world outside go by with out the slightest worry that they can be seen. It is a private experience, a comfortable indulgence into the world of spectating.

A similar experience occurs on the street. It is common polite practice to respect other people's ?right"  to personal silence in public places. One such place is the street. They put on headphones as a layer of armor and retract into fortified ?public" versions of themselves. The single vulnerability is one of visibility. People know that they can be seen and take pleasure in the watching of others.
It is quite ironic then, that people pay little or no attention to windows.

The windowed façade is a vital piece of the city. It should be celebrated, noticed, cherished and interacted with, not relegated to the realm of the ignored. By noticing the subtle differences between windows, looking at their shapes and colors, paying attention to how each reflects and captures light, even noting their physical orientation are all small observations that if made can add much
to an inhabitant's awareness of his or her surroundings.
The Renaissance held the human body to be the ultimate expression of beauty. The proportions of the body were religiously articulated into the form and detailing of buildings as if through this personification the building would be literally imbued with life. The facades were the buildings' faces and the windows the observant eyes.

A common expression holds that the eyes are the body's windows to the soul. If we look into the soul of the city's buildings what will we find?



"What would the city look like without windows?"


A wall with no windows holds promise. It speaks of things yet to come, and is therefore intrinsically optimistic in its anticipation of the next building. It however also speaks of decimation. In a line of connected houses a blank wall means that something is missing, as if a link in the chain has been destroyed.
Berlin's plethora of window-less walls comes as a shock to no-one. They are most often viewed as the result of the mass destruction that occurred during the Second World War. What is less considered, however, is their role in the urban fabric. These monoliths rise triumphantly from the city's districts indiscriminately.
They mark the places where buildings once stood and where they may one day stand again. They are the literal cuts that allow a viewing of the inner anatomy of the city and laid bare is a network of left-over, unplanned spaces that become activated by these stoic walls. They have become a new sort of façade, one that was never intended to be.

Interior walls are very often windowless. They are used to define rooms and to provide points of orientation and our perception of walls without windows has been formed through this interior relationship. Therefore when confronted with such a wall at the scale of an entire building it is perceptually ominous, disruptive and strange. This very perceptual inertia makes them protagonists.
These walls beg to put to use, their surfaces palimpsests that bear witness to their engaging effect on the city's inhabitant. The spaces created by them beg to be explored, taken over and re-appropriated. Windowless walls are not the inverse condition to a window filled façade but instead are a necessary and powerful compliment.








Berlin Fenster_
The film and photos should be shown side by side on a blank wall. The film should be on repeated loop and will need speakers. It is important that people be able to walk up to the photos and film and that the projection be able to project onto them. In this way the two pieces are presented much like the traditional double window in Berlin yet are at the same time are nothing but a projection on a blank wall.

Film Berliner Fenster_
4 minutes
should be projected the same
size as the photo colelction.

36 photos @ 20 x 20 cm

captions should be applied
under the film and photos
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Mercredi 9 mai 2007 3 09 /05 /Mai /2007 18:39
- Par Gabo - Publié dans : Boardculture
Retour sur notre trip surf en Indonésie. De l'île de Nias, en passant par Bali et les îles du sud... Eté 2006.


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Jeudi 3 mai 2007 4 03 /05 /Mai /2007 21:02
- Par Gabo - Publié dans : Portraits
JC est un médecin français qui vit à Berlin depuis de nombreuses années maintenant. C’est la deuxième fois que je vais le voir, et je crois que ce sera bien la dernière. JC ne paye vraiment pas de mine, son cabinet non plus. Il a la cinquantaine, des grosses lunettes carrées aux montures bariolées bien épaisses qui lui tombent sur le bout du nez, il porte des vêtements qui sentent le vécu. Quand il tape, à un doigt, sur le clavier de son ordinateur, il relève le menton et prend cet air de taupe qui vous rend plein de compassion. JC s’embrouille facilement quand il entame une discussion. Hésitant, il faut, pour lui donner toute sa confiance, bien s’accrocher, être attentif, se pencher en avant, froncer les sourcils et hocher lentement de la tête.

