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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /2010 11:24
- Par beachboy - Publié dans : Vagabond

Station balnéaire pour les classes moyennes de Calcutta, Digha est un gros village sale, malodorant, bruyant, dont les commerçants ne sont presque jamais honnêtes. Les plages sont dévorées par une érosion galopante (la mer avance de 2 à 3 metres par an).
Une digue s'étend sur la côte, rendant l'accès à la plage compliqué. De plus en plus de berges sont bétonnées...
Et pourtant, pourtant... C'est ma troisième fois là-bas!

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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /2010 11:07
- Par beachboy - Publié dans : Vagabond
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Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /2010 06:12
- Par Tabla chela - Publié dans : Société

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La musique classique, comme traditionnellement tous les métiers dans le monde hindou, est encore imprégnée de règles statutaires sociales et religieuses – qui est Pandit, qui est Sri, qui est Ustad…, de considérations de lignage et de famille pour évaluer le prestige potentiel et réel – quelle famille, quel père, quel Guru… et même de déterminisme géographique. Pour la musique Hindustani, six écoles – ou garana – sont reconnues. Chaque école s’apparente à une ville.

Contrairement à Delhi, Bénarès ou Lucknow, Calcutta n’a pas de Garana propre. Elle est pourtant l’une des dernières métropoles indiennes où la musique y est vivante, rassemblant les couches populaires et les familles distinguées, les jeunes et leurs grands-parents.

En effet, parmi tous les clichés colportés au sujet de Calcutta par les visiteurs d’un jour de la ville ou les fantasmeurs éduqués à coups de Cité de la joie sur la tête, il en est un qui reste indéniable : l’amour toujours ardent des habitants pour la musique et l’art en général, et même la poésie de la ville elle-même.

A Calcutta, on célèbre en septembre la Déesse de la ville – Durga – en créant des temples éphémères pour des répliques souvent originales de la Déesse. C’est l’occasion pour tous les habitants, avec l’impératif religieux en plus pour les Hindous, d’une pérégrination massive vers ces temples temporaires (thakurs) de chaque quartier de la ville. Les rues sont alors illuminées, enguirlandées et équipées de  haut-parleurs. Pendant 15 jours, les passants sortis faire leurs courses sont transportés par la meilleure musique classique indienne jusqu’au marché et les oisifs discutent sur le trottoir au rythme des tablas.

Plus prosaïquement, à Calcutta, on ne se contente pas de siffler les filles, on les chante : on se tourne vers elles, et on chante en les regardant s’éloigner, certains vont même jusqu’à esquisser quels pas de danse bollywoodienne.


 Chapitre 1

Dans le train

Dans le Santiniketan Express, train qui relie Calcutta au village où Tagore fonda son université, aujourd’hui retraite des familles aisées et traditionnellement cultivées, ainsi que des fous de Dieu – les Bauls. La mousson n’a pas rafraichi l’atmosphère moite et la promiscuité des couloirs du wagon « classe bétail » est exaspérante. Jeannot, tel Charlie qu’il faut retrouver dans la foule, est coincé au milieu du passage, tenant péniblement debout dans une contorsion étrange obligée par une cage à poules déposée entre ses pieds et les genoux d’une grosse dame mal assise qui l’empêche de tendre sa jambe droite. Derrière lui, un moustachu à l’odeur piquante lui respire dans le cou, un autre se retrouve à chaque secousse l’entrejambe pressé contre sa cuisse avant de reprendre l’équilibre. La famille obèse assise devant lui se goinfre et rote depuis le début du trajet, ne s’arrêtant que pour se disputer ou discuter, cela ne fait pas de différence.

Les vendeurs ambulants se faufilent, ou plutôt s’imposent d’un wagon bondé à l’autre, poussant leur cri distinctif, identique dans la région à tous les vendeurs de la même espèce : Chaaaïï-coffee-chaaaïï pour les vendeurs de thé, paaaper acché, English-acché, bangla-cagodj-acché pour les journaux, Cchippssss-psss-psss pour les snacks, petits applaudissements des Hijras, et caetera. Les passages sont tellement encombrés - certains passagers malades, infirmes ou ivres morts sont même affalés sur le sol, perdus dans la forêt de pieds – que les forains n’hésitent pas à peser de tout leur poids sur les voyageurs déjà compressés pour arriver à se frayer un chemin entre les corps suants. Un vendeur de thé, non content d’ avoir ébouillanté la jambe de Jeannot en servant la mama devant lui, repart le bras en l’air pour tenir sa théière au-dessus de la foule et frotte en passant son aisselle hirsute et ruisselante contre l’oreille de notre ami. A bout de nerfs, Jeannot avance dans le sillage du chaï walla afin d’atteindre le courant d’air chaud qui s’engouffre par la porte grande ouverte du wagon.DSC 0320

