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Mardi 13 octobre 2009
- Par Sri Henzo - Publié dans : Vagabond
"Dans le Bihar?!" s'indigne la belle brune aux cheveux lissés en rejetant son Pashmina en arrière.
"Mais oui, c'est là que se trouve le Banyan sous lequel Siddharth Buddha a reçu l'illumination!" reprend sa copine très au fait de la tendance Bouddhisme new age.
Nous aussi, nous y sommes allés, et sans "illus" ni "hallus" nous y retournerons sûrement!  



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Jeudi 24 septembre 2009
- Par Henopadyhay - Publié dans : Portraits

Je ne saurais résumer ma surprise, expliquer ma destabilisation, mais en rapportant fidèlement ces petits échanges courts glanés aux quatre coins de l'Inde, essayons de donner des impressions impertinentes et frivoles.

  • My tabla teacher, Shibu Das, to his friend Amit, a santoor player, at a classical concert :

-          This is my student from France : loran.

-          From France… But are you from proper France or from Toulouse?

 

 

  • In Fort Cochin, Kerala. The rickshaw-walla is being our guide. Passing by a church, our Hindu multitask driver stops and presents it :

The Holy Cross Church is so powerful that not only Christians, but also Muslims, Hindus and Jews come and pray here.

If you ask for something, you will get it for sure!

 

 

  • The owner of the hotel in Varkala tells us his life :

My father was a peon and was earning very little. So I used to work during the day and study at night. But the first thing is to believe in God to go straight, because there is a lot of marihuana here.

 

 

  • In the Coffee Day of Kochin, I am freezing on my sofa. I interpellate the waiter :

-          The A/C is so high, it is cold here!

-          Yes! He answers, grateful.

 


  •  -          Where are you from ?

-          From France

-          Oh! So your country is Europe…

 

  • Samir to a waiter of Peerless, a luxurious resort, during the festival of Mango in Kolkata :

-          Yes, he is a foreigner, from France.

-          Ah, he’s English.

-          No, he comes from France, it’s another foreign country.

-          Oh… so he speaks Hindi!?

 

 

  • In Howrah train station, while Niko and I order an apple juice, a man with a huge black eye approaches and asks me : Are you Chinese ?

 

 

  • A quite old policeman, sitting beside me in a train heading to Delhi, tries to socialize :

- I like to drink liquor, you ?

-Yes, me too, I reply.

Niko adds in a smile : Me too!

The policeman :

In India, if a spouse drinks, we beat her up!

 

  • Tu sais, en Inde ce n’est pas comme en France; si la bibliothèque était ouverte à tous, il y aurait des gens du peuple – des fleuristes par exemple – qui entreront parce qu’ils n’ont rien à faire et qui peut-être déchireront les pages d’un livre très rare !

 

 

  • Shibu Das :

Saraswati est la déesse de la culture, de la musique et des livres. Vu que j’ai eu un fils, je l’ai appelé Saraswath.

 

 

  • (1) Joshe, Artiste du Kerala, me raconte :

Les Indiens sont interdits sur la plage pendant la saison touristique. J’ai dit à la police, quand ils ont voulu m’expulser de la plage, que c’est une honte. Alors ils m’ont donné un permis spécial m’autorisant à me rendre sur la plage et me mêler aux touristes.

 

 

  • (2) Un soir autour du feu, sirotant un Bang Lhassi, je raconte à Joshe :

- Ce soir, des jeunes nous ont importunés sur la plage.

- Des Indiens ? Il faut vraiment plus de policiers sur la plage ! Pendant la saison haute, ce genre de problème ne serait pas arrivé.

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Mardi 4 août 2009
- Par Dubitatif
Nous reprenons la route après 48h à Sonoma Valley, noyée dans le vin et le soleil. Nous contournons la baie de San Francisco par le singulier et zigzaguant Richmond bridge. Nous nous impatientons ensuite dans les embouteillages de la Silicon Valley (un jeudi à 14h!) dont nous nous échappons pour un arrét burger et shopping dans un outlet. Il fait 105° sur le parking, on fond.

Nous repartons vers Monterrey et rejoignons l'Highway 1 qui longe la cote sur 400 miles jusqu'aux fameuses plages LA qui nous attendent pour mes derniers jours ici...

Monterrey nous semble hospitalière mais poursuivons notre route vers le Sud. Nous frolons Peeble Beach (alors qu'on avait 2 beaux SW de golf dans le coffre..!) pour entrer ds la région de Big Sur aux relents d'Ecosse, d'Irlande ou de Bretagne...