Je suis allé le voir pour un banal certificat médical de « bonne santé », certificat nécessaire pour établir mon contrat de travail temporaire à l’Organisation Mondiale de la Santé. Je précise, car ce détail n’est pas sans importance.

Nous engageons la conversation et lorsqu’il apprend que je ne suis pas vacciné contre l’Hépatite B, JC s’excite soudainement : « Ahhh, baffff, ahhhh, mais ca faut pas ca, hein ! Faut faire l’Hepatite B ! Nous, c’est le seul pays, la France qui voulait pas le faire. Mais tous les autres pays, ils ont rien dit, ils font l’Hépatite B. En France, y a eu un débat au moment, avec Kouchner, et il a hésité avec les tests, du coup, y en a un il s’est fait dessus. Ouais ouais, y en a un il s’est fait dessus, il avait peur avec les tests, et du coup, y a des gens qui ont pas le vaccin. Mais faut le faire hein ! Ca craint rien, c’est juste il s’est fait dessus, mais tous les autres ils ont l’Hépatite B, hein ! » Puis, il m’osculte, pas plus de trente secondes. Il tâte mes ganglions sous les dessous de bras, à la gorge, prends ma respiration et c’est fini, c’est bon, je suis en bonne santé !

Entre temps nous discutons, il me pose pas mal de questions sur mon boulot à l’OMS, me demande si je travaille dans d’autres organisations et si j’ai de la famille dans ces organisations. Lorsque j’évoque l’OIT, l'Organisation Internationale du Travail, il devient assez nerveux, s’arrête soudainement, et me demande : « C’est quoi ça ? C’est pas un syndicat hein ? » Je le rassure, lui explique rapidement ce qu’est l’OIT. Puis c’est l’heure de remplir mon certificat, je lui tends l’exemplaire pré rempli fourni par l’OMS, sur lequel il n’a qu’à cocher une case, signer et apposer son tampon. Il le lit silencieusement, très très attentivement, mot pour mot, jusqu’en pied de page où il est spécifié que je serai dédommagé à hauteur de $ 50 pour les frais de ma visite médicale. JC se tourne vers son écran, se met en mode taupe, utilise son doigt à ordinateur pour accéder à mes informations, rempli le certificat, me sort sa facture et m’annonce «  41, 56 euros. Euuh vous pouvez virer sur mon compte… euhh en plus c’est moins que 50 dollars. »

Hum hum, je me gratte la gorge, et lui tend innocemment ma carte Vitale et ma carte de sécurité sociale européenne. « Ahhh non ! ça marche pas la, c’est pas bon, ah non bahhh non ca marche pas. » « Enfin comment ça ça ne marche pas ? La dernière fois, vous avez utilisé ma carte vitale, et je vous ai réglé 10 euros. Qu’est ce qui change ? »

Et la, envolée lyrique !

« Ahh bahh c’était la dernière fois, euuhhh je sais pas, c’était pas pareil, ouais ouais, c’était la dernière fois. Vous aviez une vraie maladie, la c’est de l’administratif que je vous ai fait. La dernière fois, vous étiez malade, donc bahh j’étais gentil, je sais pas moi, c’est pour ca que vous avez payé dix euros, ouais parce que j’étais gentil. Mais bon euhh je peux pas etre gentil tout le temps moi. La en plus, je vous ai donné des conseils, je vous ai orienté, c’est pas rien, hein… euhhh c’est pas gratuit hein, moi je vous oriente, hein, bahhh 8 ans d’étude et les gens y croient que c’est rien la, et que c’est gratuit ce qu’on dit. Cette fois, c’est autre chose, je peux pas vous expliquer, c’est trop long mais ca marche pas, hein la carte vitale. C’est pour la France, et la c’est pas la France, c’est différent, et je peux pas vous dire, c’est trop long… »

Voyant mon air hébété, il se veut rassurant :

« Mais je peux vous faire une réduction hein, euhhh je veux dire, une réduction… moi aussi j’ai étudié, pas de bourse, pas d’argent… mais bon, faut comprendre, faut payer, faut que je vive, hein, ma secrétaire c’est 2500 euros par mois, c’est pas gratuit ca hein. Moi ici je gagne rien, hein, je gagne moins qu’un enseignant, hein, mais ça vous le savez pas… »


Mais le meilleur restait à venir !