Il est désormais interdit de fumer dans les trains, mais il n’est pas admis non plus de tabasser son entourage dans une sorte d’excès de rage agoraphobe. Jeannot s’en allume donc une bonne pour décompresser à l’embrasure de la porte. Un jeune garçon dont les yeux s’agitaient jusqu’alors devant le défilé de paysages, se tourne pour fixer ouvertement le fumeur. Au-dessus d’un pantalon bleu fade coupé façon seventies mais sans l’extravagance des années LSD, une chemise à gros carreaux ornée d’une broderie dans le dos laisse bourgeonner à la sortie de son col un petit visage duveteux, dont la multitude de boutons d’acné, fusionnant entre eux pour former des abcès purulents, annonce la venue prochaine de vrais poils.  Sans cesser de fixer Jeannot, le petit homme se met à entonner une chanson. Dans la confusion des conversations à tue-tête qui cherchent à couvrir le vacarme du train tout en étant elles-mêmes inférieures en décibels aux hurlements des vendeurs, Jeannot ne voit que les lèvres bouger et ne s’y attarde pas.

-        Apni Tagore janen-to ? hurle soudain l’adolescent.

-        Obossoi Jani ; ekane shobaï jane répond presque automatiquement Jeannot, dont le ton assuré d’une phrase répétée cent fois ne cache pas les approximations grammaticales.

S’attendant à la batterie de questions dont il connait si bien la nature et l’enchainement logique reliant une réponse à la question suivante qu’il pourrait répondre à toutes les questions avant qu’elles soient posées, l’éternel globe-trotter prend instinctivement son air indifférent, avec un léger plissement des yeux et des lèvres qui peuvent avoir des relents de mépris.

Au lieu de cela, le jeune garçon se remet à chanter. Cette fois-ci, Jeannot entend clairement les paroles et la mélodie sortir des lèvres gercées du garçon. Il ne chante pourtant pas plus fort ; simplement, la voix harmonieuse du chanteur est si claire et belle qu’elle inspire le respect des bruits sales et disgracieux émis par les bêtes – qu’elles soient humaines, animales ou mécaniques. Les bruits s’écartent et laissent passer intact un chant quasi-divin. Jeannot s’imagine que c’est un poème de Tagore, dont il ne connaît pas grand-chose contrairement à ce qu’il raconte.

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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /2010 12:40
- Par Loren Babu - Publié dans : Portraits
Venu en Inde avec sa petite amie Maï pour voyager et s’initier à la musique indienne, Mathias Durand. rentre en France avec l’assurance de revenir par la grande porte dès février 2010. Histoire d’un coup de foudre entre Calcutta et ce jeune musicien français.

 

 Mathias s'est rapidement intégré à la scène musicale de Calcutta ©The Red Bantoo 
A l'aéroport de New Delhi, le guitariste et chanteur folk de Mathias and the Broken Letters peine à porter ses bagages : un sitar, une paire de tablas, des bansuris, des khamacs… Plus de 45 kilogrammes de souvenirs de l'Inde, au lieu des 20 autorisés. Pourtant miraculeusement, le surpoids ne lui sera pas facturé.

Mathias fait fondre le cœur de l'Inde : arrivé à Calcutta avec sa copine clarinettiste pour rendre visite à son copain expatrié, le duo de musiciens est très vite invité à se produire sur les scènes branchées de la ville. Entre deux concerts, la guitare de Mathias, déjà fragile, se brise, et un luthier lui répare gratuitement : "il m'a juste demandé de lui faire confiance, et l'a fait par respect pour l'instrument ; alors qu'à Paris, on me disait qu'il valait mieux en acheter une nouvelle".