C'est d'abord sous le soleil que nous abordons ces reliefs escarpés, ses arbres torturés par les vents, une flore sèche, qui me rappelle la route azzemouri. Après une heure de “scenic road” agréable, un léger brouillard apparait. D'abord anodin et source de visions pittoresques (iles cotières dont la moitié supérieure est cachée dans les nuages), cette brume se densifie à en devenir opaque. On ne distingue que la voiture de devant et les abords de la route qui se dévoilent progressivement, toujours dans un style de links écossais...

Après quelques heures sous un ciel définitivement gris, nous faisons une halte dinatoire a San Luis Obispo. Nous arrivons pour la fin d'une fète communale et interceptons de justesse un stand de BBQ avant sa fermeture. Nous dégustons des ribs grillés à la chinoise assis sur le rebord du trottoir, au milieu des exposants qui rangent et des derniers fétards. Décus par cette ville qui s'éteint sous nos yeux à 21h, nous remontons en voiture et repartons avec l'ambition de dormir a Santa Barbara.

Nous roulons à bonne allure et devisons plaisemment, nous delectant l'un l'autre d'anecdotes insolites, d'histoires pétillantes, d'expériences personelles, de récits grivois ou délicieux... Quand apparait brutalement dans les phares de Tom un cerf, ou une biche (un quadrupède c'est certain)! En pleine voie de circulation, l'animal est dressée, fixant vers nous qui arrivons à 80mph...

Tom le voit aussi, vire d'un coup à gauche; contre-embardée reflexe qui nous ramène vers l'animal dont la téte vient se fracasser sur notre retroviseur avant droit qui explose bruyamment.... Pas de choc violent ceci dit, la voiture oscille encore un peu et retrouve le centre de la route. Je tourne la téte vers Tom, incrédule et effaré, si heureux de m'en sortir comme ca...On s'extasie, se congratule, se raconte nos versions et émotions du choc, avant de se calmer et de respirer à nouveau...

On s'arréte quelques miles plus tard pour ne constater aucun dégat si ce n'est la destruction du rétroviseur et de minuscules impacts sur la vitre passager surement dus à l'eclatement du miroir...
Rien en comparaison de la peur ressentie...

Nous roulerons encore une demi heure pour dormir à Santa Barbara où nous nous délasserons de cette sueur froide “à la Haight Ashbury Special” et nous entre-féliciterons de notre survie (devant le premier tour du British Open; Tom Watson au départ du 10...).

A ce jour, on ne sait toujours pas ce qu'il est advenu de la béte...

Ju l'indien
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Mercredi 29 juillet 2009
- Par Dubitatif
 

C'est mon premier soir à Vegas. A peine debarqué de l'avion, je retrouve mon pote Tom à son hotel et après des retrouvailles chaleureuses, nous poursuivons nos élucubrations au restaurant Gabi du PARIS, profitant chaque quart d'heure du spectacle des fontaines détonantes du BELLAGIO, en face.

Après le diner, vint l'instant des premiers bets dans le casino... La sainte croisade du Valet Noir puis le mythe de l'ascension de la montagne de jeton sur le 21 à la roulette naissent ce soir là....

 

C'est à la roulette d'ailleurs que nous sommes maintenant installés, deplaçant nos jetons vers l'échequier de numéros à chaque lancer de bille.

Tom mise une ou deux centaines de dollars sur certains coups ce qui impose déjà le respect à la table (je ne dépasse jamais les 50$ en comparaison).

Arrive alors à notre table un américain soixantenaire et ventripotent, le cheveu épars, la démarche mal assurée, l'air un peu absent.

Il glisse négligement un jeton vert sur le tapis. La croupière lance la bille, la roue tourne, Tom et moi finalisons nos combinaisons scientifiques de jetons...

 

"Faites vos jeux..."

 

J'examine alors la grille plus globalement, avec un peu de recul, satisfait de mes positions. Je bloque soudain sur le jeton de notre parieur, un gros chip de 5.000$$$$ sur la couleur noire...

J'ecarquille les yeux, Tom marque la meme surprise que moi... Silence à la table si ce n'est le tintement de la bille qui tressaute sur les cases numérotées...

 

"No more bets!"

 

Après un ultime rebond, la bille s'arrète sur le 31...noir.

 

Emotion curieuse... Mon esprit s'enivre subitement de pensées malsaines, teintées d'envie, de cupidité, de convoitise viciée.