« Hein moi je vous conseille, hein je vous oriente ! C’est nécessaire, hein… parce que une fois sur deux, quand on a des gros ganglions sous les bras, et bahhh c’est le… SIDA ! Ouais ouais, c’est le sida, une fois sur deux avec les gros ganglions ! Bon bon… euh voila ! »

Je me lève tranquillement, le rassure du mieux que je peux en lui disant que je ne sous estime absolument pas son travail et que je ferai le virement sur son compte rapidement. Il me raccompagne, prend encore le temps de m’expliquer que la vie est chère, qu’il ne gagne pas beaucoup, et qu’il boit du bon pinard le soir mais n’en abuse pas, qu’il a une voiture d’occasion qui avait déjà 5 ans quand il l’a acheté, etc…

Sur sa facture, les soins administrés sont détaillés et mentionnent :


- visite médicale : 21 euros
- examen d'un organe : 20,56 euros
- diagnostic : apte à travailler pour l'OMS

Ahh mon cher JC, tu m’as bien fait rire sur le chemin du retour. Cependant, même si tu me fais de la peine, je ne pourrai te régler cette brillante consultation, ce ne serait pas bien raisonnable, n’est ce pas ?

 

 

 

 

 

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Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /Avr /2007 16:04
- Par hen al' - Publié dans : Dubitatif

L’épaisse brume avait l’habitude de me rendre visite le dimanche. Elle était prévue, bien accueillie même. Elle était signe d’une veille festive, amicale et pleine de débordements. Elle venait contraster l’ébullition désordonnée de l’ivresse ; l’absence de visibilité qu’elle imposait était une formidable occasion de se tourner sur soi-même, de rassembler ses esprits et de recoller les morceaux de neurones. Ce mauvais temps cérébral était l’occasion rêvée de renouer avec les plaisirs simples et paisibles : la joie de la sieste, la musique du générique de Téléfoot et la bonne trogne de Moustik pour certains, , la caresse du rayon de soleil en terrasse pour d’autres…Ce sont des douceurs qui ne s’apprécient jamais autant que le dimanche.

Aujourd’hui, ça s’est compliqué. Nous sommes lundi 30 avril. Beaucoup font le pont. Pas moi. Les « bulles » de samedi ont perduré tout le dimanche. Il y a eu le foot du dimanche matin, la piscine de l’après-midi. Le beau temps du samedi soir a gardé le brouillard à distance tout le week-end. Alors, le brouillard s’est vengé. Il est arrivé encore plus épais le lundi matin. Au lieu de douces rêveries, il ne m’impose que sa lourdeur, son poids sur mes paupières et son froid agressif sur mes yeux. Je ne peux malheureusement pas le fuir, juste le dissimuler. Tout le matin, j’attends avec impatience la pause déjeuner qui sera un délicieux moment de repli. 12h pile. Pas question de faire des minutes supplémentaires aujourd’hui. Partons à pied au resto bar de la gare, le ciel bleu et mon état lamentable s’y prêtent parfaitement. La catastrophe arrive avec des lunettes de soleil : le directeur m’interpelle dans la rue. Il me connaît à peine et me propose donc de déjeuner avec lui. Je dois récupérer en catastrophe mon déguisement de business man déjà enfoui au fond de mon vieux cerveau. Ce repas m’a beaucoup fait souffrir : le service était lent, mon interlocuteur en pleine forme et passionné. Il a dévoré toute mon énergie…Me voilà donc encore plus fané, je me surprends à regarder mon clavier comme si c’était un traversin moelleux, je n’arrive qu’à faire semblant d’être affairé. Pourtant je suis siégé par le travail. Mais aujourd’hui, je ne peux rien faire d’autre que de me plaindre…Bon anniversaire Bat !

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Mardi 17 avril 2007 2 17 /04 /Avr /2007 10:16
- Par Gabo - Publié dans : Dubitatif


Mauerpark heute.


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April, the 15th  
       
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