Mathias débute le sitar, les tablas et le chant indien. Concomitamment, les figures montantes de la scène musicale de Calcutta s'intéressent au prodige qui apporte un vent de fraicheur dans la ville. Mathias improvise ou compose avec des artistes d'influences diverses : Tritha de Black Coffee, le rocker Neel Adhikari de Five Little Indians, le Baul de Santiniketan Basudeb Das… Et il n'omet jamais d'immortaliser ces moments sur son enregistreur portable.

La ville a connu des étrangers qui prévoient de rester plusieurs mois comme volontaires humanitaires et qui repartent paniqués après une semaine. La sensibilité du musicien a, elle aussi, été mise à rude épreuve : confronté à la pauvreté qui, conjuguée au tourisme de masse, engendre des monstres, il a fui des lieux - comme Bénarès ou Bodhgayâ - dont il espérait pourtant beaucoup. Les coups d'avertisseurs, la pollution et la pauvreté ont réussi à faire sortir de ses gonds le chanteur réputé doux et inoffensif.

Un mois et demi est passé, trop vite. Mathias choisit de prolonger son séjour d'un mois et de laisser sa compagne rentrer seule en France, renonçant du même coup à son billet retour non échangeable non remboursable.

Loin d'être un coup de tête, sa décision suit une authentique révélation musicale : "j'ai commencé par prendre des cours de chant avec Pandit Santanu Bandyopadhyay, et très vite nous nous sommes mis à improviser ensemble. Musicalement, tout un nouveau champ des possibles s'ouvre à nous !". Santanu accompagne au chant la guitare de Mathias, quand ce n'est pas la guitare qui suit la voltige vocale du Pandit, et Mathias y mêle son timbre mélancolique.

Et ça fonctionne ! Si bien que le duo, accompagné de Shibu Das aux tablas, enregistre 4 chansons au studio Saregama. Rapidement, la sphère artistique de la capitale intellectuelle s'intéresse à cette formation originale qui sort des sentiers battus de la fusion. Le duo est même intégré à la programmation 2010 d'un grand festival de musique et reçoit l'engagement des organisateurs à financer les déplacements intercontinentaux de Mathias.

Au terme de son mois supplémentaire, l'enfant adopté de Calcutta réussit à quitter l'Inde. Juste avant de passer le contrôle de sécurité de l'aéroport, il formule quand même un regret : "Une semaine de plus, et je jouais dans le plus grand auditorium de Calcutta!"

Article paru sur aujourdhuilinde.com : http://aujourdhuilinde.com/actualites-inde-le-c-ur-de-calcutta-vibre-pour-un-musicien-parisien-4272.asp?1=1

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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /2010 08:13
- Par Banglaboy - Publié dans : Société

Les événements marquants de l'année sont relatés par toutes les éditions spéciales des magazines d'actu.
Voyons ici ce qui s'est passé communément à Calcutta en 2009, et qui aura certainement encore lieu en 2010.

Bonne année!


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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /2009 10:57
- Par Sri Henzo - Publié dans : Vagabond
"Dans le Bihar?!" s'indigne la belle brune aux cheveux lissés en rejetant son Pashmina en arrière.
"Mais oui, c'est là que se trouve le Banyan sous lequel Siddharth Buddha a reçu l'illumination!" reprend sa copine très au fait de la tendance Bouddhisme new age.
Nous aussi, nous y sommes allés, et sans "illus" ni "hallus" nous y retournerons sûrement!  



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Jeudi 24 septembre 2009 4 24 /09 /2009 11:40
- Par Henopadyhay - Publié dans : Portraits

Je ne saurais résumer ma surprise, expliquer ma destabilisation, mais en rapportant fidèlement ces petits échanges courts glanés aux quatre coins de l'Inde, essayons de donner des impressions impertinentes et frivoles.

  • My tabla teacher, Shibu Das, to his friend Amit, a santoor player, at a classical concert :

-          This is my student from France : loran.

-          From France… But are you from proper France or from Toulouse?

 

 

  • In Fort Cochin, Kerala. The rickshaw-walla is being our guide. Passing by a church, our Hindu multitask driver stops and presents it :

The Holy Cross Church is so powerful that not only Christians, but also Muslims, Hindus and Jews come and pray here.

If you ask for something, you will get it for sure!

 

 

  • The owner of the hotel in Varkala tells us his life :

My father was a peon and was earning very little. So I used to work during the day and study at night. But the first thing is to believe in God to go straight, because there is a lot of marihuana here.