L'adrénalyne du suspense, l'inavouable fascination glamour, les rèves de fortune facile, le panache du joueur, le défi lancé au Hasard, je ressens tout ce qui vaut au jeu sa sulfureuse réputation.

Je comprend le concept d'"enfer du jeu" quand je me rends compte que j'éprouve de l'envie pour ce vieux brinque-balant, je veux étre lui, ou plutot, je veux qu'il m'arrive la méme chose...

Si seulement j'avais pu penser comme lui au moins cette fois... Et si je mettais tout mon argent sur une couleur et que ca marchait... J'ai vu que c'était possible... Tous les coups perdus précédemment sont oubliés... La prochaine, j'envoie plus gros... Héhé...

Ma tète bouillonne... C'est peut-étre la folie du jeu..? En une dizaine de secondes, ce gars a gagné plus que ce que je dépenserai pendant ce mois de vacances... J'en reste troublé...


Le croupier ratisse mes jetons (le 31 n'est pas un de mes chiffres) puis double la mise de mon voisin. Impassible, celui-ci ramasse sans hate ses deux jetons.

POURQUOI C'ETAIT PAS MOOOUUUUUAAAAAAA???

Je lui en veux de ne pas exulter, de sembler si indiffèrent à ce gain, si supérieur... Ceci dit, je lui en aurais très certainement aussi voulu de m'imposer une joie plus bruyante...

 

Malgré tout euphorisé par cette scène, je repars dans mes combinaisons numériques savantes, en concertation avec Tom... sous l'oeil du vieux qui reste en retrait et passe un tour...

Je reperds...

 

La mise d'après, le voilà qui lance 5.000$ sur la méme couleur... La bille est dans la centrifugeuse... “Rien ne va plus”...

Boom, il regagne et double son vert à nouveau!

C'est la folie..! Il n'y a plus alors de raison, de logique, de limite... Juste l'envie de chatter comme ce fennec...

 

“Welcome to Vegas” me murmure Tom à l'oreille...

 

 

 

 

 

 

 

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Vendredi 24 juillet 2009
- Par Henzoji - Publié dans : Société

 Des membres du Parlement appartenant au Congrès/ Trinamool se sont fait pourchasser et certains lapider par des membres du Communist Party of India (Marxist). Un jour de banth (grêve) a donc été déclaré. Aucun moyen de transport en commun ni aucune ouverture de magasin n'est autorisé ce jour-là, sauf les pharmacies et hôpitaux. S'il y a une urgence, pour ne pas s'attirer de problèmes avec les syndicats, il faut brandir un drapeau ou tissu rouge avant de demander un véhicule.
La grêve, c'est aussi l'occasion de découvrir Calcutta sous un jour nouveau. Agréable, aérée, la ville se révèle verte et boisée, le berger peut enfin faire paitre ses chèvres sur les bords de route, des hommes se réunissent autour d'un carrom board, les jeunes investissent la route pour une partie de cricket, d'autres pataugent dans un terrain inondé en quête du ballon rond, on se baigne, on nage...



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Lundi 6 juillet 2009
- Par Henopadyay - Publié dans : Dubitatif

Une demi-heure que j'attends. La faim m'assomme, mais si je sors diner maintenant, je reviendrai trop tard. Je dois tenir...

Enfin, le jeune réceptionniste frappe à la porte. J'ouvre et il me présente ce grand seau d'eau fumante accompagné de son petit broc en plastique qui dérive à la surface. La récompense.

 

Dans la bien nommée pièce d'eau - puisqu'en l'absence de bac de douche, on ne peut qu'asperger l'ensemble de la pièce, de la porte aux WC - j'ajoute la juste dose d'eau froide pour m'assurer une douche chaude et prolongée. Je puise avec le broc au fond du seau et reverse son contenu dans le seau en levant haut le bras, à la manière du Chaiwalla (vendeur de thé) pour que la température soit homogène.

 

Chaque broc d'eau chaude versé est un véritable plaisir, pourvu que le temps soit un peu frais. Comme les premières secondes qui suivent l'ouverture du robinet d'eau chaude d'une douche, un frisson sensuel saisit le corps. Mais avec le broc, c'est la première fois jusqu'à la dernière goutte. Au contraire la douche, ou pire le bain, est un plaisir qui s'essouffle vite : on tente de rester dans l'eau, on force la dose même en rajoutant de l'eau chaude pour retrouver la sensation première, mais rien y fait. Pire, la peau se ramollit, se flétrit et on en ressort fatigué et étourdi.

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Mardi 16 juin 2009
- Par Henopadhyay - Publié dans : Société

A Delhi, au coeur du tintamarre d'un embouteillage, je suis coincé dans un auto-rickshaw,quand un transexuel met sa main sur mon pubis et me lance dans un anglais approximatif : "Si tu ne me donnes pas de bakchich, je te condamne à être impuissant".

Ainsi sont-ils vus et, souvent, se donnent à voir en Inde : des sorcières qui arpentent certaines avenues le soir ou les wagons de trains, annonçant leur venue par des tintements de grelots et demandant l'aumône. Il faut les craindre, payer pour les éloigner et se préserver d'un terrible sortilège. Pourtant ce vendredi au centre culturel d'Allemagne à Calcutta, les transexuels, aux côtés des lesbiennes, gays et bisexuels, sont les invités d'honneur et montent sur la scène pour animer un dialogue sur les "sodomy laws".

La section 377 du Code Pénal Indien (créé par l'Empire britannique) stipule qu'une "relation charnelle contre-nature" est un crime passible de l'emprisonnement à vie. La relation charnelle pudiquement désignée est la sodomie, qu'elle soit pratiquée dans un derrière masculin ou féminin.
La justification la plus souvent avancée invoque le risque accru de MST. En réalité, et c'est ce que combattent les associations présentes à ce "dialogue", la section 377 est une loi symbolique contre les hommes homosexuels.
Bref, une discrimination à peine voilée commune à de nombreux pays.

Mais si la loi indienne condamne durement l'homosexualité, elle présente "l'originalité" de ne pas faire cas des agressions sexuelles sur mineurs! Elle ne distingue pas non plus la relation homosexuelle - ou plutôt la relation contre-nature - et le viol.

Dans la salle du centre culturel constellée de photographies de statues érotiques de partouzes prises dans des temples hindous, on rapelle amèrement que "les hirjas - working-class male-to-female transgender individuals - sont considérés par les lois morales coloniales comme des "tribus criminelles" qui peuvent être emprisonnées pour le simple fait d'être apparu en public". Dipika Nath, chercheur à l'allure garçonne de Human Rights Watch, déplore que ces anti-démocratiques "sodomy laws" imposées par l'Empire soient aujourd'hui défendues par des Indiens au nom de la préservation des traditions.

On conclut consensuellement que beaucoup de progrès reste à faire pour que la société indienne considère ses minorités sexuelles comme autre chose que des criminels ou des êtres maléfiques.
Mais alors que de jeunes garçons quittent la salle, tirant sur leur petit haut moulant pour qu'il couvre leurs fesses, un homme chauve vêtu d'une traditionnelle curta se lève pour prendre la parole. Il raconte comment des transexuels l'interpellent sur Southern Avenue pour obtenir un bakchich. C'est un fait désagréable que personne n'avait envie d'entendre ce jour-là : comment convaincre le peuple indien de considérer les transexuels comme des êtres humains normaux si eux-mêmes ont intégré qu'ils sont des créatures maudites douées de pouvoirs stérilisants ? 

   
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Vendredi 5 juin 2009
- Par Henarth - Publié dans : Vagabond
Quelques scènes saisies dans les rues de Calcutta.

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Mardi 2 juin 2009
- Par henaborty - Publié dans : Société

14 heures : la connexion Internet s’interrompt. Les ordinateurs du bureau restent, grosses machines bêtes et inutiles.  Des bruits de tôle fracassée par le vent retentissent. Les employés oisifs s’amusent encore à regarder du balcon les passants de la rue A.J.C. Bose Road lutter contre leur parapluie fou. Le pantalon retroussé jusqu’aux genoux, cinglés par les bourrasques de pluie, les badauds pataugent jusqu’à l’intersection de Beckbagan, où ils espèrent trouver un moyen de transport.

 

Las, le personnel de l’Alliance française se rassemble autour du poste de télévision. Les nouvelles diffusent en direct les images de la ville plongée dans le chaos. Déjà deux morts. L’alerte a été lancée par les autorités, les habitants sont enjoints à rester chez soi. Puis la télévision s’éteint, moche et encombrante à son tour. D’autres tôles sont arrachées avec fracas. L’atmosphère sombre se refroidit, plus pesante encore.