 

 

  • In the Coffee Day of Kochin, I am freezing on my sofa. I interpellate the waiter :

-          The A/C is so high, it is cold here!

-          Yes! He answers, grateful.

 


  •  -          Where are you from ?

-          From France

-          Oh! So your country is Europe…

 

  • Samir to a waiter of Peerless, a luxurious resort, during the festival of Mango in Kolkata :

-          Yes, he is a foreigner, from France.

-          Ah, he’s English.

-          No, he comes from France, it’s another foreign country.

-          Oh… so he speaks Hindi!?

 

 

  • In Howrah train station, while Niko and I order an apple juice, a man with a huge black eye approaches and asks me : Are you Chinese ?

 

 

  • A quite old policeman, sitting beside me in a train heading to Delhi, tries to socialize :

- I like to drink liquor, you ?

-Yes, me too, I reply.

Niko adds in a smile : Me too!

The policeman :

In India, if a spouse drinks, we beat her up!

 

  • Tu sais, en Inde ce n’est pas comme en France; si la bibliothèque était ouverte à tous, il y aurait des gens du peuple – des fleuristes par exemple – qui entreront parce qu’ils n’ont rien à faire et qui peut-être déchireront les pages d’un livre très rare !

 

 

  • Shibu Das :

Saraswati est la déesse de la culture, de la musique et des livres. Vu que j’ai eu un fils, je l’ai appelé Saraswath.

 

 

  • (1) Joshe, Artiste du Kerala, me raconte :

Les Indiens sont interdits sur la plage pendant la saison touristique. J’ai dit à la police, quand ils ont voulu m’expulser de la plage, que c’est une honte. Alors ils m’ont donné un permis spécial m’autorisant à me rendre sur la plage et me mêler aux touristes.

 

 

  • (2) Un soir autour du feu, sirotant un Bang Lhassi, je raconte à Joshe :

- Ce soir, des jeunes nous ont importunés sur la plage.

- Des Indiens ? Il faut vraiment plus de policiers sur la plage ! Pendant la saison haute, ce genre de problème ne serait pas arrivé.

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Mardi 4 août 2009 2 04 /08 /2009 16:47
- Par Dubitatif
Nous reprenons la route après 48h à Sonoma Valley, noyée dans le vin et le soleil. Nous contournons la baie de San Francisco par le singulier et zigzaguant Richmond bridge. Nous nous impatientons ensuite dans les embouteillages de la Silicon Valley (un jeudi à 14h!) dont nous nous échappons pour un arrét burger et shopping dans un outlet. Il fait 105° sur le parking, on fond.

Nous repartons vers Monterrey et rejoignons l'Highway 1 qui longe la cote sur 400 miles jusqu'aux fameuses plages LA qui nous attendent pour mes derniers jours ici...

Monterrey nous semble hospitalière mais poursuivons notre route vers le Sud. Nous frolons Peeble Beach (alors qu'on avait 2 beaux SW de golf dans le coffre..!) pour entrer ds la région de Big Sur aux relents d'Ecosse, d'Irlande ou de Bretagne...

C'est d'abord sous le soleil que nous abordons ces reliefs escarpés, ses arbres torturés par les vents, une flore sèche, qui me rappelle la route azzemouri. Après une heure de “scenic road” agréable, un léger brouillard apparait. D'abord anodin et source de visions pittoresques (iles cotières dont la moitié supérieure est cachée dans les nuages), cette brume se densifie à en devenir opaque. On ne distingue que la voiture de devant et les abords de la route qui se dévoilent progressivement, toujours dans un style de links écossais...

Après quelques heures sous un ciel définitivement gris, nous faisons une halte dinatoire a San Luis Obispo. Nous arrivons pour la fin d'une fète communale et interceptons de justesse un stand de BBQ avant sa fermeture. Nous dégustons des ribs grillés à la chinoise assis sur le rebord du trottoir, au milieu des exposants qui rangent et des derniers fétards. Décus par cette ville qui s'éteint sous nos yeux à 21h, nous remontons en voiture et repartons avec l'ambition de dormir a Santa Barbara.