 

Les tentures publicitaires de l’Alliance finissent par s’envoler, claquant l’air avant de s’affaisser dans l’eau boueuse de la route. Les portes et fenêtres vibrent et forcent sur leurs verrous, comme si un démon allait en surgir.

 

15 heures : nous décidons de rentrer chez nous, avant que le cyclone n’atteigne la ville. A en croire les dernières nouvelles audibles, le cyclone Aila touchera la ville à 16H.

La rue est quasi-déserte, seuls des immondices et des fragments de toutes sortes jalonnent le trottoir. Très vite on abandonne l’idée de s’abriter sous le parapluie désossé et d’éviter les flaques. J’arrache la toile de mon parapluie pour envelopper la sacoche de mon appareil photo.

 

Tout le monde marche au milieu de la voie, pour éviter de se faire écraser par un de ces arbres sans âge qui ornent le bord des routes. Au fur et à mesure de notre avancée, les rangs de piétons grossissent, se nourrissant des arrivants de chaque ruelle. Bientôt, l’avenue n’est plus empruntée que par des hommes et femmes à pieds ; l’eau trop haute noie le moteur des taxis Ambassador  trop téméraires.

 

Si l’atmosphère est ténébreuse, les esprits sont rayonnants, émoustillés par cette belle anarchie. L’effervescence joyeuse se lit sur les visages : les étudiantes s’esclaffent quand l’une d’elles se fait éclabousser par une voiture pressée ; on court en riant après des bus déjà combles, certains le rattrapent, parviennent à placer une pointe de leurs chaussures sur le marche-pied et restent pendus à une poignée, effectuant ainsi le trajet à bout de bras, fouettés par la pluie et frôlant dangereusement d’autres véhicules.

 

Loin de l’ambiance électrique, de l’autre côté de l’avenue, un homme nu marche lentement. L’eau jusqu’aux genoux, il remonte l’avenue à son habitude, sans chercher à éviter les flaques profondes. Sa chevelure elle-même, embrouillée et crasseuse, parait ignorer la pluie cinglante.

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Lundi 20 avril 2009
- Par Hennajee - Publié dans : Société

La Nano de Tata arrive ! En vente sur commande depuis jeudi dernier en Inde, la petite tuture débarque en vedette. Chez le concessionnaire Tata à côté de mon bureau, on se bouscule pour s’assoir sur le siège de l’auto, sous l’œil attentif des caméras de télévision.

On en entendait parler depuis 2006 : par les constructeurs européens qui vacillent sur leurs jambes déjà maigrichonnes, et surtout par les médias depuis que Tata a décidé d’abandonner les terres arrachées aux paysans et mises à disposition de Tata. Depuis lors, la situation ne s’est jamais arrangée : le parti au pouvoir (Communist Party of India) qui avait bradé les terres au constructeur veut maintenant en faire un centre industriel chimique, le parti principal d’opposition (Trinamool) –conduit par Mamata Banerjee – réclame toujours la restitution de ces terres, des malheureux sont morts lors d’affrontements (au moins 30 personnes en 2 ans).

Tata a donc fini par fuir cette pagaille, et s’est réfugié au Gujarat pour y implanter ses usines. Peu importe maintenant, car enfin, la Nano est arrivée ! Une voiture à 1 lakh (à peine 2000 euros), vous vous rendez compte ? Tous les indiens vont pouvoir s’en acheter une !

Les Indiens ne sont déjà pas peu fiers de leur pays en temps normal, et ils sont tellement confiants en leur avenir et en l’économie de marché : attention à ne pas leur dire que leur pays est en voie de développement, ils rétorqueront que vous confondez avec la Chine, tellement en retard sur eux.

Mais là, c’est la consécration, la preuve ultime de leur supériorité sur le monde : fabriquer la tuture la moins chère du monde, ça ne veut pas seulement dire être ultra compétitif, mais aussi être progressiste, égalitariste et humaniste !

Bien sûr, 2000 euros c’est encore beaucoup trop pour l’Indien moyen ; pourquoi croyez-vous que l’on continue à atteler des bonhommes dans ce pays ?

Mais peu importe, ca sera forcément merveilleux d’avoir encore plus de pots d’échappement sur roulettes dans les rues engorgées de Calcutta (vous avez entendu parler de normes environnementales pour ce tas de ferraille ?)

D’avance, mes narines frétillent à l’idée d’inhaler encore plus de ces bonnes particules qui provoquent des douleurs pulmonaires le matin et de bonnes migraines le soir. Oh, et les klaxons ! Ca sera génial d’avoir encore plus d’avertisseurs en même temps ! Ah, je sens que l’on va s’amuser, surtout que l’on aura encore plus de temps pour en profiter, les embouteillages seront sûrement sans fin grâce à Tata !

Certains rétorqueront qu’il aurait été plus intelligent de restaurer le système de transport en commun, voire même le réseau routier… Mais laissez ces gens dire, ce sont des satyres, des malveillants !

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Mercredi 8 avril 2009
- Par henajee - Publié dans : Portraits

 

Avec son roman The White Tiger paru chez HarperCollins, Aravind Adiga, né à Chennai en 1974 et vivant aujourd’hui à Bombai, nous dresse le portrait grinçant et passionnant d’un entrepreneur en Inde. Histoire d’un self made man émanant du futur centre de l’économie mondiale.

 

 

Les loups du capitalisme et les requins de la finance ont peuplé notre imaginaire de l’économie globalisée. Ils ont vécu. La dernière crise a levé en partie le voile mystique, et le public désenchanté a découvert ces animaux sous leur vrai jour : des singes-volants - grâce au parachute - et des pies voleuses.

Vraiment, l’économie occidentale ne fait plus rêver, même les plus dupes.

Mais, à peine le mythe s’effrite-il, qu’un nouveau surgit. Il n’est plus américain ou londonien ; il est de Bangalore, terre des BPOs (Business Process Outsourced) et des startups : c’est le Tigre Blanc.

Certes, à l’image de la ville, ce nouveau symbole de la réussite est encore rare, mal dégrossi et pas aussi puissant que ses prédécesseurs carnassiers. En revanche, son parcours est sauvage, impitoyable et ce sont des armées de réserve entières qui sont prêtes à grossir les rangs de tigres blancs du capitalisme.

Aravind Adiga, auteur de White Tiger qui a reçu le prix Booker 2008, nous plonge dans le quotidien d’un jeune servant provenant d’une famille villageoise pauvre. Au fil de lettres qu’il adresse au premier ministre de la République Populaire de Chine, nous suivons l’évolution de ce jeune campagnard, « à moitié cuit » selon ses propres mots - de par son inculture, qui s’imprègne des manières de son maitre avant de le voler et l’assassiner, seule échappatoire possible à sa situation sociale.

Ce meurtre nécessaire, il le qualifie d’acte entrepreneurial. Il se dit entrepreneur social, parce qu’il a réussi à s’affranchir de la société figée par les castes, les classes et la corruption, qu’il compare à une coopérative de volaille.

Les poulets sont attachés les uns aux autres, tellement comprimés qu’ils doivent lutter même pour respirer. Ces liens trop étroits, ce sont la famille qui oblige au mariage, qui interdit inconsciemment toute progression sociale. Ce sont les collègues de travail, qui eux aussi, se tirent mutuellement vers le bas, étouffant dans l’œuf la moindre ambition de chacun.

Pour s’évader de la coopérative, le Tigre Blanc devra se résoudre à tuer son maitre qu’il ne hait pas et à condamner au massacre l’ensemble de sa famille.

On est très loin du Happy End de Slumdog Millionnaire, et c’est tant mieux. Ici, la misère n’est ni belle ni romantique, le bien et le mal se trouvent en chaque homme, l’anglais n’est pas inné chez les habitants de bidonville, et surtout tout ne s’explique pas par la destinée.   

 

Le Tigre Blanc est publié en français aux éditions Buchet-Chastel, 320 pages.

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Dimanche 5 avril 2009
- Par Gabo - Publié dans : Société
Fini, enfin fini. Adieu les escadrons d’hélicos qui survolent la ville nuit et jour, les patrouilles de motards qui tournent en boucle, les barrages de CRS, les contrôles intempestifs,... 25 000 flics le temps d’un weekend, un dispositif de science fiction pour un sommet, quelques discours et poignées de mains, et puis s’en vont. Le calme revient sur Strasbourg, la ville se réveille doucement et on constate les dégâts.


La manifestation du samedi 4 avril, en marge du sommet a tourné au cauchemar. A qui la faute ? Aux black blocs et aux forces de l’ordre. Les uns, vêtus de noir et cagoulés, ont tout saccagé sur leur passage. Tout y est passé : des magasins, une pharmacie, une église… ils ont même foutu le feu à un poste de douane et à un immeuble. D’un autre côté, les forces de l’ordre. Absentes là où il aurait fallu être, balançant lacrymos et flash balls sur un cortège littéralement coincé entre deux barrages de CRS.