Nous roulons à bonne allure et devisons plaisemment, nous delectant l'un l'autre d'anecdotes insolites, d'histoires pétillantes, d'expériences personelles, de récits grivois ou délicieux... Quand apparait brutalement dans les phares de Tom un cerf, ou une biche (un quadrupède c'est certain)! En pleine voie de circulation, l'animal est dressée, fixant vers nous qui arrivons à 80mph...

Tom le voit aussi, vire d'un coup à gauche; contre-embardée reflexe qui nous ramène vers l'animal dont la téte vient se fracasser sur notre retroviseur avant droit qui explose bruyamment.... Pas de choc violent ceci dit, la voiture oscille encore un peu et retrouve le centre de la route. Je tourne la téte vers Tom, incrédule et effaré, si heureux de m'en sortir comme ca...On s'extasie, se congratule, se raconte nos versions et émotions du choc, avant de se calmer et de respirer à nouveau...

On s'arréte quelques miles plus tard pour ne constater aucun dégat si ce n'est la destruction du rétroviseur et de minuscules impacts sur la vitre passager surement dus à l'eclatement du miroir...
Rien en comparaison de la peur ressentie...

Nous roulerons encore une demi heure pour dormir à Santa Barbara où nous nous délasserons de cette sueur froide “à la Haight Ashbury Special” et nous entre-féliciterons de notre survie (devant le premier tour du British Open; Tom Watson au départ du 10...).

A ce jour, on ne sait toujours pas ce qu'il est advenu de la béte...

Ju l'indien
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Mercredi 29 juillet 2009 3 29 /07 /2009 01:17
- Par Dubitatif
 

C'est mon premier soir à Vegas. A peine debarqué de l'avion, je retrouve mon pote Tom à son hotel et après des retrouvailles chaleureuses, nous poursuivons nos élucubrations au restaurant Gabi du PARIS, profitant chaque quart d'heure du spectacle des fontaines détonantes du BELLAGIO, en face.

Après le diner, vint l'instant des premiers bets dans le casino... La sainte croisade du Valet Noir puis le mythe de l'ascension de la montagne de jeton sur le 21 à la roulette naissent ce soir là....

 

C'est à la roulette d'ailleurs que nous sommes maintenant installés, deplaçant nos jetons vers l'échequier de numéros à chaque lancer de bille.

Tom mise une ou deux centaines de dollars sur certains coups ce qui impose déjà le respect à la table (je ne dépasse jamais les 50$ en comparaison).

Arrive alors à notre table un américain soixantenaire et ventripotent, le cheveu épars, la démarche mal assurée, l'air un peu absent.

Il glisse négligement un jeton vert sur le tapis. La croupière lance la bille, la roue tourne, Tom et moi finalisons nos combinaisons scientifiques de jetons...

 

"Faites vos jeux..."

 

J'examine alors la grille plus globalement, avec un peu de recul, satisfait de mes positions. Je bloque soudain sur le jeton de notre parieur, un gros chip de 5.000$$$$ sur la couleur noire...

J'ecarquille les yeux, Tom marque la meme surprise que moi... Silence à la table si ce n'est le tintement de la bille qui tressaute sur les cases numérotées...

 

"No more bets!"

 

Après un ultime rebond, la bille s'arrète sur le 31...noir.

 

Emotion curieuse... Mon esprit s'enivre subitement de pensées malsaines, teintées d'envie, de cupidité, de convoitise viciée.

L'adrénalyne du suspense, l'inavouable fascination glamour, les rèves de fortune facile, le panache du joueur, le défi lancé au Hasard, je ressens tout ce qui vaut au jeu sa sulfureuse réputation.

Je comprend le concept d'"enfer du jeu" quand je me rends compte que j'éprouve de l'envie pour ce vieux brinque-balant, je veux étre lui, ou plutot, je veux qu'il m'arrive la méme chose...

Si seulement j'avais pu penser comme lui au moins cette fois... Et si je mettais tout mon argent sur une couleur et que ca marchait... J'ai vu que c'était possible... Tous les coups perdus précédemment sont oubliés... La prochaine, j'envoie plus gros... Héhé...

Ma tète bouillonne... C'est peut-étre la folie du jeu..? En une dizaine de secondes, ce gars a gagné plus que ce que je dépenserai pendant ce mois de vacances... J'en reste troublé...


Le croupier ratisse mes jetons (le 31 n'est pas un de mes chiffres) puis double la mise de mon voisin. Impassible, celui-ci ramasse sans hate ses deux jetons.

POURQUOI C'ETAIT PAS MOOOUUUUUAAAAAAA???

Je lui en veux de ne pas exulter, de sembler si indiffèrent à ce gain, si supérieur... Ceci dit, je lui en aurais très certainement aussi voulu de m'imposer une joie plus bruyante...

 

Malgré tout euphorisé par cette scène, je repars dans mes combinaisons numériques savantes, en concertation avec Tom... sous l'oeil du vieux qui reste en retrait et passe un tour...

Je reperds...

 

La mise d'après, le voilà qui lance 5.000$ sur la méme couleur... La bille est dans la centrifugeuse... “Rien ne va plus”...

Boom, il regagne et double son vert à nouveau!

C'est la folie..! Il n'y a plus alors de raison, de logique, de limite... Juste l'envie de chatter comme ce fennec...

 

“Welcome to Vegas” me murmure Tom à l'oreille...

 

 

 

 

 

 

 

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Vendredi 24 juillet 2009 5 24 /07 /2009 10:34
- Par Henzoji - Publié dans : Société

 Des membres du Parlement appartenant au Congrès/ Trinamool se sont fait pourchasser et certains lapider par des membres du Communist Party of India (Marxist). Un jour de banth (grêve) a donc été déclaré. Aucun moyen de transport en commun ni aucune ouverture de magasin n'est autorisé ce jour-là, sauf les pharmacies et hôpitaux. S'il y a une urgence, pour ne pas s'attirer de problèmes avec les syndicats, il faut brandir un drapeau ou tissu rouge avant de demander un véhicule.
La grêve, c'est aussi l'occasion de découvrir Calcutta sous un jour nouveau. Agréable, aérée, la ville se révèle verte et boisée, le berger peut enfin faire paitre ses chèvres sur les bords de route, des hommes se réunissent autour d'un carrom board, les jeunes investissent la route pour une partie de cricket, d'autres pataugent dans un terrain inondé en quête du ballon rond, on se baigne, on nage...



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Lundi 6 juillet 2009 1 06 /07 /2009 12:23
- Par Henopadyay - Publié dans : Dubitatif

Une demi-heure que j'attends. La faim m'assomme, mais si je sors diner maintenant, je reviendrai trop tard. Je dois tenir...

Enfin, le jeune réceptionniste frappe à la porte. J'ouvre et il me présente ce grand seau d'eau fumante accompagné de son petit broc en plastique qui dérive à la surface. La récompense.

 

Dans la bien nommée pièce d'eau - puisqu'en l'absence de bac de douche, on ne peut qu'asperger l'ensemble de la pièce, de la porte aux WC - j'ajoute la juste dose d'eau froide pour m'assurer une douche chaude et prolongée. Je puise avec le broc au fond du seau et reverse son contenu dans le seau en levant haut le bras, à la manière du Chaiwalla (vendeur de thé) pour que la température soit homogène.

 

Chaque broc d'eau chaude versé est un véritable plaisir, pourvu que le temps soit un peu frais. Comme les premières secondes qui suivent l'ouverture du robinet d'eau chaude d'une douche, un frisson sensuel saisit le corps. Mais avec le broc, c'est la première fois jusqu'à la dernière goutte. Au contraire la douche, ou pire le bain, est un plaisir qui s'essouffle vite : on tente de rester dans l'eau, on force la dose même en rajoutant de l'eau chaude pour retrouver la sensation première, mais rien y fait. Pire, la peau se ramollit, se flétrit et on en ressort fatigué et étourdi.

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Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /2009 16:14
- Par Henopadhyay - Publié dans : Société

A Delhi, au coeur du tintamarre d'un embouteillage, je suis coincé dans un auto-rickshaw,quand un transexuel met sa main sur mon pubis et me lance dans un anglais approximatif : "Si tu ne me donnes pas de bakchich, je te condamne à être impuissant".

Ainsi sont-ils vus et, souvent, se donnent à voir en Inde : des sorcières qui arpentent certaines avenues le soir ou les wagons de trains, annonçant leur venue par des tintements de grelots et demandant l'aumône. Il faut les craindre, payer pour les éloigner et se préserver d'un terrible sortilège. Pourtant ce vendredi au centre culturel d'Allemagne à Calcutta, les transexuels, aux côtés des lesbiennes, gays et bisexuels, sont les invités d'honneur et montent sur la scène pour animer un dialogue sur les "sodomy laws".