 

Que les forces de l’ordre se comportent comme des brutes sans cerveau n’était pour moi pas vraiment nouveau. Mais par contre ce weekend, j’ai découvert des parasites d’un autre genre : les blacks blocs. Cachés derrière leur cagoule, ils se fondent dans la foule de pacifistes pour éviter de se faire coincer par les gendarmes mobiles. Puis de temps à autres ils montent au créneau pour balancer des pierres, des fusées artisanales et saccager tout ce qui leur tombe sous la main. Lorsque ca chauffe trop, ils retournent dans la foule pour s’y réfugier. Résultat, les lacrymos pleuvent sur un cortège qui n’a rien demandé et la foule se fait charger. Quand on tente de les raisonner, les black blocs cognent. Et au moment de se disperser, certains enlèvent leur cagoule et leur  pull noir et se transforment en gentil gars, qui comme tout le monde peut se faire servir de la soupe et du pain aux stands de ravitaillement des organisateurs.


S'ils veulent cogner des flics, très bien, qu'ils le fassent, ça les regarde ! Mais alors qu'ils sortent du cortège et ne l'utilisent pas comme bouclier. Car ce weekend, ce n'est pas eux, mais la foule qui a trinqué.




Un apperçu de la journée réalisé par StrasTv (en deux parties)

 


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Mardi 24 mars 2009
- Par Gabo - Publié dans : Société
Comme pas mal d'autres en France, ma fac est en grève ! Des revendications, des manifestations, des accès aux salles bloqués, des cours annulés... Ca fait déjà plusieurs semaines que ca chauffe et pour le moment ca tient bon.

Début février, Valérie Pécresse est venue donner le coup d'envoi officiel de la nouvelle université de Strasbourg ! Une inauguration largement perturbée par des étudiants et des professeurs en colère.

Retour au coeur de cette journée mouvementée, entre les discours officiels, les tactiques d'assaut des manifestants et celles des crs, les tentatives d'appaisements et les sourires méprisants...


Image et Son : Aline Battaglia, Yun Jung Choi, Margot Czapracki, Gabriel Laurent, Nicolas Milon, Aurélien Petit, Julie Taboga, Shala Taheri

Montage : Gabriel Laurent & Aurélien Petit


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Dimanche 1 mars 2009
- Par hen - Publié dans : Portraits


Ca y est, les journaux ont appris la nouvelle! Cet article est paru dans le Times of India de la semaine dernière, en première page. Attention, tout mon texte, mis à part la quantité de drogue et le poste occupé par l'expatriée, est le fruit de mon imagination!

Monique était directrice de l'Alliance française de Chandigarh. Elle avait travaillé dans bien d'autres alliances du monde avant d'être mutée au nord de l'Inde. La grande nouveauté, c'est d'être venue avec son mari, Xavier. C'est la première fois qu'elle ne se contente pas de ce qu'elle trouve sur place, d'ailleurs c'est la première fois qu'elle se marie.

Xavier est écrivain, de ceux qui se reconnaissent par leurs mêches graisseuses, leur regard par-dessous et leur voix éraillée. Suivre sa nouvelle femme dans ses "aventures" n'a pas été un problème, l'idée l'a même vite emballé. Ce voyage serait sûrement l'occasion de nouvelles inspirations, pourquoi pas d'un de ces romans new-age sur la quête de sens qui se vendent comme des petits pains.

Mais l'Inde s'avère décevante. Elle est sale. Bruyante. Elle bouscule, regarde d'un mauvais oeil et ne dit rien d'intelligible. L'inspiration bat de l'aile, leur amour cherche de l'inspiration. L'argent ne manque pas, mais il n'est pas omnipotent, il parait ne servir à rien. Ces euros convertis en milliers de roupies n'affranchissent pas du bruit des klaxons ; la plus belle Honda reste coincée dans les embouteillages mêlant chaotiquement Rickshaws, taxis, motos, charettes à bras, bus bondés. Lors des coupures d'électricité, tout le monde croule à égalité sous les 45°C tout trempés.

Devant des pages blanches qui ne se souillent que de gouttes de sueur, Xavier veut retomber dans sa jeunesse vigoureuse, retrouver cet espoir d'un avenir, quand il pouvait espérer qu'un talent indéniable se révélerait. Il se met en tête de se remettre à fumer ce qu'il appelle de la Marie-Jeanne. Aaahh, et si sa femme pouvait y prendre goût, ce serait d'une pierre deux coups.