La section 377 du Code Pénal Indien (créé par l'Empire britannique) stipule qu'une "relation charnelle contre-nature" est un crime passible de l'emprisonnement à vie. La relation charnelle pudiquement désignée est la sodomie, qu'elle soit pratiquée dans un derrière masculin ou féminin.
La justification la plus souvent avancée invoque le risque accru de MST. En réalité, et c'est ce que combattent les associations présentes à ce "dialogue", la section 377 est une loi symbolique contre les hommes homosexuels.
Bref, une discrimination à peine voilée commune à de nombreux pays.

Mais si la loi indienne condamne durement l'homosexualité, elle présente "l'originalité" de ne pas faire cas des agressions sexuelles sur mineurs! Elle ne distingue pas non plus la relation homosexuelle - ou plutôt la relation contre-nature - et le viol.

Dans la salle du centre culturel constellée de photographies de statues érotiques de partouzes prises dans des temples hindous, on rapelle amèrement que "les hirjas - working-class male-to-female transgender individuals - sont considérés par les lois morales coloniales comme des "tribus criminelles" qui peuvent être emprisonnées pour le simple fait d'être apparu en public". Dipika Nath, chercheur à l'allure garçonne de Human Rights Watch, déplore que ces anti-démocratiques "sodomy laws" imposées par l'Empire soient aujourd'hui défendues par des Indiens au nom de la préservation des traditions.

On conclut consensuellement que beaucoup de progrès reste à faire pour que la société indienne considère ses minorités sexuelles comme autre chose que des criminels ou des êtres maléfiques.
Mais alors que de jeunes garçons quittent la salle, tirant sur leur petit haut moulant pour qu'il couvre leurs fesses, un homme chauve vêtu d'une traditionnelle curta se lève pour prendre la parole. Il raconte comment des transexuels l'interpellent sur Southern Avenue pour obtenir un bakchich. C'est un fait désagréable que personne n'avait envie d'entendre ce jour-là : comment convaincre le peuple indien de considérer les transexuels comme des êtres humains normaux si eux-mêmes ont intégré qu'ils sont des créatures maudites douées de pouvoirs stérilisants ? 

   
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Vendredi 5 juin 2009 5 05 /06 /2009 16:08
- Par Henarth - Publié dans : Vagabond
Quelques scènes saisies dans les rues de Calcutta.

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Mardi 2 juin 2009 2 02 /06 /2009 10:45
- Par henaborty - Publié dans : Société

14 heures : la connexion Internet s’interrompt. Les ordinateurs du bureau restent, grosses machines bêtes et inutiles.  Des bruits de tôle fracassée par le vent retentissent. Les employés oisifs s’amusent encore à regarder du balcon les passants de la rue A.J.C. Bose Road lutter contre leur parapluie fou. Le pantalon retroussé jusqu’aux genoux, cinglés par les bourrasques de pluie, les badauds pataugent jusqu’à l’intersection de Beckbagan, où ils espèrent trouver un moyen de transport.

 

Las, le personnel de l’Alliance française se rassemble autour du poste de télévision. Les nouvelles diffusent en direct les images de la ville plongée dans le chaos. Déjà deux morts. L’alerte a été lancée par les autorités, les habitants sont enjoints à rester chez soi. Puis la télévision s’éteint, moche et encombrante à son tour. D’autres tôles sont arrachées avec fracas. L’atmosphère sombre se refroidit, plus pesante encore.

 

Les tentures publicitaires de l’Alliance finissent par s’envoler, claquant l’air avant de s’affaisser dans l’eau boueuse de la route. Les portes et fenêtres vibrent et forcent sur leurs verrous, comme si un démon allait en surgir.

 

15 heures : nous décidons de rentrer chez nous, avant que le cyclone n’atteigne la ville. A en croire les dernières nouvelles audibles, le cyclone Aila touchera la ville à 16H.

La rue est quasi-déserte, seuls des immondices et des fragments de toutes sortes jalonnent le trottoir. Très vite on abandonne l’idée de s’abriter sous le parapluie désossé et d’éviter les flaques. J’arrache la toile de mon parapluie pour envelopper la sacoche de mon appareil photo.