Monique subit le désespoir de son conjoint, à quoi s'ajoute sa propre frustration de ne plus pouvoir ramener de jeunes éphèbes, son lit étant déjà squatté par l'écrivaillon inutile. D'irrascible, la directrice a dérivé vers le tyrannisme auprès de ses employés. Indiens ou expatriés, les travailleurs sous ses ordres subissaient ses humeurs sans broncher.

La frustration sexuelle s'exprimait par une psychorigidité organisationnelle : ne supportant pas d'avoir à faire aux autres, refusant toute adaptation, Monique avait, sur la fin, pris l'habitude de rédiger des fiches quotidiennes pour chacun de ses employés. Y figurait la liste exhaustive des taches du jour à accomplir, y compris le temps imparti et l'ordre d'exécution. 

Mais Monique n'était pas mauvaise, elle était bien consciente des souffrances qu'elle infligeait à son entourage, et, pour sauver son mariage et sa conscience, elle s'était résolue à commencer la fumette.

Ses employés qui se sont réjouis ouvertement en apprenant la nouvelle, auraient dû savoir que les 250 grammes de cannabis trouvés par la police parmi les vêtements de Monique étaient en réalité une tentative avortée de se racheter. Au lieu de saluer cette volonté de repartir sur de nouvelles bases, tout le monde, y compris même son mari selon certaines mauvaises langues, ont sauté de joie et ri en apprenant que Monique risque dix ans de prison.

 

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Mardi 24 février 2009
- Par Giuliano l'indiano

E stata una giornata lunga. Nove ore di lavoro interrotte soltanto da un pranzo abbondante e piacevole. Poi, una corsa selvaggia in palestra dove mi aspettava la seconda lezione del corso d’arrampicata.

Ancora due ore a scalare, stancarsi, cadere...

 

Adesso, sono quasi arrivato a casa, e non vedo l’ora di raggiungere il luogo di riposo, di tranquillità, di conforto dopo una giornata cosi intensa...

La mia coinquilina è tornata da Londra, vedo la luce alla finestra da fuori. Salgo i due piani, apro la porta e, finalmente, eccomi, a casa! Poso tutte le mie cose: la cena appena comprata dal giapponese all’angolo sul tavolo, la borsa sportiva nel salone, il capotto e la giacca sul divano...

 

Saluto la mia coinquilina che mi racconta del suo viaggio, mentre io mangio. Mi piace sentir parlare di Londra, questa città che mi ha dato tante belle emozioni...

Ma, ad un certo punto, Bradina (la mia coinquilina) mi annuncia che, li ha anche visto la sua ex-collega che gli ha proposto un nuovo lavoro... a Londra! In pochi minuti, vengo a sapere che Bradina se ne andrà fra 2 mesi. E io devo cercare un’altra casa oppure, una persona per sostituirla.

Penso che ci sia tempo per trovare una soluzione e incasso la notizia senza mostrare troppo disappunto. Finiamo la serata parlando del più e del meno.

 

Prendo le mie cose lasciate un po’ dappertutto nella sala e vado in camera mia. Scopro allora che la gatta di Bradina ha mangiato il filo del caricatore del computer. Questo computer mi é stato prestato da un’amica e devo consegnarlo domattina alla sua proprietaria.

 

Strano questo improvviso di scenario; un’ora prima ero cosi impaziente di assaporare la dolcezza e il calore di casa mia e adesso sono arrabbiato non come mai, con i nervi a fior di pelle

 

E, proprio in questo momento, la zoccola della gatta sceglie di entrare nella mia camera con la lentezza maestosa dei felini, siccome mi provocava. Mi getto su di lei, sollevandola col piede come se stessi giocando a calcio e, seguendo questa metafora, la tiro in aria... Atterra tre metri più in là, scivolando sotto la tavola (che ovviamente era il goal nella mia mente).

Mi guarda fisso, miagola timidamente e se ne va via, correndo verso la camera di Bradina...

 

Chiudo la porta, sorridendo dentro di me. Questa vendetta mi ha contributo a calmarmi, procurandomi un piccolo piacere un po’ ignobile (lo ametto), però, che mi ha salvato la serata facendomi ritornare il buon umore...

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En images


Kerala off season, juin 2009

 






Cours de tablas en ligne, Leçon 2


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