 

Tout le monde marche au milieu de la voie, pour éviter de se faire écraser par un de ces arbres sans âge qui ornent le bord des routes. Au fur et à mesure de notre avancée, les rangs de piétons grossissent, se nourrissant des arrivants de chaque ruelle. Bientôt, l’avenue n’est plus empruntée que par des hommes et femmes à pieds ; l’eau trop haute noie le moteur des taxis Ambassador  trop téméraires.

 

Si l’atmosphère est ténébreuse, les esprits sont rayonnants, émoustillés par cette belle anarchie. L’effervescence joyeuse se lit sur les visages : les étudiantes s’esclaffent quand l’une d’elles se fait éclabousser par une voiture pressée ; on court en riant après des bus déjà combles, certains le rattrapent, parviennent à placer une pointe de leurs chaussures sur le marche-pied et restent pendus à une poignée, effectuant ainsi le trajet à bout de bras, fouettés par la pluie et frôlant dangereusement d’autres véhicules.

 

Loin de l’ambiance électrique, de l’autre côté de l’avenue, un homme nu marche lentement. L’eau jusqu’aux genoux, il remonte l’avenue à son habitude, sans chercher à éviter les flaques profondes. Sa chevelure elle-même, embrouillée et crasseuse, parait ignorer la pluie cinglante.

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Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /2009 10:20
- Par Hennajee - Publié dans : Société

La Nano de Tata arrive ! En vente sur commande depuis jeudi dernier en Inde, la petite tuture débarque en vedette. Chez le concessionnaire Tata à côté de mon bureau, on se bouscule pour s’assoir sur le siège de l’auto, sous l’œil attentif des caméras de télévision.

On en entendait parler depuis 2006 : par les constructeurs européens qui vacillent sur leurs jambes déjà maigrichonnes, et surtout par les médias depuis que Tata a décidé d’abandonner les terres arrachées aux paysans et mises à disposition de Tata. Depuis lors, la situation ne s’est jamais arrangée : le parti au pouvoir (Communist Party of India) qui avait bradé les terres au constructeur veut maintenant en faire un centre industriel chimique, le parti principal d’opposition (Trinamool) –conduit par Mamata Banerjee – réclame toujours la restitution de ces terres, des malheureux sont morts lors d’affrontements (au moins 30 personnes en 2 ans).

Tata a donc fini par fuir cette pagaille, et s’est réfugié au Gujarat pour y implanter ses usines. Peu importe maintenant, car enfin, la Nano est arrivée ! Une voiture à 1 lakh (à peine 2000 euros), vous vous rendez compte ? Tous les indiens vont pouvoir s’en acheter une !

Les Indiens ne sont déjà pas peu fiers de leur pays en temps normal, et ils sont tellement confiants en leur avenir et en l’économie de marché : attention à ne pas leur dire que leur pays est en voie de développement, ils rétorqueront que vous confondez avec la Chine, tellement en retard sur eux.

Mais là, c’est la consécration, la preuve ultime de leur supériorité sur le monde : fabriquer la tuture la moins chère du monde, ça ne veut pas seulement dire être ultra compétitif, mais aussi être progressiste, égalitariste et humaniste !

Bien sûr, 2000 euros c’est encore beaucoup trop pour l’Indien moyen ; pourquoi croyez-vous que l’on continue à atteler des bonhommes dans ce pays ?

Mais peu importe, ca sera forcément merveilleux d’avoir encore plus de pots d’échappement sur roulettes dans les rues engorgées de Calcutta (vous avez entendu parler de normes environnementales pour ce tas de ferraille ?)

D’avance, mes narines frétillent à l’idée d’inhaler encore plus de ces bonnes particules qui provoquent des douleurs pulmonaires le matin et de bonnes migraines le soir. Oh, et les klaxons ! Ca sera génial d’avoir encore plus d’avertisseurs en même temps ! Ah, je sens que l’on va s’amuser, surtout que l’on aura encore plus de temps pour en profiter, les embouteillages seront sûrement sans fin grâce à Tata !

Certains rétorqueront qu’il aurait été plus intelligent de restaurer le système de transport en commun, voire même le réseau routier… Mais laissez ces gens dire, ce sont des satyres, des malveillants !

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